Enfin, il a eu lieu. Le dîner de Noël de notre service. Dans un resto portugais.
Il faisait tempête cette journée-là. Je suis embarquée avec deux collègues pour aller au resto. Comme le stationnement du resto était fait pour au plus 5 voitures, quand on est arrivés, on a dû arpenter les petites rues pour se stationner. Quelques bancs de neige enjambés plus tard, on arrive au resto.
On nous dirige vers le deuxième étage. Il y a deux grandes tables de 16 personnes pour notre service. Quand je suis arrivée, la première table était complète. Je m'assieds donc, avec mes deux covoitureurs, à une extrémité de la deuxième table, tout en zieutant si l'Étrange M. est assise à la première table. Non. Elle n'est pas encore arrivée. Devant moi, il y a G., une collègue copine. À côté de moi, V., un collègue sympathique. Mais voilà qu'en diagonale avec moi, vient s'asseoir C.
Depuis que je suis au bureau, tout ce que je sais d'elle c'est son nom. Elle travaille de la maison 4 jours sur 5, et le jour où elle est au bureau, elle ne parle à personne, mange seule à son bureau, et disparaît à la fin de la journée. Ce n'est pas du tout comme l'Étrange M. qui est affligée d'une gêne maladive. Dans le cas de C., c'est plutôt que personne n'est assez bon ou intéressant pour qu'elle daigne interagir avec eux. Ce que les autres m'ont dit d'elle, c'est qu'elle se pensait supérieure à tout le monde. Je vais donc la surnommer Cléopâtre.
J'étais un peu découragée, car je ne la connais pas du tout. Je me disais ouache, ça va être gai comme ambiance!! Bon. Comme je ne suis pas du tout gênée, je me dis que je vais lui parler et tant pis pour elle si je ne suis pas assez digne.
La table se remplit peu à peu. Malheureusement, l'Étrange M. arrive en dernier (quelle surprise). Elle s'assoit donc à l'autre bout de la table. Mais n'ayez crainte, vous ne serez pas en reste.
En passant, on gelait dans le restaurant. Ça commençait très mal.
Je discutais tranquillement avec B. et avec G. Tout à coup j'attrape des bribes d'une conversation entre Cléopâtre et sa voisine d'en face. Elles avaient l'air de parler d'une croisière ou d'un voyage ou de quelque chose comme ça. Je me dis que c'est l'occasion parfaite d'adresser la parole à la souveraine.
Maman pieuvre : Tu es allée en voyage?
Cléopâtre, me jetant un regard cinglant : Oui.
Maman pieuvre, aucunement effarouchée : Où ça?
Cléôpatre, trouvant que j'ai pas mal de culot de lui adresser deux phrases consécutives : On a fait une croisière à partir de Porto Rico et on a visité 5 îles.
Elle se retourne, son langage corporel me signifiant qu'elle m'avait assez parlé.
Je n'abandonne pas. Que voulez-vous, j'aime les voyages!! Et les défis!!!
Maman pieuvre : Quelles îles?
Cléopâtre se retourne lentement et dit d'une voix posée : Aruba. Curaçao. Saint-Martin. Grenade. Sainte-Lucie.
Maman pieuvre, ne lâchant pas sa proie : Wow. Quelle a été ton île préférée?
Devant moi, G. écarquillait les yeux en voulant dire : laisse faire, elle est super bête, elle veut rien savoir.
Cléopâtre, intriguée : Tu es déjà allée?
Maman pieuvre : Non, mais j'ai fait beaucoup de recherches parce que je voulais aller à Sainte-Lucie en mars, mais finalement on va à Antigua.
G., complètement perdue : C'est pas à Riviera Maya que tu vas?
Maman pieuvre : Bon en janvier, on va à Riviera Maya avec les enfants, mais en mars je pars seule avec l'Homme à Antigua pour ses 40 ans.
G., super frustrée : Tu vas deux fois dans le Sud cet hiver!!! Va chier!
Maman pieuvre, riant : Ben c'est ça quand on est globe-trotter.
Et je pense que c'est cette phrase, que j'avais dite à la blague, qui a fait que Cléopâtre a daigné converser avec moi pendant presque tout le repas. On a parlé de voyages, d'îles, de vacances. J'en connaissais pas mal grâce à toutes mes recherches, et elle avait l'air un peu impressionnée. Tout allait comme sur des roulettes jusqu'au moment où j'ai dit quelque chose d'un peu grivois qui l'a fait fait tellement rire (tout un exploit) qu'elle s'est étouffée avec sa paella. Et pas à peu près. On la regardait, elle avait sa serviette de table sur sa bouche, avait peine à reprendre son souffle. Trois d'entre nous étions prêts à lui faire le Heimlick. Quel revirement de situation.
Quand elle a réussi à reprendre son souffle, elle a dit c'était un grain de riz de ma paella qui s'est inflitré dans mes voies respiratoires.
