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vendredi 20 décembre 2013

Ce que tu aimes, laisse-le libre...

Je sentais que ça venait. Je m'en doutais, mais essayais de me convaincre du contraire. J'espérais, surtout. En vain.

Dimanche dernier, à l'heure même où Petit Monsieur devait revenir chez moi, il m'a appelée. Il m'a demandé s'il pouvait rester chez son père.

Et comme ce n'était pas un coup de tête de sa part,
comme depuis 16 mois il me dit qu'il n'aime pas venir chez moi et qu'il est mieux chez son père, comme je veux qu'il soit heureux et
comme je l'aime à l'infini,

j'ai dit oui.

J'ai dit oui.

À mon grand désespoir.

Même si je m'ennuie,
même si je suis triste,
même si je suis en colère,
même si je regrette déjà d'avoir dit oui,
même s'il me manque terriblement,
même si je n'ai aucune nouvelle,
même si je ne sais pas ce qui se passe dans sa vie,
même si chaque minute loin de moi est comme une année entière,
même s'il manque un gros morceau à mon cœur,
même si je croyais ne pas pouvoir supporter une autre épreuve,

Je dois le laisser aller.

Car c'est ça, être maman. C'est apprendre que nos enfants font leur chemin, pas toujours celui qu'on leur a tracé, celui qu'on voudrait qu'ils empruntent.

C'est les laisser aller en étant là, c'est espérer qu'ils n'auront pas trop mal, c'est les regarder grandir et faire des choix, même s'ils n'ont que 11 ans.

C'est leur faire confiance.

C'est vouloir leur bonheur.

C'est être patient.

Je t'attendrai, mon poussin.

lundi 27 août 2012

Petit Monsieur

En avril , je vous racontais que Petit Monsieur avait affreusement mal à la cheville parfois. On nous a recommandé de consulter un orthopédiste. Les radiographies étaient normales, mais il a proposé une résonnance magnétique en juillet. Nous avons eu les résultats aujourd'hui.

Verdict : osthéocondrite dissecans

La tête du tibia semble grugée, il manque littéralement un morceau d'os et le cartilage est aussi atteint. À force de marcher sur sa jambe, le cartilage pousse contre la tête de l'os et ce frottement cause de la douleur. Enfin, c'est ce que j'en ai compris.

Il se peut que cela soit une blessure qui ait causé cette condition. Mais peut-être que non. Ça peut arriver comme ça, pour rien, mais c'est beaucoup plus fréquent chez les garçons qui font beaucoup de sports.

Hum.

Résultat : il faut considérer ça comme une jambe fracturée bien que cette blessure soit sournoise. Continuer de marcher dessus ne permettra jamais à l'os de guérir.

DONC, après un orteil cassé et une tête fendue cet été (je ne vous l'ai pas racontée celle-là je crois), voici maintenant que Petit Monsieur a une jambe dans le plâtre pendant 4 semaines.

Et il devra peut-être être opéré si il n'y a pas d'amélioration au bout de 4 semaines.

Gulp.

Pas besoin de vous dire qu'on avait pas besoin de ça maintenant. Et l'école qui recommence dans 2 jours, les amis etc. Aucun sport. Petit Monsieur prend ça très mal, et avec raison. Il a déjà du mal à s'habituer à la séparation, le voilà maintenant inactif.

Au moins, on sait ce qu'il a. Et j'espère que ses atroces douleurs disparaîtront pour de bon.

mercredi 18 juillet 2012

La fin d'une époque

J’ai partagé beaucoup de moi avec vous. J’ai hésité longtemps avant de vous parler de ce qui suit. Mais finalement, comme mes prochains messages seront teints de ce qui se passe dans ma vie actuellement, je ne peux vraiment passer sous silence quelque chose de si important sans que vous vous demandiez ce qui cloche.


Eh bien voilà. Après de nombreuses années de vie commune, l’Homme et moi allons nous séparer. C’est triste, mais c’est ainsi. Je déménage dans quelques semaines, à quelques minutes de chez moi (où je vis présentement).

Ce n’est jamais facile de prendre des décisions si graves, surtout quand il y a des enfants. Mais parfois, pour le bien-être de tous, il le faut. C’est un saut dans le vide pour moi, et, mêlée aux diverses craintes et inquiétudes, se trouve une petite lueur de fébrilité sous-jacente.

En attendant, c’est très dur. Je suis entre deux endroits, j’attends de partir, je ne me sens pas du tout chez moi. Je fais tout pour y être le moins possible. Je crois que je pourrai respirer un peu mieux une fois vraiment partie.

Fidèle à elle-même, Fillette comprend bien et a hâte de venir chez moi. C’est une enfant qui est beaucoup dans sa tête et qui raisonne.

Fidèle à lui-même, mon hypersensible de Petit Monsieur prend ça très mal. Il est dans tous ses états. Il parle beaucoup par contre, nous sommes chanceux qu’il soit un livre ouvert. Il dit tout ce qui lui passe par la tête et pose 1 001 questions. C’est incroyable tout ce qu’il dit, c’est presque irréel qu’un enfant de 10 ans réfléchisse comme ça. Ce qu’il me dit me crève le cœur, mais je suis reconnaissante qu’il se confie et que je puisse l’écouter, le comprendre et lui parler.

J’ai toujours dit à mes enfants qu’on est l’artisan de notre propre bonheur. Je leur ai toujours dit qu’il y a toujours des solutions à un problème et que si notre vie ne nous plaît pas, qu’on avait le pouvoir de la changer. Je leur ai toujours dit qu’on n’avait jamais à subir une situation qui ne nous convienne pas, qu’on a le pouvoir sur notre vie. Je leur ai toujours dit que quand on est malheureux, on doit changer les choses pour s’arranger pour être heureux, même si c’est difficile. La vie est trop courte pour rester dans un malheur.

Je ne me trouvais pas une bonne mère de ne pas moi-même mettre en pratique ce que je prêche. Même si cette décision a de nombreuses répercussions sur eux, j’ai la ferme conviction qu’ils ne s’en porteront que mieux à la longue. Car quel enfant est heureux de voir un parent qui ne l’est pas?

Je leur ai dit qu’il fallait beaucoup de courage pour décider de prendre sa vie en main. Et que parfois, ce qui nous fait le plus peur est le plus bénéfique pour nous.

Je ne peux qu'espérer qu’un jour, ils comprendront.

mardi 17 avril 2012

Un mauvais sort

Rien ne va plus pour Petit Monsieur. Depuis plusieurs mois, son moral n’est pas très bon. Il a cessé les deux activités dans lesquelles il excellait : le plongeon et le piano. Il a les bleus.

