Ce matin, j'arrive au bureau et j'ouvre ma huche dans laquelle je range ma crème à main, un pot d'amandes, une boîte de métal contenant des biscottes, une bouteille d'Advil, une boîte de thé Earl Grey et mon pot de beurre d'arachides. Parfois, quand j'ai une fringale, je mange une poignée d'amandes ou j'enduis quelques craquelins de beurre d'arachides.
Aujourd'hui, oh, suprise! La moitié de l'étiquette de mon pot de beurre d'arachides était grugée et des petites crottes de souris jonchaient ma huche.
Une souris un peu trop fanfaronne avait décidé d'essayer de percer l'épais plastique de mon pot (neuf) de beurre d'arachides.
Ouache.
Je savais que je devais envoyer une requête à la Gestion des locaux pour qu'ils viennent mettre des trapes et s'occuper de tout ça, mais je ne savais pas comment.
Comme presque personne n'est au bureau aujourd'hui, j'ai dû faire un effort pour aller m'informer auprès de l'Étrange M.
Elle me montre sur son ordi quel programme ouvrir pour faire une requête. Je la remercie.
L'Étrange M., excitée : Tu as des souris?
Maman pieuvre : Oui.
L'Étrange M., fébrile : Je peux voir?
Je hausse les sourcils et me dirige vers mon bureau. Elle me suit comme une tache.
J'ouvre ma huche et lui montre les dégâts. Elle en profite pour faire un inventaire rapide du contenu en me demandant : c'est quoi ça? ou encore : tu prends cette marque de crème à main? etc. Elle était pas mal fouineuse, la collègue.
Tout à coup, j'aperçois qu'elle porte son laissez-passer du bureau à la taille, et le nom qui y figure est un nom composé.
Maman pieuvre : Tu t'appelles M-XXX?
L'Étrange M. : Oui.
Maman pieuvre : Tu trouves ça trop long? C'est pour ça que tu te fais appeler M.?
L'Étrange M. s'asseoit dans mon bureau, prête pour une longue explication.
L'Étrange M. : C'est que M-XXX c'est le nom de ma mère et JE NE VEUX PAS PORTER LE NOM DE MA MÈRE PARCE QUE J'AI LE DROIT.
Maman pieuvre, un peu surprise de cet élan enflammé : Ah bon.
L'Étrange M. : Je vais peut-être changer de nom légalement.
Maman pieuvre : Ah oui? Pour que tu sois officiellement M.?
L'Étrange M. : Non, pour un autre nom complètement différent.
Maman pieuvre : ...
L'Étrange M. : Il faut beaucoup de courage pour faire ça.
Maman pieuvre : ...
L'Étrange M. : J'ai un nom en tête, mais je ne veux pas le dire.
Maman pieuvre : Ah, c'est un nom inhabituel? Genre Rivière ou Pissenlit?
L'Étrange M., rougissant : C'est un nom tout à fait nomal. Mais je veux bien analyser l'expression des gens quand je vais leur annoncer, voir s'ils aiment ça ou non, l'expression des yeux, s'ils font la moue, etc.
Maman pieuvre : On s'en fout de ce que les gens pensent, l'important c'est toi, tu changes de nom, tu choisis un nom que tu aimes et c'est tout.
L'Étrange M. me regardait comme si j'étais la réincarnation de Socrate tellement elle était fascinée par mon immense sagesse.
Je dois vous avouer que je suis trop curieuse et que je ferai tout en mon pouvoir pour découvrir quel serait ce nouveau prénom.
Encore une fois, je mets un homme là-dessus!
vendredi 27 mai 2011
vendredi 6 mai 2011
La politique selon Fillette
Fillette s'est sentie lésée de n'avoir pu voter aux dernières élections fédérales.
Fillette : J'ai hâte de pouvoir voter. Pourquoi j'ai pas le droit?
Maman pieuvre : Parce qu'il faut avoir 18 ans pour voter.