Ouf. Disons qu'il y a eu une petite pause dans les festivités. Je me sentais un peu coupable.
À la fin du repas, je mets mon manteau et mon chapeau. J'aime les chapeaux.
Je sors en même temps que l'Étrange M. J'enjambe le banc de neige, et j'étais dans la rue à regarder des deux côtés. Il y avait plusieurs voitures et c'était très glissant. J'essayais de trouver un moment pour traverser la rue. Je pense l'avoir trouvé, j'avance, je recule, je ne sais plus, je me décide et je cours. Sauf que l'Étrange M. m'a suivie et s'est décidée 10 secondes après moi, donc elle s'est fait klaxonner.
Elle arrive près de moi.
Maman pieuvre : Ouf. C'était peut-être pas une bonne idée de traverser comme ça.
L'Étrange M. : Et moi je t'ai suivie!
Maman pieuvre, riant : Je ne suis pas une bonne influence!
Et là, tenez-vous bien.
L'Étrange M. : Non, pas du tout!
Et d'un petit rire aigu et saccadé (je ne l'avais jamais entendue rire) : Je blague, hihihi!
J'étais tellement étonnée qu'elle ait fait preuve d'un peu d'humour, je lui ai presque demandé combien de verres de vin elle avait consommés au dîner.
Comme elle est probablement incapable d'être relaxe à côté de quelqu'un et qu'elle doit se sentir obligée de me parler, elle me lance : Il est beau ton chapeau!
Maman pieuvre : Merci!
L'Étrange M. : Tu l'as pris où?
Maman pieuvre, étonnée : Euh, ça fait 2 ans que je l'ai, je ne sais plus trop.
L'Étrange M., : Il est en laine?
Maman pieuvre : ...
Maman pieuvre : Je ne sais pas trop.
Et j'enlève mon chapeau, et je lis l'étiquette tout en me disant franchement, je suis au milieu de la rue, il neige, je veux seulement m'en aller et je lis la composition du matériau de mon chapeau pour le bénéfice de l'Étrange M.
Elle se penche vers moi pour lire mon étiquette.
L'Étrange M., après avoir lu l'étiquette : Ah.
Comme si ça changeait quelque chose à sa vie.
Maman pieuvre, contente de voir qu'elle avait une occasion de discuter avec l'étrange personnage : J'aime beaucoup les chapeaux, mais j'ai TELLEMENT de cheveux, que pour 20 chapeaux que j'essaie, il y en a un seul qui me fait.
L'Étrange M., déclarant une phrase qui restera probablement dans les annales : C'est mieux avoir trop de cheveux que pas assez de cheveux.
Je me retourne et la regarde, ne sachant pas trop si elle est sérieuse, si elle a dit ça parce qu'elle est mal à l'aise et qu'elle ne sait pas quoi dire, si elle parle d'elle-même (elle a les cheveux très courts et très fins). Donc je rétorque : surtout si on est un homme!
Elle sourit.
Et c'est là-dessus qu'on s'est quittées. On dirait que le lien se tisse de plus en plus, qu'elle me fait confiance et qu'elle me laissera l'approcher. Comme une biche effarouchée, la prochaine fois, elle mangera dans ma main. Elle est devenue mon projet personnel. Toute une aventure!
jeudi 16 décembre 2010
vendredi 10 décembre 2010
Sentiment d'appartenance
Comme je vous l'ai déjà expliqué, je ne suis pas employée de la Gestapo. Je suis consultante. Ce statut ne m'offre donc pas tous les avantages qu'ont les employés permanents, comme vous avez pu le lire ici. Et disons que Goering prend plaisir à m'énumérer toutes les choses auxquelles je n'ai pas droit. Le jour de mon embauche, elle m'a d'ailleurs avisée que je n'aurais pas le droit d'aller au BBQ de la Société qui aurait lieu 11 mois plus tard.
Donc je reçois le courriel du dîner de Noël, et je me demande sérieusement si j'ai le droit d'y aller. Ai-je le droit de m'absenter du bureau? Devrai-je reprendre mes heures pendant le congé des Fêtes (que je prends à mes frais, soit dit en passant)?
Comme je devais confirmer le tout par courriel au comité organisateur, je décide d'aller voir Goering dans son bunker pour lui demander en personne.
Goering : Oui?
Maman pieuvre : Je me demandais, pour le dîner de Noël, ai-je le droit d'y aller?
Goering : Oui, tu peux y aller si tu veux, mais pour ce qui est des frais, ce sera différent.
Maman pieuvre : Dans quel sens?
Goering : Tu devras payer ton repas toi-même, ce n'est pas la Société qui paiera pour toi.
Maman pieuvre : Ah bon. Et j'ai droit à combien de temps?
Goering, se lançant dans une explication effrénée : Bon, d'habitude, les AUTRES (lire les heureux élus) ne reviennent pas au bureau après le dîner. Si tu as des documents à remettre cet après-midi-là, tu dois revenir au bureau.