La semaine dernière, il avait de la difficulté à marcher tant il avait mal à la cheville droite. Comme ça arrive régulièrement et qu’il a mal au réveil et après être resté assis longtemps, je l’ai amené chez le pédiatre. Elle a recommandé des prises de sang, car elle soupçonne de l’arthrite juvénile.

Pédiatre, faisant l’examen et déclarant tout bonnement : Surtout qu’on connaît l’histoire de la cocotte.
Maman pieuvre, perdue : Comment ça, la cocotte?
Pédiatre : Ben, elle est diabétique, non?
Maman pieuvre : Oui, mais c’est quoi le rapport?
Pédiatre : L’arthrite juvénile est aussi une maladie auto-immune.

Et vlan. Encore.

Les tests sanguins sont faits, on attend les résultats.

Il allait beaucoup mieux en fin de semaine. La crise a duré 6 jours.

Par contre…

Dimanche…

Il jouait sur le gazon, chez nous, avec sa sœur. Pieds nus.

Il revient en pleurant.

Pour faire une longue histoire courte, il s’est cassé le gros orteil. En béquilles pendant 4 semaines. Interdits le soccer, le trampoline, l’éducation physique, les récrés dehors. Il est au désespoir de ne pouvoir rien faire. Un petit garçon si actif. Il a tellement mal, il ne peut pas mettre son pied par terre.

La guigne s’acharne sur lui, on dirait.

C’est bientôt son anniversaire, je ne sais pas s’il sera suffisamment remis pour être en mesure de faire l’activité prévue avec ses amis.

Ça se pourrait que ça soit le mois le plus long de sa vie (et de la mienne…)

lundi 6 février 2012

Petite leçon d'histoire

Je fais souvent des muffins maison. Même pas 2 jours et ils sont dévorés. La plupart du temps.
La semaine dernière, quelques pauvres fraises un peu flétries jonchaient le fond d’une barquette. Comme j’avais aussi 2 bananes qui avaient fait la guerre, je décide de concocter des muffins fraises et bananes. Je les ai trouvés délicieux.
Verdict des enfants : moyen.

Un soir, Fillette avait besoin d’une collation avant d’aller au lit. Comme il restait deux petits muffins esseulés qui attendaient d’être libérés de leur supplice, je lui dis :

Maman pieuvre : Mange donc un muffin comme collation qu’on les finisse.

Fillette : (soupir). Pourquoi tu ne les as pas faits seulement aux bananes comme d’habitude ?

Maman pieuvre, qui a SOUVENT eu la même conversation avec ses enfants, donc s’impatientant tout-de-go : Mais vous êtes donc bien conservateurs! Je n’en peux plus! C’est fatiguant!

Fillette : Qu’est-ce que ça veut dire?

Maman pieuvre : Ça veut dire qu’il faut toujours que tout soit pareil, aucun changement, que tout reste comme avant.

Fillette, d’un ton catégorique : Ben c’est ça. Moi je suis comme Maurice Duplessis.

J’éclate de rire. Au moins, elle écoute à l'école...

Je l’ai bien avertie que je l’appellerais Momo si elle avait d’autres récriminations du genre!

Pour mes lecteurs européens, Maurice Duplessis a été premier ministre du Québec dans les années 40 et 50 (la Grande Noirceur) où la population était sous le joug du clergé. Son manque d’ouverture et son refus du changement ont fait en sorte que la population ne l’a pas réélu après un long règne.

samedi 31 décembre 2011

Bonne année!!

Chers lecteurs,

Dans 2 jours, ma petite famille et moi-même nous envolerons vers la jungle verdoyante du Costa Rica. Pour deux semaines!!! Je ne me peux plus, on voyage souvent, mais on dirait que je n'ai jamais eu aussi hâte. Peut-être parce que j'ai passé l'année à travailler à temps plein, ce que je n'avais pas fait depuis 10 ans. Peut-être parce que j'ai eu un automne de c.., ma santé n'a pas été super, j'ai fait beaucoup d'insomnie, etc. Peut-être parce que pour la première fois nous partons 2 semaines. Peut-être parce que nous avons loué une superbe maison et que nous ne serons pas entassés dans une chambre d'hôtel.

Peu importe.

J'ai tellement hâte. J'en ai vraiment besoin. Nous en avons tous besoin.

Au programme :

Tyrolienne dans la jungle et parmi les singes
Cours de surf pour Petit Monsieur
Pêche en haute mer pour Fillette
Baignade dans un lagon d'eau phosporescente avec chute d'eau spectaculaire
Visite d'un volcan
Relaxation
Relaxation
Relaxation

Je tenais à vous souhaiter une superbe année 2012, en santé, en amour, en abondance, avec vos proches. Tout ce que vous désirez, et même plus.

Pour ma part, je souhaite retrouver mon énergie et mon sommeil d'antan, et je souhaite passer à travers mon année à la Gestapo.

Je prendrai un petit drink à votre santé (même si je ne bois à peu près pas, je vais me forcer pour vous!!)

Je vous reviens plus tard en janvier avec un compte rendu de nos anecdotes.

Merci pour votre fidélité!

mardi 15 novembre 2011

L'Élite

Fillette est en 6e année. Au Québec, c'est la denière année du primaire. L'an prochain, elle commencera son secondaire (5 ans).

Dans notre région, il y a un immense choix d'écoles secondaires. Des écoles privées coûteuses, des programmes spécialisés peu coûteux, et le secondaire régulier. Il y a des programmes pour tous : les férus d'informatique, les acteurs en herbe, les athlètes, les matheux, les amateurs de plein-air et de cirque, bref, pour tous les goûts.

Hier soir avait lieu la rencontre de parents (le sales pitch) dans un des collèges les plus prisés du Québec (oui oui, de toute la province, pas seulement de notre région).

Fillette veut aller dans une école qui offre le programme spécialisé en arts.

L'Homme ne veut rien savoir. Il veut qu'elle aille où on a eu la rencontre (le sales pitch) hier.

Ça promet.

Ce collège accepte plus de garçons que de filles.

Ce collège n'offre que le programme enrichi.

L'Homme est convaincu que l'éducation y est supérieure.

Ce collège coûte 4 000 $ par année. Bien sûr qu'ils vont nous dire qu'ils en font plus qu'ailleurs. (Je l'espère bien, au prix qu'on va peut-être payer!!)

Je ne suis pas convaincue que ce soit le bon endroit pour Fillette, mais ça, c'est une autre histoire.

Bref, revenons à notre sales pitch.

Ça faisait 5 minutes que le discours de promotion de l'établissement était commencé. La salle était remplie de parents anxieux (à part moi) qui veulent tout faire pour que leur enfant aille à cette école. Je zieutais les sacs à mains surdimensionnés, soupçonnant la présence de quelques enveloppes brunes.