Fillette : Pourquoi?
Maman pieuvre : Parce qu'en bas de 18 ans, tu es mineure, il faut être majeur pour voter, c'est la loi. En plus il faut que tu comprennes la politique pour savoir pour qui voter.
Fillette, outrée : Je comprends la politique!
Maman pieuvre, qui ne voulait pas s'obstiner : Ben tant mieux.
Fillette, pompée : C'est des gens qui nous disent plein de belles choses parce qu'ils veulent absolument qu'on vote pour eux. Ensuite, si on trouve qu'ils n'ont rien fait de bon, la prochaine fois, on vote pour quelqu'un d'autre.
Maman pieuvre : ...
Les enfants de 10 ans devraient avoir le droit de voter.
Fillette : J'ai hâte de pouvoir voter. Pourquoi j'ai pas le droit?
Maman pieuvre : Parce qu'il faut avoir 18 ans pour voter.
Fillette : Pourquoi?
Maman pieuvre : Parce qu'en bas de 18 ans, tu es mineure, il faut être majeur pour voter, c'est la loi. En plus il faut que tu comprennes la politique pour savoir pour qui voter.
Fillette, outrée : Je comprends la politique!
Maman pieuvre, qui ne voulait pas s'obstiner : Ben tant mieux.
Fillette, pompée : C'est des gens qui nous disent plein de belles choses parce qu'ils veulent absolument qu'on vote pour eux. Ensuite, si on trouve qu'ils n'ont rien fait de bon, la prochaine fois, on vote pour quelqu'un d'autre.
Maman pieuvre : ...
Les enfants de 10 ans devraient avoir le droit de voter.
mardi 3 mai 2011
Mon poussin
Pout toi, Petit Monsieur, qui a 9 ans aujourd'hui et qui a besoin de tant d'amour :
1. Parce que tu es mon seul garçon
2. Parce que tu es mon dernier enfant
3. Pour tes grands yeux clairs
4. Pour ton odeur quand je t’embrasse dans le cou le matin
5. Pour tes cheveux droits dans les airs quand tu te réveilles
6. Parce que tu as un cœur gros comme la Terre
7. Parce que tu me fais rire
8. Parce que tu me dis ce qui ne va pas
9. Parce que tu me dis quand tu aimes mes repas
10. Parce que tu viens encore t’asseoir sur moi parfois
11. Pour ton esprit vif et ta grande curiosité
12. Parce que tu es un grand rêveur et un grand voyageur
13. Pour tes taches de rousseur sur ton nez
14. Pour la douceur de tes joues
15. Parce que tu es un vrai poisson
16. Parce que tu aimes être bien coiffé et sentir bon
17. Parce que tu chantes tellement bien
18. Parce que tu es le meilleur des frères
19. Parce que tu es toujours prêt à aider les autres
20. Parce que tu n’aimes pas quand les autres ont mal
21. Parce que tu es persévérant
22. Parce que tu es reconnaissant
23. Parce qu’on peut compter sur toi
24. Parce que tu encourages et félicites les autres
25. Parce que tu es le meilleur garçon dont on pouvait rêver
25 raisons pour lesquelles je t’aime
1. Parce que tu es mon seul garçon
2. Parce que tu es mon dernier enfant
3. Pour tes grands yeux clairs
4. Pour ton odeur quand je t’embrasse dans le cou le matin
5. Pour tes cheveux droits dans les airs quand tu te réveilles
6. Parce que tu as un cœur gros comme la Terre
7. Parce que tu me fais rire
8. Parce que tu me dis ce qui ne va pas
9. Parce que tu me dis quand tu aimes mes repas
10. Parce que tu viens encore t’asseoir sur moi parfois
11. Pour ton esprit vif et ta grande curiosité
12. Parce que tu es un grand rêveur et un grand voyageur
13. Pour tes taches de rousseur sur ton nez
14. Pour la douceur de tes joues
15. Parce que tu es un vrai poisson
16. Parce que tu aimes être bien coiffé et sentir bon
17. Parce que tu chantes tellement bien
18. Parce que tu es le meilleur des frères
19. Parce que tu es toujours prêt à aider les autres
20. Parce que tu n’aimes pas quand les autres ont mal
21. Parce que tu es persévérant
22. Parce que tu es reconnaissant
23. Parce qu’on peut compter sur toi
24. Parce que tu encourages et félicites les autres
25. Parce que tu es le meilleur garçon dont on pouvait rêver
dimanche 1 mai 2011
Le départ de l'Homme
Encore une fois, l'Homme quitte demain pour... Paris. Que fera-t-il sans ses Bruins de Boston qu'il ne verra pas jouer de la semaine??? Je m'attends à quelques courriels me demandant des comptes-rendus détaillés (comme si je n'avais que ça à faire, écouter SON équipe).