Maman pieuvre, tentant d'alléger l'atmosphère : Ah bon, donc je pourrai pas me soûler...
Goering : ...
Maman pieuvre, se râclant la gorge : Mais ça dure combien de temps le dîner?
Goering : Ben c'est assez long, l'équipe de Montréal sera là, etc. Écoute, je vais m'informer et te revenir là-dessus pour savoir ce que tu dois mettre dans ta feuille de temps.
Maman pieuvre : D'accord, merci.
Le lendemain :
Goering : Bonjour Maman pieuvre.
Maman pieuvre : Bonjour Goering.
Goering : J'ai analysé la situation (!!!!!!) pour le dîner de Noël.
Maman pieuvre : Ah oui?
Goering : Tu fais partie de l'équipe (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!), tu ne seras pas tenue de revenir travailler après le dîner.
Maman pieuvre, estomaquée : C'est bien, merci.
J'aurais quand même aimé l'enregistrer. Selon son humeur, parfois je fais partie de l'équipe, d'autres fois non....
Donc mardi prochain, je rentre au bureau le matin, je quitte pour le dîner de Noël dans un resto portugais (ça risque d'être intéressant) et après le lunch, je me pousse. Youppi!
Reste à m'organiser pour ne pas être trop loin de l'Étrange M., tout à coup je suis capable de la faire boire un peu!!
Donc je reçois le courriel du dîner de Noël, et je me demande sérieusement si j'ai le droit d'y aller. Ai-je le droit de m'absenter du bureau? Devrai-je reprendre mes heures pendant le congé des Fêtes (que je prends à mes frais, soit dit en passant)?
Comme je devais confirmer le tout par courriel au comité organisateur, je décide d'aller voir Goering dans son bunker pour lui demander en personne.
Goering : Oui?
Maman pieuvre : Je me demandais, pour le dîner de Noël, ai-je le droit d'y aller?
Goering : Oui, tu peux y aller si tu veux, mais pour ce qui est des frais, ce sera différent.
Maman pieuvre : Dans quel sens?
Goering : Tu devras payer ton repas toi-même, ce n'est pas la Société qui paiera pour toi.
Maman pieuvre : Ah bon. Et j'ai droit à combien de temps?
Goering, se lançant dans une explication effrénée : Bon, d'habitude, les AUTRES (lire les heureux élus) ne reviennent pas au bureau après le dîner. Si tu as des documents à remettre cet après-midi-là, tu dois revenir au bureau.
Maman pieuvre, tentant d'alléger l'atmosphère : Ah bon, donc je pourrai pas me soûler...
Goering : ...
Maman pieuvre, se râclant la gorge : Mais ça dure combien de temps le dîner?
Goering : Ben c'est assez long, l'équipe de Montréal sera là, etc. Écoute, je vais m'informer et te revenir là-dessus pour savoir ce que tu dois mettre dans ta feuille de temps.
Maman pieuvre : D'accord, merci.
Le lendemain :
Goering : Bonjour Maman pieuvre.
Maman pieuvre : Bonjour Goering.
Goering : J'ai analysé la situation (!!!!!!) pour le dîner de Noël.
Maman pieuvre : Ah oui?
Goering : Tu fais partie de l'équipe (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!), tu ne seras pas tenue de revenir travailler après le dîner.
Maman pieuvre, estomaquée : C'est bien, merci.
J'aurais quand même aimé l'enregistrer. Selon son humeur, parfois je fais partie de l'équipe, d'autres fois non....
Donc mardi prochain, je rentre au bureau le matin, je quitte pour le dîner de Noël dans un resto portugais (ça risque d'être intéressant) et après le lunch, je me pousse. Youppi!
Reste à m'organiser pour ne pas être trop loin de l'Étrange M., tout à coup je suis capable de la faire boire un peu!!
mercredi 8 décembre 2010
Intermède Étrange M.
Ce matin, un déjeuner de Noël nous était servi. Les directeurs nous concoctaient des crêpes. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque l'Étrange M. vint s'asseoir près de moi.
J'avais décidé d'investiguer toute la question de sa fille.
Aussitôt assise, je me retourne vers elle :
Maman pieuvre : Ça va bien?
L'Étrange M. : Oui et toi?
Maman pieuvre : Bien, merci. Alors ta fille à Toronto, qu'est-ce qu'elle étudie?
L'Étrange M. : La musique.
Maman pieuvre, surprise : Ah oui! Un instrument en particulier, ou bien surtout la composition?
L'Étrange M. : La trompette et la guitare.
Maman pieuvre : Elle est en quelle année?
L'Étrange M. : En 4e.
Maman pieuvre, poursuivant l'interrogatoire : Elle revient ici à Noël?
L'Étrange M. : Un ou deux jours seulement. On ne se voit pas beaucoup. Elle est très indépendante.