Tout à coup, le responsable de l'établissement dit dans le micro : J'en vois qui sourissent dans la salle.

Ah oui. Nous sourissons, vous sourissez, ils sourissent.

Je me penche vers l'Homme.

Maman pieuvre, les dents serrées : Il a dit sourissent.
L'Homme, feignant de ne pas avoir entendu : Quoi?
Maman pieuvre, écarquillant les yeux : Il a dit sourissent.
L'Homme : Ah...
Maman pieuvre : On va payer 4 000 $ par année pour l'envoyer dans une école où ils savent pas parler??
L'Homme : Ben lui c'est pas un prof...
Maman pieuvre : Euh... on s'en fout! Il représente le collège et c'est la rencontre de parents. C'est la première impression qu'on a de l'établissement. Il pourrait faire un effort!

Vous savez comment je suis avec la langue française. Ce collège se vante de n'accepter que l'élite en ses murs.

Ils devraient commencer par joindre la parole aux gestes et recruter du personnel qualifié.

C'est tout ce que j'ai à dire de cette école. Si Fillette veut y aller, je vais l'appuyer, c'est certain. Mais de prime abord, je ne suis pas impressionnée.

jeudi 10 novembre 2011

Je suis vivante

Bonjour!!

Désolée de vous avoir négligés, chers lecteurs, mais j'ai de bonnes raisons. Problèmes d'ordi, privée d'ordi pendant plusieurs semaines, j'en ai maintenant un nouveau depuis hier. Alleluia!

Ensuite, physiquement, je vais moyen. Quelques malaises entrecoupent mes bonnes journées. Je suis suivie par contre, on verra ce que ça donne. J'ai un autre rendez-vous la semaine prochaine. Je suis " dans le système ", et au Québec, c'est majeur!!

La semaine dernière, j'ai été convoquée en secret par Georing. M'attendant à ce que le couperet tombe, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que non, il n'y avait plus de budget pour engager du personnel via des agences, mais qu'on m'offrait un contrat d'un an directement avec la Gestapo. Pensez-y. Qui, de son propre gré, voudrait rester avec la Gestapo??

Pourtant, après que ma réaction initiale ait été négative (je suis un esprit libre et j'aime le changement!!), j'ai répondu que j'aimerais y réfléchir une fois une offre concrète entre les mains. Goering m'a dit qu'elle comprenait.

J'attends toujours.

Elle veut que le contrat débute le 2 janvier (le mien se termine le 30 décembre).

Je n'ai toujours pas vu l'ombre d'une feuille de papier.

En attendant, je m'occupe de tout pendant que l'Homme est encore à Paris. Petit Monsieur fait 2 conjonctivites, Fillette doit changer son programme d'insuline et je devrai la réveiller la nuit (et moi aussi, par le fait même!!) pour qu'elle teste sa glycémie à 2 h du matin pour voir si les doses sont adéquates. Pénible.

En fin de semaine, ce sont les portes ouvertes pour les écoles secondaires. On va aller visiter les 2 choix de Fillette pour l'an prochain. La semaine prochaine, rencontres de bulletin pour les deux enfants, rencontres de parents dans les écoles secondaires, et spectacle vendredi soir.

Dans le temps de le dire, on sera au mois de décembre...

Noel approche à grands pas (désolée, je ne trouve pas le tréma sur mon nouveau clavier!!)

lundi 12 septembre 2011

Malaise

Je ne vous donne pas de nouvelles souvent depuis quelque temps, et je m'en excuse. Disons que je ne suis pas au meilleur de ma forme.

Mercredi dernier, j'étais tranquillement assise à mon bureau en train de travailler (oui, oui, ça m'arrive!!)

Soudain, c'est comme si tout le sang de mon corps partait du sommet de mon crâne et se rendait à mes pieds d'un seul coup. Une grande faiblesse. Je pensais m'évanouir à mon bureau.

Je décide d'aller à la salle de bains, en pensant qu'une petit marche raviverait ma circulation sanguine. Je remplis ma bouteille d'eau, en bois quelques gorgées. Je reviens m'asseoir, je ne vais pas mieux. Je regarde autour, mon bureau n'est pas assez grand pour que je puisse me coucher par terre. Je ne veux pas non plus me coucher de tout mon long devant tout le monde au bureau. Je vais voir ma voisine, S. pour lui demander s'il y a un endroit dans la Société où m'étendre, car je ne vais pas bien. S. se lève d'un bond, me dis que je suis d'une pâleur maladive et va chercher V., le collègue du groupe responsable en cas d'urgence ou d'incendie et qui, par le fait même, est un bon copain. Son bureau étant à l'autre bout de l'étage, S. y va en courant. Pauvre elle. Elle est déjà de nature stressée.

V. arrive dans mon bureau. J'étais assise. Je m'allonge les jambes sur une autre chaise. Il me pose les questions d'usage :

- As-tu mal en quelque part?
- As-tu mangé ce matin?
- As-tu chaud?
- As-tu la bouche sèche?

Je réponds que j'ai seulement les jambes molles.

Goering arrive en trombe du haut de ses talons de 6 pouces. Elle dit bon, on va appeler 911, ils vont venir te chercher en ambulance etc. Je ne voulais rien savoir de tout ce cirque. Elle me dit : Je sais que tu n'as pas terminé tes études de médecine, mais c'est pas toi qui décides. C'est une blague, je n'ai jamais étudié en médecine, elle disait ça pour me faire comprendre que je ne connais rien dans ça. Elle a fait de l'humour, cette chère Goering!!

Tout ce que je veux, c'est me coucher pour reprendre mes esprits. La sécurité de l'immeuble arrive avec une chaise roulante pour me reconduire dans le sous-sol où il y a un sofa. La dame me dit qu'elle passera aux dix minutes. Elle me laisse et ferme la porte. J'ai envie... je dois me lever et je ne sais absolument pas où est la salle de bain dans le tréfonds de la Société. Je sors de la pièce en titubant, trouve quelqu'un qui me dirige. Je me rends tant bien que mal à la salle de bain, en espérant retrouver mon chemin par la suite et retourner dans la pièce sur mes deux jambes.

Je veux m'en aller chez moi, mais personne ne me laisse partir. Il ne serait pas prudent que je prenne le volant. Quelques heures plus tard, l'Homme vient me chercher. Je rentre enfin chez moi. Tout l'après-midi, j'ai filé très moyennement.
Le lendemain, je me lève avec les jambes molles. J'ai eu les jambes molles tout l'avant-midi. Je décide de ne pas aller travailler. Tant pis. Je vais me reposer.

