dimanche 27 octobre 2013

Proposition indécente

Goering est revenue de vacances.

Elle a attendu au vendredi suivant son retour pour venir me parler de mon contrat. Elle espérait probablement que je ferais le petit chien piteux à la porte de son bureau dans l'espoir d'avoir quelques miettes d'information.

Elle me connaît mal.

Mais moi, je la connais maintenant. Je sais qu'elle fait toujours ses annonces le vendredi, question de nous gâcher notre weekend. C'est une tactique redoutable.

Elle passe me voir dans mon bureau le vendredi.

Goering : Es-tu dans le jus?

!!!!!!!!!!!!!!!!! Quel langage!!!! Elle essaie de s'abaisser au niveau de ses subalternes, mais cela ne fait que la rendre bizarre.

Maman pieuvre : Je suis occupée, comme toujours, mais j'ai du temps.

Goering : Est-ce que je peux te parler?

Maman pieuvre : Oui.

Dans son bureau :

Goering : Je voulais te parler de ton contrat. Nous afficherons un poste permanent, mais tu n'es pas qualifiée. Je veux absolument quelqu'un spécialisé en finances. Par contre, on pourrait renouveler ton contrat, mais pendant ce temps, tu aurais un plan de perfectionnement pour apprendre les finances. Tu serais encadrée par un collègue, il y aurait un suivi de tes progrès aux 3 mois. Ainsi, si l'an prochain un autre poste permanent était ouvert, tu serais assez qualifiée pour postuler.

Maman pieuvre : ...

Goering : Je fais des pieds et des mains pour te garder.

(Ben donne-moi le poste permanent!!!)

Maman pieuvre : ...

Goering : Ça t'éviterait de recommencer à zéro ailleurs.

Maman pieuvre : ...

Goering : Qu'est-ce qui te trotte dans la tête?

Maman pieuvre : Je ne comprends pas...

Goering, étonnée : Pourquoi?

Maman pieuvre : Ça fait 3 ans que je suis ici, je produis, je suis efficace, j'apprends vite, tout le monde veut travailler avec moi, je m'implique, je suis une fille d'équipe, tu sais à quoi t'attendre avec moi.

Goering : Oui...

Maman pieuvre : Engager quelqu'un de l'extérieur pendant que je suis ici, c'est illogique. C'est aussi un risque. Risque que la nouvelle personne ne fasse pas l'affaire, risque qu'au bout de mon plan de perfectionnement, il n'y ait pas de poste et que je parte, tout cet investissement en vain, ma production sera moins bonne, celle de la personne qui va m'encadrer aussi et celle de la nouvelle personne en plus, ça n'a pas de bon sens.

Goering, froidement : Je suis très au courant des risques, et je suis prête à les prendre.

Maman pieuvre : J'ai l'impression qu'on me laisse sur les lignes de côté. Qu'est-ce que j'ai fait pour me faire exclure comme ça?

Goering, découragée : Bon, on dirait que tu ne veux pas entendre ce que je te dis. Je veux te garder, si je voulais te laisser de côté, je ne renouvellerais pas ton contrat et j'afficherais un contrat pour quelqu'un de spécialisé en finances, un point c'est tout. C'est quelque chose mettre sur pied un plan de perfectionnement (genre elle me fait une faveur...)! J'ai trouvé la meilleure solution pour te garder, car nos besoins sont en finances.

Maman pieuvre : Ai-je le choix? Si ça ne m'intéresse pas de faire des finances, mon contrat sera-t-il renouvelé?

Goering, prenant une longue pause : Il pourrait y avoir la possibilité qu'il soit renouvelé, mais nos besoins sont en finances, donc...

Maman pieuvre : Je vais y réfléchir. Je persiste à dire que c'est illogique.

À son tour de mijoter dans son jus!!

dimanche 6 octobre 2013

Contrôle ultime ou anecdote de cruauté mentale

Je vous ai parlé brièvement de ma supérieure que j'ai baptisée Goering à cause de la façon dont elle gère son service et ses employés.

Vendredi, j'ai eu droit à un exemple parfait de sa mégalomanie. Comme vous le savez, je suis une employée contractuelle et non permanente. Ma carrière dans ce bureau dépend, d'une année à l'autre, du budget du service. De façon générale, mes contrats sont d'une durée de 6 mois ou d'un an et Goering se fait un plaisir de m'annoncer parfois seulement trois semaines avant la fin de mon contrat s'il est renouvelé ou non (j'ai appris que les budgets sont approuvés en mars, mais elle ne donne des nouvelles qu'en novembre...)

Vendredi dernier, je sors manger avec une amie pour le dîner (déjeuner pour mes lecteurs européens lol). Je reviens à mon bureau et j'avais un message dans ma boîte vocale.