C'est alors que ma voisine de gauche commence à me raconter qelque chose qui ne m'intéressait TELLEMENT pas, mais par politesse, je m'efforçais de me concentrer sur son discours futile. Par conséquent, j'ai donc raté le début de la conversation entre l'Étrange M. et une autre collègue de la table. Voici ce que j'en ai retenu :
G. : Il faut te donner un coup de pied!
L'Étrange M. : Oui, en effet.
G. : Comment on peut faire pour te convaincre?
L'Étrange M. : Je suis sensible aux expressions du visage, quelqu'un qui fronce les sourcils, je n'aime pas ça du tout. Ça me fait peur.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Coudonc, elle a quoi, 4 ans et demi???
L'Étrange M. : Vous avez seulement à sourire!
Ben oui, on va se promener en permanence avec un sourire niais et glacé étampé dans la face pour pas que tu aies peur.
Si elle vient au dîner de Noël de notre service la semaine prochaine, je vais essayer d'en savoir plus, foi d'Hercule Poirot!
J'avais décidé d'investiguer toute la question de sa fille.
Aussitôt assise, je me retourne vers elle :
Maman pieuvre : Ça va bien?
L'Étrange M. : Oui et toi?
Maman pieuvre : Bien, merci. Alors ta fille à Toronto, qu'est-ce qu'elle étudie?
L'Étrange M. : La musique.
Maman pieuvre, surprise : Ah oui! Un instrument en particulier, ou bien surtout la composition?
L'Étrange M. : La trompette et la guitare.
Maman pieuvre : Elle est en quelle année?
L'Étrange M. : En 4e.
Maman pieuvre, poursuivant l'interrogatoire : Elle revient ici à Noël?
L'Étrange M. : Un ou deux jours seulement. On ne se voit pas beaucoup. Elle est très indépendante.
C'est alors que ma voisine de gauche commence à me raconter qelque chose qui ne m'intéressait TELLEMENT pas, mais par politesse, je m'efforçais de me concentrer sur son discours futile. Par conséquent, j'ai donc raté le début de la conversation entre l'Étrange M. et une autre collègue de la table. Voici ce que j'en ai retenu :
G. : Il faut te donner un coup de pied!
L'Étrange M. : Oui, en effet.
G. : Comment on peut faire pour te convaincre?
L'Étrange M. : Je suis sensible aux expressions du visage, quelqu'un qui fronce les sourcils, je n'aime pas ça du tout. Ça me fait peur.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Coudonc, elle a quoi, 4 ans et demi???
L'Étrange M. : Vous avez seulement à sourire!
Ben oui, on va se promener en permanence avec un sourire niais et glacé étampé dans la face pour pas que tu aies peur.
Si elle vient au dîner de Noël de notre service la semaine prochaine, je vais essayer d'en savoir plus, foi d'Hercule Poirot!
lundi 6 décembre 2010
La performance
Petit Monsieur a 8 ans et demi et a remporté samedi sa 4e médaille d'or en plongeon. Ça fait 2 ans qu'il plonge et il a 5 médailles. En 5 compétitions.
Maintenant, je me questionne sérieusement.
Au niveau technique, de tout évidence, tout va très bien.
Au niveau mental, c'est une autre paire de manches.
Il se met beaucoup de pression, il est très stressé avant les compétitions, il a peur de ne pas réussir (peur complètement ridicule, si on en juge par ses prouesses).
Je dédramatise, je l'encourage, je lui dis qu'on s'en fout de ses notes et de son rang, que c'est qqc qu'il aime beaucoup, que je veux simplement qu'il ait du plaisir etc. Cause toujours, la mère.
Il a décidé qu'il devait performer. Et il performe.
Après la compétition de samedi, une fois l'adrénaline tombée, il était complètement épuisé. Il est revenu à la maison, s'est assis et a lu un livre au complet sans bouger et sans dire un mot. Il m'a dit je suis tellement fatigué, demain je ne veux RIEN faire.
Je me demande sérieusement si c'est sain qu'un enfant de 8 ans vive ce stress. D'un côté, s'il apprend à le gérer (et ce n'est pas gagné!!), il gardera cette force toute sa vie. De l'autre, il me semble que ça ne presse pas de savoir ça à son âge.
En plus, on ne le pousse pas plus qu'il ne le faut, il s'impose lui-même ses critères. Même son entraîneure m'a dit qu'elle trouvait qu'il se mettait trop de pression. La ligne entre faire un sport et en retirer du plaisir et être très stressé par l'exécution dudit sport est très mince. J'ai peur qu'il n'ait plus de plaisir.
C'est tellement beau de le voir plonger.
*************************************************
Dans un autre ordre d'idées, hier j'allais justement avec lui voir une pièce de théâtre pour enfants. Il a été assez déçu du caractère philosophique du contenu. Il n'y avait qu'un seul personnage, et pendant une heure, elle s'est questionnée sur le sens de la vie.