Le soir venu, c'était la rencontre avec les enseignants des enfants. L'Homme allait dans la classe de Fillette, et moi, dans celle de Petit Monsieur.

Dix minutes après le début de la rencontre, j'ai comme un malaise encore. Pas aussi gros que celui de la veille, mais quand même. Je regarde autour, paniquée. Je voudrais m'en aller, mais je suis venue à pied. Je ne veux pas perdre conscience devant le prof et tous les parents. J'étire les jambes, je me déplace sur ma chaise, je respire à fond. Ça semble passer. Je réussis à rester toute l'heure. Mais j,ai définitivement quelque chose qui ne va pas.

De retour à la maison, j'appelle une copine médecin pour lui raconter tout ça. Elle trouve étrange que ça soit arrivé pendant que j'étais tranquillement assise. Elle dit qu'elle va me faire un papier pour une consultation en cardiologie, car ça pourrait être une arythmie.

Le lendemain, j'allais mieux, mais pas complètement top. Je prends congé de nouveau. La fin de semaine arrive, je suis assez bien. Mais toujours pas au meilleur de ma forme. Régulièrement, j'ai des crampes au coeur, comme des pincements, et des débuts de malaises.

Je décide de venir travailler ce matin. Travailler est un grand mot, j'ai plutôt passé mon temps à rassurer les gens et à expliquer les démarches que j'ai faites. Toute la journée, j'ai eu des pincements et plusieurs débuts de malaise. J'attends d'avoir un rendez-vous en cardiologie. Mais avec le système de santé qu'on a...

mardi 26 juillet 2011

Les 7 vérités

Vinciane m'a passé le flambeau pour ce jeu où l'on doit dévoiler 7 vérités qui nous feront connaître à nos admirateurs dans la blogosphère.

Je me lance, quoique peu inspirée.

1- Si je pouvais, je passerais ma vie entourée de livres. J'entre dans une librairie et c'est presque jouissif (ça commence assez bien, non??). L'odeur de l'encre et du papier me suffit. Il ne faut pas grand chose pour me contenter!

2- Malgré mon jeune âge (fin trentaine), ça fait presque 21 ans que je suis avec l'Homme.

3- Je DÉTESTE les champignons. Traumatisme de jeunesse.

4- Je suis excessivement malheureuse dans un travail routinier. Je dois toujours passer à autre chose, c'est pour ça que je choisis de travailler à contrat.

5- Je n'aime pas demander d'aide. D'ailleurs, je peux compter sur mes dix doigts les occasions où je l'ai fait au cours des 10 dernières années.

6- Si j'en avais les moyens, je changerais de décor à chaque année. J'adore la déco intérieure, le design et l'architecture.

7- Je n'ai pas la langue dans ma poche, et ça ne fait pas toujours le bonheur des autres... je suis comme ça, c'est tout.

Je lance la balle à mes copines Long fleuve tranquille, AllSaints, Étolane, Marâtre joyeuse et Cynthia.

À vous de jouer!

lundi 18 juillet 2011

Les Laurentides

Ce matin, à ma grande déception, j'ai dû réveiller Fillette. En vacances.

Nous avions plus que 2 heures de route à faire pour aller la déposer (ainsi que ses valises, couvertures, sac de couchage et oreiller) au camp de vacances.

C'est un camp spécial, pour enfants diabétiques. Aucune inquiétude à avoir, médecins et infirmières 24 heures sur 24, injections et glycémies supervisées, plan alimentaire personnalisé, 4 campeurs pour une monitrice, mais le reste, comme un camp de vacances normal. Comme quand moi j'y allais, quand j'étais petite. Tir à l'arc, canot, tennis, survie en forêt, écologie, excursions, voile, soccer, jeux, baignade, basket, tennis, et j'en passe.

Le tout entouré de gens sensibilisés aux hypoglycémies, aux collations multiples, aux seringues, aux fioles d'insuline. Garçons et filles diabétiques auront la chance de vivre une expérience de camp comme les autres. Paix d'esprit pour les parents. Pause bien méritée pour les parents qui n'ont pas à se soucier des horaires fixes, des contraintes, des injections, des refus de manger, etc.

Paix d'esprit pour Fillette qui n'a pas à apporter tout son attirail, car tout est fourni par le camp. Oui oui, tout. Elle est partie comme avant, avant que la maladie ne frappe, juste elle et ses bagages. Rien d'autre.

Je lui avais raconté mes étés dans des dortoirs remplis de lits superposés. Mes amitiés estivales, mes activités que je ne ferais pas ailleurs, mon groupe de garçons de 8 ans lorsque j'étais monitrice, le chocolat chaud dans les chambres, les feux de camp, les guimauves, les chansons.

Elle s'était fait une idée de ce que seraient ses 11 nuits. Jamais aussi longtemps partie de la maison. Jamais aussi longtemps loin de nous.

J'ai donc dû la réveiller avant de faire la longue route vers les Laurentides. Une fois arrivées, environ 50 personnes, adultes et enfants, jouaient au ballon. Je demande à un employé où on doit aller. Il va chercher celle qui sera responsable de ma fille pendant les 12 prochains jours. Je questionne : elle est elle-même diabétique, monitrice au camp depuis 4 ans, étudiante en psychologie.

Elle nous mène vers la tente D. Oui. La tente. Tout à coup, je comprends la demande de 2 couvertures de laine en plus du sac de couchage. Car il peut faire frais le soir, dans les Laurentides. Quand même, un plancher de bois sert de base à la tente qui abrite 5 lits de camps aux matelas trop mous.

Je l'aide à faire son lit. Elle rencontre les 3 autres filles de 11 ans qui partageront sa tente. Elle ne parle pas beaucoup. Ne sourit pas. Je la sais nerveuse.

En sortant de ladite tente, elle me regarde, déçue. Elle s'attendait à des lits superposés. Oups. Mea culpa.

On se met en ligne pour rencontrer le médecin. Une autre ligne pour rencontrer la nutritionniste. Une autre ligne pour le niveau de natation.

Ensuite, je devais m'en aller. Je n'avais plus rien à faire là. Elle échangeait déjà son adresse courriel avec sa nouvelle copine. Je l'embrasse, lui dis au revoir. Elle, aucunement émotive, me dit au revoir. Je suis un peu surprise, mais non finalement. Elle ne montrerait jamais qu'elle a du chagrin devant les autres.