- Bonjour Maman pieuvre, ici Goering, tu dois être partie manger, j'aurais aimé te parler de ton contrat avant que je parte en vacances, mais tu n'es pas à ton bureau. On en reparlera à mon retour alors. Je reviens au bureau le 16 octobre. Bonne semaine!

Non mais, est-ce moi qui fabule ou c'est super cruel ce qu'elle a fait là??? Quand elle a vu que je n'étais pas à mon bureau, elle aurait dû s'abstenir de me laisser un message et me parler à son retour! Elle veut que je stresse pendant une semaine.

Vous pouvez être certains que je n'accourrai pas à son bureau le 16, tout est stratégique.

M'enfin!

mercredi 12 juin 2013

En attendant

Je me suis fait rappeler à l'ordre par une lectrice. Vinciane m'a demandé de mes nouvelles. C'est vrai que je n'en ai pas donné trop ces derniers temps. Alors, voici.

L'école est presque finie. Personne n'a aussi hâte que Fillette dans son école de fous. Des examens tous les jours, et en plus, elle a encore des devoirs. Petit Monsieur, lui, s'emmerde royalement depuis plusieurs mois. Il dit qu'il n'apprend rien et qu'il a besoin de défis. Il n'en peut plus de se rendre tous les jours à l'école pour ne rien faire.

Et moi?

Moi, j'ai eu 40 ans la semaine dernière.

40.

ans.

Et je n'ai rien de ce que je veux.

J'y travaille.

Avec acharnement.

Cet été, nous irons à la mer. Ça nous fera le plus grand bien. C'est thérapeutique, la mer.

Je m'ennuie.

J'ai besoin de vacances. De calme intérieur. De vide.

Je ne me souviens pas de ce que c'est d'avoir la tête vide. Et de pouvoir respirer à fond.

Je commence à respirer.



lundi 28 janvier 2013

Voisinage

J’ai une collègue dont le rire est particulier. Une sorte de glougloutement saccadé, assez fort. Son rire porte vraiment.


Elle était dans mon bureau et nous discutions. Cela faisait 3 ou 4 fois que je la faisais rire (que voulez-vous, mon humour est inégalé!)

Sortant de nulle part, les yeux affolés, mais la voix égale, l’Étrange M. se pointe la tête dans mon bureau :

L’Étrange M., d’un ton neutre : Ton rire.

Collègue glougloutante : Quoi?

L’Étrange M. : Il porte beaucoup.

Collègue glougloutante : Ah bon…

L’Étrange M., d’un seul souffle : Ça ne me dérange pas que tu parles, mais chaque fois que tu ris, ça me stresse. J’espère que tu n’es pas fâchée.

Collègue glougloutante : Ah, je m’excuse, je ne voulais pas te déranger.

L’Étrange M. : Je pense que ça va t’aider si je te le dis. Tu devrais arrêter de rire.

Collègue glougloutante et Maman pieuvre, bouches bées : …

L’Étrange M. tourne les talons et retourne à son bureau, sans bruit.

Ma collègue me regarde, un tantinet insultée. Je ris sans bruit.

Collègue glougloutante, à voix basse, sachant que plusieurs personnes s’arrêtent à mon bureau pour me parler : Est-ce qu’elle t’a déjà dit un commentaire de ce genre?

Maman pieuvre, tout bas : Non!

Collègue glougloutante : Ah ben, je le prends très personnel!

Maman pieuvre : Ça a l’air qu’on n’est pas encore assez aux travaux forcés! Pas le droit de rigoler un peu au travail!

Depuis ce jour, quand ma collègue glougloutante passe devant mon bureau, je lui dis qu’elle marche trop fort, qu’elle respire trop ou qu’elle bouge trop d’air, ce qui la fait inévitablement glouglouter près du bureau de L’Étrange M., et chaque fois je mets mon doigt sur mes lèvres pour lui rappeler de ne pas glouglouter trop fort.

Chus méchante!!!!

lundi 31 décembre 2012

La démesure

Dans quelle ville croyez-vous que l'on peut retrouver à la fois les éléments suivants :

- De la marijuana liquide pour un effet instantané, vendue tout bonnement dans un magasin de souvenirs
- Des patches contre les lendemains de veille
- Des stands de tir avec prix pour la famille (amenez vos enfants et montrez-leur comment tirer sur des cibles avec de vrais fusils)

??? Avez-vous deviné? C'est la ville de la démesure. Sin City. Las Vegas.

Nous y avons passé la semaine de Noel (désolée, je ne trouve pas les trémas sur ce clavier!)