En revenant, dans l'auto, j'explique un peu à Petit Monsieur ce qu'est la philosophie.
Maman pieuvre : Comme par exemple, dans la pièce, la fille se demandait s'il y avait de la vie après la mort.
Petit Monsieur : Ben, c'est sûr!
Maman pieuvre : C'est pas tout le monde qui croit ça!
Petit Monsieur : Ben, Grand-Papa, il est mort, et moi je vis encore!!!
Silence.
J'éclate de rire.
Comme quoi la vie après la mort, c'est assez simple après tout!
Maintenant, je me questionne sérieusement.
Au niveau technique, de tout évidence, tout va très bien.
Au niveau mental, c'est une autre paire de manches.
Il se met beaucoup de pression, il est très stressé avant les compétitions, il a peur de ne pas réussir (peur complètement ridicule, si on en juge par ses prouesses).
Je dédramatise, je l'encourage, je lui dis qu'on s'en fout de ses notes et de son rang, que c'est qqc qu'il aime beaucoup, que je veux simplement qu'il ait du plaisir etc. Cause toujours, la mère.
Il a décidé qu'il devait performer. Et il performe.
Après la compétition de samedi, une fois l'adrénaline tombée, il était complètement épuisé. Il est revenu à la maison, s'est assis et a lu un livre au complet sans bouger et sans dire un mot. Il m'a dit je suis tellement fatigué, demain je ne veux RIEN faire.
Je me demande sérieusement si c'est sain qu'un enfant de 8 ans vive ce stress. D'un côté, s'il apprend à le gérer (et ce n'est pas gagné!!), il gardera cette force toute sa vie. De l'autre, il me semble que ça ne presse pas de savoir ça à son âge.
En plus, on ne le pousse pas plus qu'il ne le faut, il s'impose lui-même ses critères. Même son entraîneure m'a dit qu'elle trouvait qu'il se mettait trop de pression. La ligne entre faire un sport et en retirer du plaisir et être très stressé par l'exécution dudit sport est très mince. J'ai peur qu'il n'ait plus de plaisir.
C'est tellement beau de le voir plonger.
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Dans un autre ordre d'idées, hier j'allais justement avec lui voir une pièce de théâtre pour enfants. Il a été assez déçu du caractère philosophique du contenu. Il n'y avait qu'un seul personnage, et pendant une heure, elle s'est questionnée sur le sens de la vie.
En revenant, dans l'auto, j'explique un peu à Petit Monsieur ce qu'est la philosophie.
Maman pieuvre : Comme par exemple, dans la pièce, la fille se demandait s'il y avait de la vie après la mort.
Petit Monsieur : Ben, c'est sûr!
Maman pieuvre : C'est pas tout le monde qui croit ça!
Petit Monsieur : Ben, Grand-Papa, il est mort, et moi je vis encore!!!
Silence.
J'éclate de rire.
Comme quoi la vie après la mort, c'est assez simple après tout!
lundi 29 novembre 2010
De mieux en mieux
Vraiment, tout baigne pour moi à la Gestapo.
La semaine dernière, Goering envoie un courriel à tous avec une liste de formations disponibles pour nous perfectionner. C'était une sorte de sondage pour savoir ce qui nous intéressait. Je réponds donc au sondage, presque toutes les formations étaient intéressantes.
Ne voilà-t-il pas (??? ça a l'air bizarre cette expression quand on l'écrit...) qu'elle débarque dans mon bureau quelques jours plus tard.
Goering : Bonjour Maman pieuvre, j'ai envoyé un sondage à tout le monde il y a quelques jours pour les formations...
Maman pieuvre : Oui...
Goering : Malheureusement, je dois privilégier les employés de la Société.
Maman pieuvre : Ah... je n'étais pas certaine d'y avoir droit, mais comme mon nom était sur le courriel, j'ai pensé...
Goering : Vu le grand nombre de gens qui ont manifesté leur intérêt, je mets ton nom sur une liste et si jamais quelqu'un se désiste, je te le ferai savoir.
Yeah right.
Je suis à contrat, tu ne paieras certainement pas pour ME perfectionner. Ne m'envoie pas de courriel pour me titiller au moins!!!
---------------------------------------------------------------
Il y a quelques jours, j'ouvre le tiroir de ma filière et j'y découvre un nombre assez impressionnant de crottes de souris.
Ouache. Sur mes post-its, mes trombones, mes stylos. J'avais juste le goût de jeter le tiroir au complet. Je m'adresse donc à une collègue pour savoir qui je dois aviser.
Un homme vient mettre des pièges sous mon bureau et dans mes tiroirs. Pas des pièges qui se déclenchent au moindre mouvement d'un rongeur. Des espèces de boîtes dans lesquelles la souris trouve refuge mais desquelles elle ne peut s'évader. L'homme me dit qu'il viendra voir à tous les jours si les boîtes ont piégé quelque chose.