Elle devrait revenir de ce camp complètement autonome relativement à la gestion de son diabète. Elle pourra s'injecter seule. Je n'aurai plus besoin de débarquer à 8 h le matin chez ses amies quand elle y a dormi pour la piquer avant qu'elle mange. Je ne serai plus stressée d'être prise dans le trafic et de voir le temps passer en sachant qu'elle doit avoir son injection à telle heure. Ou de tout laisser en plan à l'épicerie parce qu'il y a trop de gens devant moi et que j'arriverai en retard.

Elle devrait moins dépendre de moi. Et moi, souffler un peu.

D'ailleurs, ce soir, on a dérogé à l'horaire en son absence. On a mangé TARD. Quand on voulait. On a retrouvé une parcelle de notre vie d'avant.

vendredi 24 juin 2011

Fillette

Pour toi, ma grande fille, qui a 11 ans aujourd'hui :


25 raisons pour lesquelles je t'aime


1. Parce que tu as été la première à m'appeler Maman

2. Parce que tu es ma seule fille

3. Pour tes beaux cheveux dorés

4. Pour la chaleur de ta peau quand tu te réveilles

5. Parce que tu aimes les choses douces

6. Parce que tu dors encore avec un toutou

7. Pour tes jeux de mots intelligents

8. Parce que tu t'ennuies de moi quand je ne suis pas là

9. Parce que tu es gourmande

10. Pour ta grande intégrité

11. Pour ton imagination sans fin

12. Parce que tu écris de belles histoires

13. Parce que tu dessines superbement

14. Pour ton amour des belles choses et ton bon goût

15. Pour ta force et ton courage dans ton combat quotidien

16. Pour ta grande sensibilité

17. Pour tes questionnements existentiels

18. Pour ton regard sur le monde qui t'entoure

19. Parce que tu es coquette

20. Parce que tu comprends les sentiments des autres

21. Parce que tu es la meilleure grande soeur

22. Parce que tu es responsable et fiable

23. Pour ton tempérament parfois bouillant

24. Parce que tu veux prendre ta place

25. Parce que tu fais de moi une meilleure maman

vendredi 27 mai 2011

L'Étrange M. ou l'Étrange ????

Ce matin, j'arrive au bureau et j'ouvre ma huche dans laquelle je range ma crème à main, un pot d'amandes, une boîte de métal contenant des biscottes, une bouteille d'Advil, une boîte de thé Earl Grey et mon pot de beurre d'arachides. Parfois, quand j'ai une fringale, je mange une poignée d'amandes ou j'enduis quelques craquelins de beurre d'arachides.

Aujourd'hui, oh, suprise! La moitié de l'étiquette de mon pot de beurre d'arachides était grugée et des petites crottes de souris jonchaient ma huche.

Une souris un peu trop fanfaronne avait décidé d'essayer de percer l'épais plastique de mon pot (neuf) de beurre d'arachides.

Ouache.

Je savais que je devais envoyer une requête à la Gestion des locaux pour qu'ils viennent mettre des trapes et s'occuper de tout ça, mais je ne savais pas comment.

Comme presque personne n'est au bureau aujourd'hui, j'ai dû faire un effort pour aller m'informer auprès de l'Étrange M.

Elle me montre sur son ordi quel programme ouvrir pour faire une requête. Je la remercie.

L'Étrange M., excitée : Tu as des souris?
Maman pieuvre : Oui.
L'Étrange M., fébrile : Je peux voir?

Je hausse les sourcils et me dirige vers mon bureau. Elle me suit comme une tache.

J'ouvre ma huche et lui montre les dégâts. Elle en profite pour faire un inventaire rapide du contenu en me demandant : c'est quoi ça? ou encore : tu prends cette marque de crème à main? etc. Elle était pas mal fouineuse, la collègue.

Tout à coup, j'aperçois qu'elle porte son laissez-passer du bureau à la taille, et le nom qui y figure est un nom composé.

Maman pieuvre : Tu t'appelles M-XXX?
L'Étrange M. : Oui.
Maman pieuvre : Tu trouves ça trop long? C'est pour ça que tu te fais appeler M.?

L'Étrange M. s'asseoit dans mon bureau, prête pour une longue explication.

L'Étrange M. : C'est que M-XXX c'est le nom de ma mère et JE NE VEUX PAS PORTER LE NOM DE MA MÈRE PARCE QUE J'AI LE DROIT.

Maman pieuvre, un peu surprise de cet élan enflammé : Ah bon.
L'Étrange M. : Je vais peut-être changer de nom légalement.
Maman pieuvre : Ah oui? Pour que tu sois officiellement M.?
L'Étrange M. : Non, pour un autre nom complètement différent.
Maman pieuvre : ...
L'Étrange M. : Il faut beaucoup de courage pour faire ça.
Maman pieuvre : ...
L'Étrange M. : J'ai un nom en tête, mais je ne veux pas le dire.
Maman pieuvre : Ah, c'est un nom inhabituel? Genre Rivière ou Pissenlit?
L'Étrange M., rougissant : C'est un nom tout à fait nomal. Mais je veux bien analyser l'expression des gens quand je vais leur annoncer, voir s'ils aiment ça ou non, l'expression des yeux, s'ils font la moue, etc.
Maman pieuvre : On s'en fout de ce que les gens pensent, l'important c'est toi, tu changes de nom, tu choisis un nom que tu aimes et c'est tout.

L'Étrange M. me regardait comme si j'étais la réincarnation de Socrate tellement elle était fascinée par mon immense sagesse.

Je dois vous avouer que je suis trop curieuse et que je ferai tout en mon pouvoir pour découvrir quel serait ce nouveau prénom.

Encore une fois, je mets un homme là-dessus!

vendredi 6 mai 2011

La politique selon Fillette

Fillette s'est sentie lésée de n'avoir pu voter aux dernières élections fédérales.

Fillette : J'ai hâte de pouvoir voter. Pourquoi j'ai pas le droit?
Maman pieuvre : Parce qu'il faut avoir 18 ans pour voter.
Fillette : Pourquoi?
Maman pieuvre : Parce qu'en bas de 18 ans, tu es mineure, il faut être majeur pour voter, c'est la loi. En plus il faut que tu comprennes la politique pour savoir pour qui voter.
Fillette, outrée : Je comprends la politique!
Maman pieuvre, qui ne voulait pas s'obstiner : Ben tant mieux.
Fillette, pompée : C'est des gens qui nous disent plein de belles choses parce qu'ils veulent absolument qu'on vote pour eux. Ensuite, si on trouve qu'ils n'ont rien fait de bon, la prochaine fois, on vote pour quelqu'un d'autre.
Maman pieuvre : ...