Je m'attends aussi à quelques anecdotes parisiennes, parce que la dernière fois, rien à signaler!!
En attendant, voici notre horaire de la semaine pendant qu'il sera sur un autre continent.
Lundi soir : Plonge-o-thon. Activité visant à amasser des fonds pour réduire les frais d'incription aux compétitions de plongeon. Petit Monsieur s'est engagé à exécuter 75 plongeons en une heure (si je sais bien compter, c'est plus qu'un plongeon par minute... il me semble que le temps de monter sur le tremplin et de nager jusqu'au bord... mais bon, je lui fais confiance...) Le plonge-o-thon sera suivi d'une collation-partage où les parents doivent fournir de la bouffe pour tous. Hourra. Donc aujourd'hui, je prépare la collation!
Mardi soir : Entraînement de plongeon. C'est aussi l'anniversaire de Petit Monsieur, soit dit en passant.
Mercredi soir : Piano et rendez-vous pour Petit Monsieur.
Jeudi soir : Entraînement de plongeon.
Vendredi soir : Rien pour le moment.
Comme l'Homme sera absent, je dois traîner Fillette à tout ça. Elle sera de bien bonne humeur.
Comme l'Homme sera absent, je devrai réveiller les enfants tôt le matin pour qu'ils aillent au service de garde de l'école.
Comme je devrai réveiller les enfants tôt le matin, ils seront fatigués et de mauvaise humeur.
Comme les enfants seront fatigués et de mauvaise humeur, je serai impatiente et exaspérée.
Comme je serai impatiente et exaspérée, j'en voudrai à l'Homme de nous planter là encore pendant une semaine.
Comme j'en voudrai à l'Homme de nous planter là pendant une semaine, je n'aurai pas du tout le goût de suivre ses précieux Bruins pour lui relater leurs exploits.
Conclusion : loin des yeux, loin du coeur (les Bruins, je veux dire).
Je m'attends aussi à quelques anecdotes parisiennes, parce que la dernière fois, rien à signaler!!
En attendant, voici notre horaire de la semaine pendant qu'il sera sur un autre continent.
Lundi soir : Plonge-o-thon. Activité visant à amasser des fonds pour réduire les frais d'incription aux compétitions de plongeon. Petit Monsieur s'est engagé à exécuter 75 plongeons en une heure (si je sais bien compter, c'est plus qu'un plongeon par minute... il me semble que le temps de monter sur le tremplin et de nager jusqu'au bord... mais bon, je lui fais confiance...) Le plonge-o-thon sera suivi d'une collation-partage où les parents doivent fournir de la bouffe pour tous. Hourra. Donc aujourd'hui, je prépare la collation!
Mardi soir : Entraînement de plongeon. C'est aussi l'anniversaire de Petit Monsieur, soit dit en passant.
Mercredi soir : Piano et rendez-vous pour Petit Monsieur.
Jeudi soir : Entraînement de plongeon.
Vendredi soir : Rien pour le moment.