Ce matin, surprise. Une souris non grata s'était fait prendre À MES PIEDS!!!!! OUACHE!!!!! Un peu plus et je voyais la boîte bouger!!!
Et comble de malheur, Goering devait approuver mes feuilles de temps ce matin avant 10 h, sinon je ne suis pas payée demain, mais seulement la semaine prochaine. Comme elle est justement dans une des séaces de formation toute la journée, elle a raté l'échéance. Je ne suis pas du tout impressionnée, au lieu de surveiller les allées et venues de tous, arrange-toi donc pour faire ce que tu dois faire dans les délais prescrits.
Non seulement je travaille dans un lieu où la vermine batifole allègrement dans les tiroirs de tous et chacun, mais je ne serai pas payé cette semaine.
Que j'en voie UN qui me dise que je suis payée à rien faire.
La semaine dernière, Goering envoie un courriel à tous avec une liste de formations disponibles pour nous perfectionner. C'était une sorte de sondage pour savoir ce qui nous intéressait. Je réponds donc au sondage, presque toutes les formations étaient intéressantes.
Ne voilà-t-il pas (??? ça a l'air bizarre cette expression quand on l'écrit...) qu'elle débarque dans mon bureau quelques jours plus tard.
Goering : Bonjour Maman pieuvre, j'ai envoyé un sondage à tout le monde il y a quelques jours pour les formations...
Maman pieuvre : Oui...
Goering : Malheureusement, je dois privilégier les employés de la Société.
Maman pieuvre : Ah... je n'étais pas certaine d'y avoir droit, mais comme mon nom était sur le courriel, j'ai pensé...
Goering : Vu le grand nombre de gens qui ont manifesté leur intérêt, je mets ton nom sur une liste et si jamais quelqu'un se désiste, je te le ferai savoir.
Yeah right.
Je suis à contrat, tu ne paieras certainement pas pour ME perfectionner. Ne m'envoie pas de courriel pour me titiller au moins!!!
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Il y a quelques jours, j'ouvre le tiroir de ma filière et j'y découvre un nombre assez impressionnant de crottes de souris.
Ouache. Sur mes post-its, mes trombones, mes stylos. J'avais juste le goût de jeter le tiroir au complet. Je m'adresse donc à une collègue pour savoir qui je dois aviser.
Un homme vient mettre des pièges sous mon bureau et dans mes tiroirs. Pas des pièges qui se déclenchent au moindre mouvement d'un rongeur. Des espèces de boîtes dans lesquelles la souris trouve refuge mais desquelles elle ne peut s'évader. L'homme me dit qu'il viendra voir à tous les jours si les boîtes ont piégé quelque chose.
Ce matin, surprise. Une souris non grata s'était fait prendre À MES PIEDS!!!!! OUACHE!!!!! Un peu plus et je voyais la boîte bouger!!!
Et comble de malheur, Goering devait approuver mes feuilles de temps ce matin avant 10 h, sinon je ne suis pas payée demain, mais seulement la semaine prochaine. Comme elle est justement dans une des séaces de formation toute la journée, elle a raté l'échéance. Je ne suis pas du tout impressionnée, au lieu de surveiller les allées et venues de tous, arrange-toi donc pour faire ce que tu dois faire dans les délais prescrits.
Non seulement je travaille dans un lieu où la vermine batifole allègrement dans les tiroirs de tous et chacun, mais je ne serai pas payé cette semaine.
Que j'en voie UN qui me dise que je suis payée à rien faire.
lundi 15 novembre 2010
Étrange phénomène
J'ai eu la chance de passer 4 jours en amoureux dans la superbe ville de Boston. Il a fait TELLEMENT beau et notre hôtel était TELLEMENT bien situé, on a marché, marché, pris le métro et marché.
Samedi soir, on avait des billets pour aller voir un humoriste. Comme les spectacle était à 19 h, il était relativement tôt quand il a pris fin. Nous étions assez en forme, donc nous avons décidé d'aller au cinéma pour une représentation de fin de soirée.
Le complexe comportait pas moins de 20 salles. Ils font tout en grand, les Américains. Think big.
On s'assoit donc dans la salle. L'Homme, pour qui un film sans popcorn est aussi impensable qu'un gâteau sans verre de lait, se lève et me dit qu'il s'en va au comptoir de friandises.
J'attends.
Les lumières s'éteignent. La salle est pleine à craquer. Tout à coup, j'aperçois l'Homme, popcorn à la main, à l'entrée de la salle. Mais il regarde derrière lui sans bouger. Il attend.
Il me retrouve, dans l'obscurité.
L'Homme : Je ne sais pas si on va pouvoir écouter notre film...
Maman pieuvre : Pourquoi pas?
L'Homme : Ils sont en train d'évacuer une autre salle...
Maman pieuvre : Ah oui?