Les enfants de 10 ans devraient avoir le droit de voter.

mardi 3 mai 2011

Mon poussin

Pout toi, Petit Monsieur, qui a 9 ans aujourd'hui et qui a besoin de tant d'amour :


25 raisons pour lesquelles je t’aime


1. Parce que tu es mon seul garçon
2. Parce que tu es mon dernier enfant
3. Pour tes grands yeux clairs
4. Pour ton odeur quand je t’embrasse dans le cou le matin
5. Pour tes cheveux droits dans les airs quand tu te réveilles
6. Parce que tu as un cœur gros comme la Terre
7. Parce que tu me fais rire
8. Parce que tu me dis ce qui ne va pas
9. Parce que tu me dis quand tu aimes mes repas
10. Parce que tu viens encore t’asseoir sur moi parfois
11. Pour ton esprit vif et ta grande curiosité
12. Parce que tu es un grand rêveur et un grand voyageur
13. Pour tes taches de rousseur sur ton nez
14. Pour la douceur de tes joues
15. Parce que tu es un vrai poisson
16. Parce que tu aimes être bien coiffé et sentir bon
17. Parce que tu chantes tellement bien
18. Parce que tu es le meilleur des frères
19. Parce que tu es toujours prêt à aider les autres
20. Parce que tu n’aimes pas quand les autres ont mal
21. Parce que tu es persévérant
22. Parce que tu es reconnaissant
23. Parce qu’on peut compter sur toi
24. Parce que tu encourages et félicites les autres
25. Parce que tu es le meilleur garçon dont on pouvait rêver

dimanche 1 mai 2011

Le départ de l'Homme

Encore une fois, l'Homme quitte demain pour... Paris. Que fera-t-il sans ses Bruins de Boston qu'il ne verra pas jouer de la semaine??? Je m'attends à quelques courriels me demandant des comptes-rendus détaillés (comme si je n'avais que ça à faire, écouter SON équipe).

Je m'attends aussi à quelques anecdotes parisiennes, parce que la dernière fois, rien à signaler!!

En attendant, voici notre horaire de la semaine pendant qu'il sera sur un autre continent.

Lundi soir : Plonge-o-thon. Activité visant à amasser des fonds pour réduire les frais d'incription aux compétitions de plongeon. Petit Monsieur s'est engagé à exécuter 75 plongeons en une heure (si je sais bien compter, c'est plus qu'un plongeon par minute... il me semble que le temps de monter sur le tremplin et de nager jusqu'au bord... mais bon, je lui fais confiance...) Le plonge-o-thon sera suivi d'une collation-partage où les parents doivent fournir de la bouffe pour tous. Hourra. Donc aujourd'hui, je prépare la collation!

Mardi soir : Entraînement de plongeon. C'est aussi l'anniversaire de Petit Monsieur, soit dit en passant.

Mercredi soir : Piano et rendez-vous pour Petit Monsieur.

Jeudi soir : Entraînement de plongeon.

Vendredi soir : Rien pour le moment.

Comme l'Homme sera absent, je dois traîner Fillette à tout ça. Elle sera de bien bonne humeur.

Comme l'Homme sera absent, je devrai réveiller les enfants tôt le matin pour qu'ils aillent au service de garde de l'école.

Comme je devrai réveiller les enfants tôt le matin, ils seront fatigués et de mauvaise humeur.

Comme les enfants seront fatigués et de mauvaise humeur, je serai impatiente et exaspérée.

Comme je serai impatiente et exaspérée, j'en voudrai à l'Homme de nous planter là encore pendant une semaine.

Comme j'en voudrai à l'Homme de nous planter là pendant une semaine, je n'aurai pas du tout le goût de suivre ses précieux Bruins pour lui relater leurs exploits.

Conclusion : loin des yeux, loin du coeur (les Bruins, je veux dire).

lundi 21 mars 2011

La tolérance

Il y a une nouvelle émission à la télévision à 19 h que je juge vraiment inappropriée pour cette heure de diffusion. Les enfants ne sont pas encore au lit, et chaque fois qu’on tombe sur ce poste, je dois m’empresser de trouver autre chose, car pendant les 5 secondes où on tombe sur cette émission, on entend soit le mot sexe, drogue (et rock’n roll !!!!), suicide ou autre sujet que je n’ai pas nécessairement le goût d’aborder avec les enfants juste avant de les mettre au lit.

Justement, la semaine dernière, je zappais, les enfants assis près de moi. Arrivée sur cette chaîne, le temps que je constate que c’était encore cette foutue émission, on a eu le temps de voir une pimbèche s’approcher d’un gars assez loser et lui dire, d'un ton hautain et dégradant : il paraît que tu es gay.

Je change de poste aussitôt.

Petit Monsieur : Maman, pourquoi tu changes de poste vite comme ça, ne t’en fais pas, gai ça veut dire joyeux !
Fillette : Euh, non, pas toujours.
Petit Monsieur : Ah non ?
Fillette : Ça peut vouloir dire un homme qui aime un autre homme.
Petit Monsieur : …
Maman pieuvre : …
Petit Monsieur : Ah, comme lesbienne, mais pour hommes ?
Maman pieuvre, souriant : Oui, c’est ça.
Petit Monsieur : Ouache !!
Fillette : C’est rare ça, hein maman ?

On peut toujours compter sur Fillette pour amorcer LA discussion qu’on a TELLEMENT pas le goût d’avoir.

Maman pieuvre : Euh, non. Y’en a plein des gays.
Fillette, étonnée : Hein ????? Mais, ils ont l’air de quoi ???
Maman pieuvre, riant : Ben, de nous. Ils sont comme nous, il n’y a rien qui les distingue vraiment de nous.
Fillette, n’en revenant pas : Ça veut dire que j’en ai peut-être déjà vus ???
Maman pieuvre, omettant de lui dire qu’il y en a même dans sa propre famille : Ben oui !

Silence.

Fillette : Est-ce que c’est une maladie ?

Ok, on a du chemin à faire.

Maman pieuvre : Ben non.
Fillette : Mais pourquoi ils sont comme ça ?
Maman pieuvre, ne sachant pas trop comment expliquer ça : Ben ils sont comme ça dans leur cœur. Eux, ils sont attirés par des gens du même sexe qu’eux. Ils sont nés comme ça. L’important, c’est d’aimer quelqu’un et d’être aimé, peu importe si c’est un homme ou une femme, il faut être bien dans sa peau, et les gays, ils sont bien dans leur peau en aimant quelqu’un du même sexe qu’eux.

Fillette était songeuse.

Je vous le garantis, cette conversation n’est pas finie.

jeudi 17 mars 2011

Grandir (suite)

Le soir venu, Fillette était d'une humeur massacrante. Rien ne faisait son bonheur, elle disait qu'elle avait eu la pire journée, etc.