Parmi les plus grandes déceptions :

- On a gelé toute la semaine. Le jour, pas trop mal, mais dès 17 h, malgré nos 3-4 épaisseurs, il nous aurait fallu un manteau d'hiver. Je n'aurais jamais pensé qu'il pouvait faire si froid dans le désert.

- Tout le monde fume partout. On n'est plus habitués à ça, c'était franchement dégueulasse, cette odeur de vieille fumée imprégnée dans les tapis et les murs.

Parmi les plus grands émerveillements :

- Le spectacle Le Rêve de Franco Dragone. La musique envoûtante. L'eau. La neige. Les fleurs géantes. Incroyable.



- Les fontaines du Bellagio. Le jardin de Noel avec ses ours polaires faits de fleurs fraîches.



- Le plafond du Venitian. Le Square St-Marc.



- Mon coup de coeur : l'hôtel Wynn et son décor ludique et enchanteur.



Nous avons marché, marché, marché...

Nous n'avions pas assez d'yeux pour tout voir. Les tubes renfermant des tourbillons d'eau colorée, les sapins de verre, l'orage intérieur, la statue de la liberté en jellybeans, les manèges, la tour Eiffel, le pont de Brooklyn, et j'en passe.

Pas très reposantes, ces vacances, mais oh combien divertissantes!

J'en profite pour vous souhaiter à tous une excellente année 2013. Que la santé vous colle à la peau et que tous vos rêves deviennent réalité.

lundi 5 novembre 2012

Petit à petit

On souffle un peu. Enfin, si on veut. Entre les devoirs, les exercices en physio, les pratiques de soccer de Fillette, les matchs de soccer, les amis, les devoirs, les travaux d’équipe, les activités, j’ai tout de même l’impression que notre vie reprend son cours.


Quel soulagement de s’être débarrassés du satané plâtre de Petit Monsieur!

Hier, il en a fait un peu trop. Il a voulu « s’entraîner » pour pouvoir participer à son cours d’éducation physique en entier aujourd’hui. Résultat : il avait plus mal hier soir. Il commence donc une série d’exercices effrénés, comme s’il n’en avait pas fait assez.

Maman pieuvre : Tu les as faits tes exercices ce matin.

Petit Monsieur, super vaillant : Oui, mais j’ai mal et mes exercices vont m’aider.

Maman pieuvre : Humm. Je pense que tu devrais plutôt reposer ta jambe.

Petit Monsieur : Quand je fais mes exercices, ça renforcit ma jambe!

Maman pieuvre : Je pense que tu en as assez fait pour aujourd’hui.

Pauvre lui, il a tellement hâte de reprendre toutes ses forces. Samedi soir, il me dit :

« Je veux retourner à l’hôpital parce que je pense que ma jambe gauche a la même maladie que la droite ».

Stressant secrètement, je lui demande si la douleur est la même.

Il dit que ça lui fait assez mal parfois.

Je commence donc à expliquer qu’il a passé 2 mois sans marcher sur sa jambe et que maintenant, sa jambe est très faible donc il compense et se sert plus de sa jambe gauche qu’avant donc peut-être qu’il a de la douleur parce que sa jambe faible n’est pas assez forte. (Svp, faites que j’aie raison!!! Le médecin a dit que c’était HYPER rare une ostéochondrite dans les 2 jambes).

Petit Monsieur, sceptique : Ouin…

Maman pieuvre : Regarde, on va attendre que tu aies repris toutes tes forces comme avant. Si après tu as encore mal à la jambe gauche, on ira.

Non mais… ça va faire!!!

Dans un autre ordre d’idée (marqueur de relation!! qui maintenant, en passant, s’appelle charnière de discours (dixit ma fille de secondaire 1)), ça fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de Fillette.

Elle va très bien, aime beaucoup sa nouvelle école, est très occupée. Elle fait beaucoup de sport en plus de tout ce qu’elle a à faire à l’école (peut-être qu’elle compense pour son frère qui n’en fait presque plus??)

Elle devient une jeune fille épanouie, posée et plus sûre d’elle.

Je l’admire toujours autant d’avoir à gérer son diabète seule à 12 ans avec tout le sport qu’elle fait par surcroît (c’est stressant un peu pour maman…)

Bref tout baigne pour elle. J’en suis bien heureuse.

jeudi 25 octobre 2012

Enfin!


Oyez, oyez!!

Coucou tout le monde!

Juste un petit mot pour vous dire qu’on a ENFIN eu de bonnes nouvelles. Petit Monsieur n’a plus de plâtre (après 2 mois!!) et son ostéochondrite est maintenant guérie! Il doit aller en physio, car sa jambe est comme de la guenille. Il peut nager et faire du vélo, et grâce à la physio (et aux exercices) il pourra bientôt recommencer à courir et à sauter.

Merci tout le monde pour votre appui. Nous somme très heureux du dénouement.