Comme l'Homme sera absent, je dois traîner Fillette à tout ça. Elle sera de bien bonne humeur.
Comme l'Homme sera absent, je devrai réveiller les enfants tôt le matin pour qu'ils aillent au service de garde de l'école.
Comme je devrai réveiller les enfants tôt le matin, ils seront fatigués et de mauvaise humeur.
Comme les enfants seront fatigués et de mauvaise humeur, je serai impatiente et exaspérée.
Comme je serai impatiente et exaspérée, j'en voudrai à l'Homme de nous planter là encore pendant une semaine.
Comme j'en voudrai à l'Homme de nous planter là pendant une semaine, je n'aurai pas du tout le goût de suivre ses précieux Bruins pour lui relater leurs exploits.
Conclusion : loin des yeux, loin du coeur (les Bruins, je veux dire).
lundi 11 avril 2011
Les mensonges de Goering
Comme je l'ai déjà dit ici, quand Goering est au bureau, elle ne mange ni ne boit ni ne va à la salle de bain de la journée. Elle a une phobie des microbes et ne fait confiance à personne. La semaine dernière, elle a décidé d'organiser un repas pour tout le groupe dont le but était qu'on lui fasse part de nos mécontentements, nos suggestions, etc. Dix-sept personnes ont répondu à l'appel (je n'en fais pas partie, vu que je ne suis pas employée ici). Pour souligner l'événement, elle avait réservé une salle de conférence, avait mis des napperons noirs, de la vaisselle blanche, des chandelles au centre de la table, bref, quand je suis passée devant la salle, on se serait crus à Parler pour parler (ex-émission de télévision animée par Janette Bertrand dont le concept était de réunir des personnalités hétéroclites autour d'un bon repas pour les faire parler). Comme on dit en bon québécois, elle avait mis le paquet. Elle avait aussi fourni tout le lunch. Wraps, sandwiches, salades, baklavas, café, etc. Son bureau n'est pas tellement loin du mien. Quelques heures avant le fameux lunch, je l'entends parler avec J. qui l'aide à placer la salle. Goering : J'ai commandé de la nourriture pour 17 personnes. Je ne me suis pas comptée dans les 17. J. : Est-ce que je te mets quand même un napperon et une assiette? Goering : Oui, même si je ne mangerai pas, je ne mange pas beaucoup au bureau (plutôt pas du tout, oui!!) J. : Hmm, tout le monde le sait, tu n'es pas au courant, mais ça parle beaucoup ici et les gens n'en reviennent pas qu'ils ne te voient jamais manger ou boire... (Tais-toi, pour l'amour!!!!) Goering : Ah oui??? J. : Oui, c'est une vraie joke ici. (Bon remets-en une autre couche pour voir!!!!) Goering : Ah, bien je souffre d'allergies alimentaires, je ne peux pas manger n'importe quoi. J. : Ah bon... Goering : C'est très dangereux les allergies alimentaires... J. : ... Goering : Bon, est-ce que tu apporterais les bouteilles d'eau svp? Un peu plus tard, J. vient me voir pour me raconter ça. Et moi, avec mon puissant esprit de déduction, je ne suis pas dupe. Mais pas du tout. Maman pieuvre : C'est plate, mais elle t'a niaisée. J. : Ben elle m'a dit qu'elle avait des allergies! Maman pieuvre : Ah oui? C'est dommage qu'elle ait pris la peine de faire faire tout un lunch pour nous et qu'elle n'était absolument pas capable de se faire faire quelque chose juste pour elle ou encore d'apporter quelque chose de chez elle pour accompagner l'équipe. J., bégayant : Euh... euh... Maman pieuvre : Le fait demeure qu'elle ne veut pas manger ailleurs que chez elle, et ce n'est pas du tout une question d'allergies. Elle a dit ça et espère maintenant que le sujet soit clos. Mais tant qu'à moi, la situation est pire, parce qu'elle a menti. J. : Vu comme ça... Maman pieuvre : Penses-y : elle est allergique au pain, aux tortillas, au poulet, à la dinde, au rôti, au jambon, aux cubes de fromage, aux raisins, aux craquelins, aux baklavas, au café, à la laitue, aux crudités, aux pâtes, à TOUT ÇA???? Il n'y avait RIEN, même pas une petite grappe de raisins rouges ou de fines tranches de pomme qui auraient pu lui permettre de grignoter un peu??? J. : Ouais... Maman pieuvre : C'est la pire excuse que j'ai jamais entendue. Petit Monsieur a des allergies, et j'aurais été capable de lui trouver quelque chose à manger dans tout ça (et il y avait BEAUCOUP de bouffe). J. : Peut-être qu'elle a menti... Maman pieuvre : C'était facile comme excuse... J. : Le mystère n'est pas résolu! Maman pieuvre : Heureusement!