Petit Monsieur vient me voir à la première occasion, comme s'il avait pensé à ça toute la journée.

Petit Monsieur : Maman, est-ce qu'on parle à Fillette? Tu as oublié?

Maman pieuvre : Non, je n'ai pas oublié, mais ce n'est peut-être pas le moment idéal, elle n'est pas trop de bonne humeur...

Petit Monsieur : Ah.

Quelques moments plus tard, Fillette revient dans la cuisine et commence à me raconter ce qui s'est passé à l'école et qui la dérangeait tant. Je l'écoute, lui donne quelques conseils, fais quelques blagues. Elle rit. Elle retrouve sa bonne humeur.

Maman pieuvre à Fillette : Tu vois! Tu vas mieux maintenant que tu en as parlé. C'est pour ça (répétai-je pour la enième fois) que c'est important de le dire quand ça ne va pas!
Fillette, reluctante : Ouin...

Maman pieuvre, toussotant : Justement, Petit Monsieur voudrait te parler de quelque chose. Est-ce qu'il peut?
Fillette, surprise : Oui...

Petit Monsieur s'installe, se tordant les mains : Ben c'est juste que je trouve que depuis quelque temps, on dirait que tu n'es plus gentille avec moi. Des fois je dis des choses et tu réponds toujours on s'en fout...

Fillette hausse les sourcils.

Petit Monsieur, les larmes commençant à monter dans ses yeux, mais s'efforçant que ça ne paraisse pas : Quand tu dis ça, je pense que tu te fous de moi... et ça me fait de la peine...

(Chapeau Petit Monsieur! J'étais tellement fière.)

Il avale, inspire et est pendu aux lèvres de sa soeur. Je peux voir tout l'espoir dans ses yeux, mêlé à la crainte d'être rejeté comme une vieille chaussette...

Fillette, étonnée : Ah oui? Je m'excuse (wow!!! venant d'elle, c'est précieux!!!) Je me fous pas de toi du tout, je me foutais de bien écrire à l'ordi (je me retiens d'y aller de mon discours sur l'orthographe).
Maman pieuvre : Donc tu aimes encore ça faire des choses avec ton frère?
Fillette : Ben oui!
Maman pieuvre : Et tu te fous pas de lui ou de ce qu'il dit?
Fillette : Ben non. J'avoue que des fois, il fait des gaffes, mais c'est pas grave.

(Mais où est donc passée ma fille? Et qui est cette personne aussi conciliante???)

Et là, je vous assure, j'ai vu de mes propres yeux un énorme poids quitter les épaules de mon fils. Il s'est redressé, a souri. C'était beau à voir.

Petit Monsieur : Ok!

C'était réglé.

Un peu plus tard :

Maman pieuvre : Es-tu fier de toi?
Petit Monsieur : Pourquoi?
Maman pieuvre : D'avoir parlé à ta soeur de ce qui n'allait pas?
Petit Monsieur : Oui.
Maman pieuvre : Es-tu soulagé? Est-ce que ça va mieux?
Petit Monsieur : Oui.

Et je n'ai pu m'empêcher de lui faire un peu la morale, tout à coup une petite fraction de ce que je lui dis réussissait à se frayer un chemin dans son inconscient.

Maman pieuvre : Tu sais, tu dois te rappeler que tu peux TOUJOURS parler à quelqu'un. Ce n'est pas obligé d'être moi. Ça peut être ton père, ta soeur, ton prof, tes grands-parents, un autre adulte, des amis. Tu peux TOUJOURS demander de l'aide. Il y a TOUJOURS une solution. À tout. Même si dans ta tête tu ne le penses pas, il y a TOUJOURS une solution.

Petit Monsieur me regardait en silence. Il hoche la tête.

Pour le moment, le message est compris.

lundi 14 mars 2011

Grandir

Petit Monsieur est triste depuis quelque temps. Hier soir, quand il s'est couché, il m'a demandé s'il pouvait me parler.

Je m'étends à côté de lui.

Petit Monsieur : J'ai beaucoup de peine ces temps-ci.
Maman pieuvre : Pourquoi?
Petit Monsieur : On dirait que Fillette n'est plus pareille.
Maman pieuvre : Comment ça?
Petit Monsieur : Ben des fois, elle est pas gentille avec vous ou avec moi, elle dit toujours qu'elle s'en fout. On dirait qu'elle se fout de tout. Et de moi.
Maman pieuvre : Ah. Ben Fillette aura bientôt 11 ans, elle grandit, elle change, elle veut s'affirmer, elle devient une ado...
Petit Monsieur : On est pas ado à 11 ans (euh maintenant oui), pis elle est pas obligée de toujours se chicaner (à qui le dis-tu) et de se foutre de tout (tu l'as dit!!)
Maman pieuvre : Hum, tu as raison, mais ça ne veut pas dire qu'elle ne nous aime plus, elle...
Petit Monsieur : En tous cas moi je ferai pas ça! Je suis bien comme je suis et je ne changerai pas!
Maman pieuvre, riant : Toi aussi tu vas grandir et tu vas changer. Pis peu importe ton comportement, je vais savoir que c'est juste une phase parce que je connais qui tu es vraiment...
Petit Monsieur : Je veux pas que Fillette évolue.

Je me retiens de rire.

Maman pieuvre : Elle est toujours ta soeur, même si elle grandit, elle t'aime beaucoup quand même et ça ne changera pas.
Petit Monsieur, soupirant : C'est compliqué. C'est difficile à t'expliquer, mais je me sens tout petit quand elle me parle comme ça.

Je retiens mon souffle.

Maman pieuvre : Je trouve que tu l'expliques très bien.
Petit Monsieur : Hier, je lui ai juste dit qu'en anglais, ça s'écrivait color et non colur comme elle l'écrivait à l'ordi et elle me répond super bête : On s'en fout!!!!
Maman pieuvre : Ah ben ça c'est parce qu'elle voulait pas que son petit frère de 8 ans soit meilleur en orthographe anglaise qu'elle!!!
Petit Monsieur : À chaque chose que je dis ou que je propose, elle dit on s'en fout. Si elle se fout de moi, moi aussi je vais me foutre d'elle.
Maman pieuvre : Tu vas lui faire quelque chose que tu n'aimes pas qu'elle te fasse? C'est une bonne idée ça?
Petit Monsieur : Ben je sais pas quoi faire!
Maman pieuvre : Parle-lui, dis-lui comment tu te sens quand elle est bête avec toi.
Petit Monsieur : Elle va dire on s'en fout!
Maman pieuvre : Il faut que tu essaies, si ça marche tu seras content! Si ça marche pas, on pensera à autre chose, y'a toujours une solution.
Petit Monsieur : Vas-tu être avec moi?
Maman pieuvre, qui se doute de la réaction de Fillette : Si tu veux...
Petit Monsieur : Mais si tu oublies demain?
Maman pieuvre : J'oublierai pas, c'est important pour toi.
Petit Monsieur : Au moins j'exprime mes émotions et je le dis quand ça va pas!!!!
Maman pieuvre, riant : Oui, et tu fais très bien ça et continue.