L'Homme : Je revenais avec mon popcorn et les portes d'une salle se sont ouvertes et les gens sortaient en criant à tue-tête, avec des visages apeurés. Quelqu'un a cassé la vitre qui recouvrait l'alarme de feu et a sonné l'alarme.
Maman pieuvre : Comment ça on entend rien ici?
L'Homme : Je sais pas. Ensuite, un super grand monsieur habillé en noir avec un capuchon est sorti de la salle, il marchait lentement et avait un sac dans chaque main. J'ai demandé à plusieurs personnes ce qui se passait et tout le monde me dépassait en courant et en criant.
Maman pieuvre : Et nous on reste ici???
L'Homme : Je sais pas, on va attendre pour voir.
J'étais assise dans mon siège en train de CA-PO-TER. Je me suis dit ça y est, on est au mauvais endroit, au mauvais moment. Je m'imaginais un tireur fou dans la salle voisine, je regardais autour de moi, toutes ces personnes qui n'avaient aucune idée de ce qui se passait à quelques pas d'elles. Je ne savais pas si on devait rester ou sortir, ça ne me tentait pas de voir quelque chose d'horrible ou de me retrouver sur le chemin de ce qui faisait fuir tant de gens. Mais en restant assise, n'étais-je pas plus vulnérable? Une cible facile? Car ça arrive, des choses comme ça aux États-Unis. C'est malheureux, mais c'est arrivé plusieurs fois.
L'Homme mangeait son popcorn tranquillement, pas du tout stressé.
Le film commence. Disons que les premières 15 minutes, j'ai eu du mal à me concentrer. J'attendais qu'un message nous enjoigne de quitter la salle, que l'alarme de feu retentisse, qu'un détraqué entre dans la salle. À chaque fois que je voyais le rai de lumière, signe que quelqu'un entrait dans la salle, je retenais mon souffle.
Finalement, le film prend fin. On sort de la salle, rien à l'horizon. On sort du complexe, rien non plus. On n'a jamais su ce qui s'était passé. J'ai même regardé dans le journal le lendemain. Absolument rien.
Je me demandais même si l'Homme avait halluciné.
Les Américains sont-ils tellement entourés de violence que la plupart des événements sont anodins?
Tant mieux, il n'est rien arrivé. Mais disons que j'ai vraiment compris l'ampleur de l'adage qui dit : Ça n'arrive pas qu'aux autres.
Samedi soir, on avait des billets pour aller voir un humoriste. Comme les spectacle était à 19 h, il était relativement tôt quand il a pris fin. Nous étions assez en forme, donc nous avons décidé d'aller au cinéma pour une représentation de fin de soirée.
Le complexe comportait pas moins de 20 salles. Ils font tout en grand, les Américains. Think big.
On s'assoit donc dans la salle. L'Homme, pour qui un film sans popcorn est aussi impensable qu'un gâteau sans verre de lait, se lève et me dit qu'il s'en va au comptoir de friandises.
J'attends.
Les lumières s'éteignent. La salle est pleine à craquer. Tout à coup, j'aperçois l'Homme, popcorn à la main, à l'entrée de la salle. Mais il regarde derrière lui sans bouger. Il attend.
Il me retrouve, dans l'obscurité.
L'Homme : Je ne sais pas si on va pouvoir écouter notre film...
Maman pieuvre : Pourquoi pas?
L'Homme : Ils sont en train d'évacuer une autre salle...
Maman pieuvre : Ah oui?
L'Homme : Je revenais avec mon popcorn et les portes d'une salle se sont ouvertes et les gens sortaient en criant à tue-tête, avec des visages apeurés. Quelqu'un a cassé la vitre qui recouvrait l'alarme de feu et a sonné l'alarme.
Maman pieuvre : Comment ça on entend rien ici?
L'Homme : Je sais pas. Ensuite, un super grand monsieur habillé en noir avec un capuchon est sorti de la salle, il marchait lentement et avait un sac dans chaque main. J'ai demandé à plusieurs personnes ce qui se passait et tout le monde me dépassait en courant et en criant.
Maman pieuvre : Et nous on reste ici???
L'Homme : Je sais pas, on va attendre pour voir.
J'étais assise dans mon siège en train de CA-PO-TER. Je me suis dit ça y est, on est au mauvais endroit, au mauvais moment. Je m'imaginais un tireur fou dans la salle voisine, je regardais autour de moi, toutes ces personnes qui n'avaient aucune idée de ce qui se passait à quelques pas d'elles. Je ne savais pas si on devait rester ou sortir, ça ne me tentait pas de voir quelque chose d'horrible ou de me retrouver sur le chemin de ce qui faisait fuir tant de gens. Mais en restant assise, n'étais-je pas plus vulnérable? Une cible facile? Car ça arrive, des choses comme ça aux États-Unis. C'est malheureux, mais c'est arrivé plusieurs fois.
L'Homme mangeait son popcorn tranquillement, pas du tout stressé.