lundi 21 mars 2011
La tolérance
Il y a une nouvelle émission à la télévision à 19 h que je juge vraiment inappropriée pour cette heure de diffusion. Les enfants ne sont pas encore au lit, et chaque fois qu’on tombe sur ce poste, je dois m’empresser de trouver autre chose, car pendant les 5 secondes où on tombe sur cette émission, on entend soit le mot sexe, drogue (et rock’n roll !!!!), suicide ou autre sujet que je n’ai pas nécessairement le goût d’aborder avec les enfants juste avant de les mettre au lit.
Justement, la semaine dernière, je zappais, les enfants assis près de moi. Arrivée sur cette chaîne, le temps que je constate que c’était encore cette foutue émission, on a eu le temps de voir une pimbèche s’approcher d’un gars assez loser et lui dire, d'un ton hautain et dégradant : il paraît que tu es gay.
Je change de poste aussitôt.
Petit Monsieur : Maman, pourquoi tu changes de poste vite comme ça, ne t’en fais pas, gai ça veut dire joyeux !
Fillette : Euh, non, pas toujours.
Petit Monsieur : Ah non ?
Fillette : Ça peut vouloir dire un homme qui aime un autre homme.
Petit Monsieur : …
Maman pieuvre : …
Petit Monsieur : Ah, comme lesbienne, mais pour hommes ?
Maman pieuvre, souriant : Oui, c’est ça.
Petit Monsieur : Ouache !!
Fillette : C’est rare ça, hein maman ?
On peut toujours compter sur Fillette pour amorcer LA discussion qu’on a TELLEMENT pas le goût d’avoir.
Maman pieuvre : Euh, non. Y’en a plein des gays.
Fillette, étonnée : Hein ????? Mais, ils ont l’air de quoi ???
Maman pieuvre, riant : Ben, de nous. Ils sont comme nous, il n’y a rien qui les distingue vraiment de nous.
Fillette, n’en revenant pas : Ça veut dire que j’en ai peut-être déjà vus ???
Maman pieuvre, omettant de lui dire qu’il y en a même dans sa propre famille : Ben oui !
Silence.
Fillette : Est-ce que c’est une maladie ?
Ok, on a du chemin à faire.
Maman pieuvre : Ben non.
Fillette : Mais pourquoi ils sont comme ça ?
Maman pieuvre, ne sachant pas trop comment expliquer ça : Ben ils sont comme ça dans leur cœur. Eux, ils sont attirés par des gens du même sexe qu’eux. Ils sont nés comme ça. L’important, c’est d’aimer quelqu’un et d’être aimé, peu importe si c’est un homme ou une femme, il faut être bien dans sa peau, et les gays, ils sont bien dans leur peau en aimant quelqu’un du même sexe qu’eux.
Fillette était songeuse.
Je vous le garantis, cette conversation n’est pas finie.
Justement, la semaine dernière, je zappais, les enfants assis près de moi. Arrivée sur cette chaîne, le temps que je constate que c’était encore cette foutue émission, on a eu le temps de voir une pimbèche s’approcher d’un gars assez loser et lui dire, d'un ton hautain et dégradant : il paraît que tu es gay.