Petit Monsieur, qui, depuis toujours, voue une admiration sans bornes à sa grande soeur. Il sent qu'elle se détache de lui peu à peu et a l'impression de la perdre. Elle grandit, et ça le fait grandir aussi. Il ne veut pas que ça change.

La conversation de ce soir promet!!!

lundi 7 mars 2011

Un retour haut en couleurs

C'est fait. Nous sommes (malheureusement) de retour. Une petite semaine, trop courte. Comme toujours. L'an prochain, lors de notre voyage annuel de janvier avec les enfants, nous partirons 11 jours. On a eu notre leçon.

Le tout a débuté avec petit Monsieur qui, la VEILLE de notre départ, a vidé le reste de son bol de céréales dans la toilette et a tiré la chasse... avec la cuillère au fond. Bon. Une salle de bains qui doit être condamnée jusqu'à ce qu'un plombier nous vienne en renfort. Comme je n'avais pas le goût de penser à tout ça juste avant qu'on parte, je n'ai rien fait. Je dois appeler le plombier d'ailleurs. Pas de salle de bain au rez-de-chaussée, c'est assez casse-pieds.

Petit Monsieur et Fillette devaient aller chez ma mère pendant que l'Homme et moi allions à Antigua pour la semaine. Au milieu de la semaine, ma mère devait aller reconduire Petit Monsieur au village des athlètes parce qu'il participait aux Jeux du Québec.

Par quoi commencer?

Le voyage.

On se croyait dans une publicité de Corona. Le sable blanc, la mer turquoise, presque toujours seuls, c'était incroyable. Même si il y a souvent eu des nuages, la beauté de l'île était à couper le souffle. Les plages et la végétation surtout. Parce qu'en ville, c'est pauvre. En décrépitude. Les chiens errants partout, les chevaux, les coqs et les chèvres en liberté, on se demandait comment un endroit aussi beau pouvait être aussi pauvre.

Berlusconi a une villa sur l'île. Est-ce l'antre de partouzes effrénées?? Bref, il y a des endroits où on se demandait vraiment qui habitait dans ces maisons aussi grosses et luxueuses. C'est partout pareil : des coins très riches côtoient des maisonnettes délabrées.

C'est une île anglaise, donc conduite à gauche de la route obligée. Ouf. On a fini par s'habituer, mais l'Homme a passé la semaine à actionner les essuie-glace au lieu des clignotants, car dans la voiture, tout est inversé. Le volant à droite, les clignotants à droite, la boîte de transmission à gauche, etc. On ne s'est pas habitués à ça de la semaine.

Le mercredi, c'était le grand jour de Petit Monsieur. Les propriétaires de notre appartement nous ont gentiment prêté leur ordinateur portable pour qu'on puisse le regarder sur Internet. Ils l'ont même regardé avec nous.

Petit Monsieur plongeait le premier de tous les plongeurs de la compétition!! Quelle pression!!

On l'a regardé exécuter ses 4 figures. Entre vous et moi, il n'était pas à son meilleur hihi... on l'a vu plonger beaucoup mieux que ça. On était très impressionnés parce qu'il y avait un commentateur et un analyste qui décrivaient l'action. Très professionnel comme webcast.

Il était dans la catégorie des 11 ans et moins (il a 8 ans). Il s'est classé 15e sur 23. Pas si mal compte tenu que les plus grands faisaient des doubles périlleux dont les degrés de difficulté étaient largement plus élevés que ses figures à lui. Pour une première compétition provinciale, c'est pas mal. On était bien contents de l'avoir vu de notre île.

Tout a commencé à aller moins bien le jour de notre départ. Notre avion devait quitter Antigua à 17 h. Premièrement, c'est automatique : dès qu'on quitte l'île, toutes les valises sont systématiquement fouillées. Ça nous avait tout pris pour la fermer, elle débordait. Allez, hop, on ouvre le tout, on sort le tout et débrouillez-vous pour refermer le tout.

Vers 16 h, on entend à l'intercom que le vol en provenance de Montréal avait 2 heures de retard. Comme c'est le vol qu'on prenait pour s'en aller, on savait que c'était de mauvais augure. On a pensé qu'il y avait peut-être une tempête.

On entend à travers les branches que ce vol devait passer par la Guadeloupe avant de venir nous chercher. On ne comprenait rien. Toujours est-il que finalement, on embarque dans l'avion vers 19 h 30 et l'équipage nous apprend que les employés au sol ont déclenché une grève spontanée et qu'ils refusent de ravitailler l'avion en carburant. Nous devons donc faire 1 h 45 d'avion vers la République dominicaine (mouvement latéral qui ne nous approche aucunement de notre profit) pour aller faire le plein avant de rentrer à Montréal. Bref, au lieu d'arriver à 21 h 30, nous sommes arrivés à 2 h 30.

À la pluie battante.

Après une courte nuit chez ma mère, on est rentrés à la maison le lendemain et quelle ne fut pas notre surprise de voir qu'il y avait PLUS de neige qu'à notre départ. Ouache.

Sur le répondeur à la maison, des messages d'un journaliste qui voulait une entrevue avec moi à propos de mon fils (!!!!!!). Il était le plus jeune délégué de notre région (sur 185) à aller aux Jeux du Québec. Comme j'étais absente, je n'ai pu parler avec lui. Mais par curiosité, je vais sur Google et j'entre le nom de Petit Monsieur, et plusieurs entrées pertinentes s'affichent (c'est fou quand son fils de 8 ans peut être « googlé »!!!).

Il y avait un article complet sur lui dans le journal avec une photo de son joli minois. Le journaliste lui avait posé des questions et avait rencontré son entaîneure. J'étais assez énervée merci!! Il a même été comparé à Alexandre Despatie (médaillé olympique et triple champion du monde).

Wow!!!!!

Ça finissait bien notre semaine!

Maman pieuvre à Petit Monsieur : Tu as donné une entrevue à un journaliste?
Petit Monsieur : Non...
Maman pieuvre : Ben le Monsieur t'a posé des questions et il a écrit un article sur toi!
Petit Monsieur : Ah oui, y'a quelqu'un qui m'a parlé, mais je savais pas c'était qui...

Au moins il se prend pas au sérieux!!