Le film commence. Disons que les premières 15 minutes, j'ai eu du mal à me concentrer. J'attendais qu'un message nous enjoigne de quitter la salle, que l'alarme de feu retentisse, qu'un détraqué entre dans la salle. À chaque fois que je voyais le rai de lumière, signe que quelqu'un entrait dans la salle, je retenais mon souffle.
Finalement, le film prend fin. On sort de la salle, rien à l'horizon. On sort du complexe, rien non plus. On n'a jamais su ce qui s'était passé. J'ai même regardé dans le journal le lendemain. Absolument rien.
Je me demandais même si l'Homme avait halluciné.
Les Américains sont-ils tellement entourés de violence que la plupart des événements sont anodins?
Tant mieux, il n'est rien arrivé. Mais disons que j'ai vraiment compris l'ampleur de l'adage qui dit : Ça n'arrive pas qu'aux autres.
dimanche 7 novembre 2010
Il n'y a pas que Goering...
Quelqu'un sait-il si Goering avait un espion ou une espionne qui travaillait pour lui? Ça devait, car c'est ma supérieure immédiate.
Jeudi dernier, Fillette avait un rendez-vous annuel chez le pédiatre. Le satané rendez-vous, pris il y a 6 mois, était à 14 h. Assez casse-pieds, mais pas le choix.
Maman pieuvre, à sa cheffe (!!!!) d'équipe : Jeudi, j'ai un rendez-vous. Je vais commencer à travailler à 7 h et je quitterai vers 13 h. Je dois aller chercher ma fille à l'école et traverser la ville pour me rendre au rendez-vous.
Cheffe d'équipe : Mmm oui. Mais est-ce que tu prendras une pause pour le lunch?
Maman pieuvre : ...
Cheffe d'équipe : Ou bien tu ne prendras aucune pause et tu travailleras 6 heures en ligne?
Vive le prolétariat!!
Maman pieuvre : Euh, j'avais prévu manger à mon bureau...
Cheffe d'équipe : Oui, je comprends, mais si tu manges à ton bureau, tu prends quand même une petite pause...
Jeudi dernier, Fillette avait un rendez-vous annuel chez le pédiatre. Le satané rendez-vous, pris il y a 6 mois, était à 14 h. Assez casse-pieds, mais pas le choix.
Maman pieuvre, à sa cheffe (!!!!) d'équipe : Jeudi, j'ai un rendez-vous. Je vais commencer à travailler à 7 h et je quitterai vers 13 h. Je dois aller chercher ma fille à l'école et traverser la ville pour me rendre au rendez-vous.
Cheffe d'équipe : Mmm oui. Mais est-ce que tu prendras une pause pour le lunch?
Maman pieuvre : ...
Cheffe d'équipe : Ou bien tu ne prendras aucune pause et tu travailleras 6 heures en ligne?
Vive le prolétariat!!
Maman pieuvre : Euh, j'avais prévu manger à mon bureau...
Cheffe d'équipe : Oui, je comprends, mais si tu manges à ton bureau, tu prends quand même une petite pause...
Maman pieuvre : cligne, cligne
Cheffe d'équipe : ???
Maman pieuvre : Ben je travaillerai pas 6 heures en ligne sans arrêter un peu...
Cheffe d'équipe : C'est ça, donc tu vas prendre une pause!
Maman pieuvre : ...
Cheffe d'équipe, marmonnant à voix basse : En passant, c'est quoi au juste ton horaire? Parce que l'autre jour tu es partie avant l'heure et ON se demandait c'était quoi ton horaire au fond vu que tu es partie avant le temps l'autre jour, normalement tu aurais dû partir à et demie, mais tu n'étais plus là, tu es partie avant le temps. Donc vu que tu es partie avant et demie, c'est quoi tes heures?
Maman pieuvre : J'ai les mêmes heures depuis le 1er septembre... je suis toujours là, je ne pars pas avant le temps.
Cheffe d'équipe, marmonnant d'un ton qui faisait semblant de ne pas trouver la conversation importante : En tous cas, comme tu es partie avant l'heure l'autre jour, ON se demandait si tu avais changé tes heures...
Maman pieuvre : Mes heures sont les mêmes.
Cheffe d'équipe : Et jusqu'à quand?
Maman pieuvre : Mon contrat finit en juillet, donc jusqu'à la fin.
Cheffe d'équipe : Bon. Donc on récapitule, tu arrives à 7 h jeudi et tu quittes à 13 h et tu prends une petite pause.
Maman pieuvre, bernée : Euh oui.
Si elle maintient que je suis partie avant l'heure, il devait être et vingt-neuf. Je suis toujours là, car je sais que je suis surveillée. Si elle prend la peine de passer une minute avant l'heure pour vérifier si je suis là, c'est assez triste.
Au lieu de me surveiller comme ça, donnez-moi plus de boulot!!!! C'est pas comme si j'étais débordée!!!!!
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