Je change de poste aussitôt.
Petit Monsieur : Maman, pourquoi tu changes de poste vite comme ça, ne t’en fais pas, gai ça veut dire joyeux !
Fillette : Euh, non, pas toujours.
Petit Monsieur : Ah non ?
Fillette : Ça peut vouloir dire un homme qui aime un autre homme.
Petit Monsieur : …
Maman pieuvre : …
Petit Monsieur : Ah, comme lesbienne, mais pour hommes ?
Maman pieuvre, souriant : Oui, c’est ça.
Petit Monsieur : Ouache !!
Fillette : C’est rare ça, hein maman ?
On peut toujours compter sur Fillette pour amorcer LA discussion qu’on a TELLEMENT pas le goût d’avoir.
Maman pieuvre : Euh, non. Y’en a plein des gays.
Fillette, étonnée : Hein ????? Mais, ils ont l’air de quoi ???
Maman pieuvre, riant : Ben, de nous. Ils sont comme nous, il n’y a rien qui les distingue vraiment de nous.
Fillette, n’en revenant pas : Ça veut dire que j’en ai peut-être déjà vus ???
Maman pieuvre, omettant de lui dire qu’il y en a même dans sa propre famille : Ben oui !
Silence.
Fillette : Est-ce que c’est une maladie ?
Ok, on a du chemin à faire.
Maman pieuvre : Ben non.
Fillette : Mais pourquoi ils sont comme ça ?
Maman pieuvre, ne sachant pas trop comment expliquer ça : Ben ils sont comme ça dans leur cœur. Eux, ils sont attirés par des gens du même sexe qu’eux. Ils sont nés comme ça. L’important, c’est d’aimer quelqu’un et d’être aimé, peu importe si c’est un homme ou une femme, il faut être bien dans sa peau, et les gays, ils sont bien dans leur peau en aimant quelqu’un du même sexe qu’eux.
Fillette était songeuse.
Je vous le garantis, cette conversation n’est pas finie.
jeudi 17 mars 2011
Grandir (suite)
Le soir venu, Fillette était d'une humeur massacrante. Rien ne faisait son bonheur, elle disait qu'elle avait eu la pire journée, etc.
Petit Monsieur vient me voir à la première occasion, comme s'il avait pensé à ça toute la journée.
Petit Monsieur : Maman, est-ce qu'on parle à Fillette? Tu as oublié?
Maman pieuvre : Non, je n'ai pas oublié, mais ce n'est peut-être pas le moment idéal, elle n'est pas trop de bonne humeur...
Petit Monsieur : Ah.
Quelques moments plus tard, Fillette revient dans la cuisine et commence à me raconter ce qui s'est passé à l'école et qui la dérangeait tant. Je l'écoute, lui donne quelques conseils, fais quelques blagues. Elle rit. Elle retrouve sa bonne humeur.
Maman pieuvre à Fillette : Tu vois! Tu vas mieux maintenant que tu en as parlé. C'est pour ça (répétai-je pour la enième fois) que c'est important de le dire quand ça ne va pas!
Fillette, reluctante : Ouin...
Maman pieuvre, toussotant : Justement, Petit Monsieur voudrait te parler de quelque chose. Est-ce qu'il peut?
Fillette, surprise : Oui...
Petit Monsieur s'installe, se tordant les mains : Ben c'est juste que je trouve que depuis quelque temps, on dirait que tu n'es plus gentille avec moi. Des fois je dis des choses et tu réponds toujours on s'en fout...
Fillette hausse les sourcils.
Petit Monsieur, les larmes commençant à monter dans ses yeux, mais s'efforçant que ça ne paraisse pas : Quand tu dis ça, je pense que tu te fous de moi... et ça me fait de la peine...
(Chapeau Petit Monsieur! J'étais tellement fière.)
Il avale, inspire et est pendu aux lèvres de sa soeur. Je peux voir tout l'espoir dans ses yeux, mêlé à la crainte d'être rejeté comme une vieille chaussette...
Fillette, étonnée : Ah oui? Je m'excuse (wow!!! venant d'elle, c'est précieux!!!) Je me fous pas de toi du tout, je me foutais de bien écrire à l'ordi (je me retiens d'y aller de mon discours sur l'orthographe).
Maman pieuvre : Donc tu aimes encore ça faire des choses avec ton frère?
Fillette : Ben oui!
Maman pieuvre : Et tu te fous pas de lui ou de ce qu'il dit?
Fillette : Ben non. J'avoue que des fois, il fait des gaffes, mais c'est pas grave.
(Mais où est donc passée ma fille? Et qui est cette personne aussi conciliante???)
Et là, je vous assure, j'ai vu de mes propres yeux un énorme poids quitter les épaules de mon fils. Il s'est redressé, a souri. C'était beau à voir.
Petit Monsieur : Ok!
C'était réglé.
Un peu plus tard :
Maman pieuvre : Es-tu fier de toi?
Petit Monsieur : Pourquoi?
Maman pieuvre : D'avoir parlé à ta soeur de ce qui n'allait pas?
Petit Monsieur : Oui.
Maman pieuvre : Es-tu soulagé? Est-ce que ça va mieux?
Petit Monsieur : Oui.
Et je n'ai pu m'empêcher de lui faire un peu la morale, tout à coup une petite fraction de ce que je lui dis réussissait à se frayer un chemin dans son inconscient.
Maman pieuvre : Tu sais, tu dois te rappeler que tu peux TOUJOURS parler à quelqu'un. Ce n'est pas obligé d'être moi. Ça peut être ton père, ta soeur, ton prof, tes grands-parents, un autre adulte, des amis. Tu peux TOUJOURS demander de l'aide. Il y a TOUJOURS une solution. À tout. Même si dans ta tête tu ne le penses pas, il y a TOUJOURS une solution.
Petit Monsieur me regardait en silence. Il hoche la tête.
Pour le moment, le message est compris.
Petit Monsieur vient me voir à la première occasion, comme s'il avait pensé à ça toute la journée.
Petit Monsieur : Maman, est-ce qu'on parle à Fillette? Tu as oublié?
Maman pieuvre : Non, je n'ai pas oublié, mais ce n'est peut-être pas le moment idéal, elle n'est pas trop de bonne humeur...
Petit Monsieur : Ah.
Quelques moments plus tard, Fillette revient dans la cuisine et commence à me raconter ce qui s'est passé à l'école et qui la dérangeait tant. Je l'écoute, lui donne quelques conseils, fais quelques blagues. Elle rit. Elle retrouve sa bonne humeur.
Maman pieuvre à Fillette : Tu vois! Tu vas mieux maintenant que tu en as parlé. C'est pour ça (répétai-je pour la enième fois) que c'est important de le dire quand ça ne va pas!
Fillette, reluctante : Ouin...
Maman pieuvre, toussotant : Justement, Petit Monsieur voudrait te parler de quelque chose. Est-ce qu'il peut?
Fillette, surprise : Oui...
Petit Monsieur s'installe, se tordant les mains : Ben c'est juste que je trouve que depuis quelque temps, on dirait que tu n'es plus gentille avec moi. Des fois je dis des choses et tu réponds toujours on s'en fout...
Fillette hausse les sourcils.
Petit Monsieur, les larmes commençant à monter dans ses yeux, mais s'efforçant que ça ne paraisse pas : Quand tu dis ça, je pense que tu te fous de moi... et ça me fait de la peine...
(Chapeau Petit Monsieur! J'étais tellement fière.)
Il avale, inspire et est pendu aux lèvres de sa soeur. Je peux voir tout l'espoir dans ses yeux, mêlé à la crainte d'être rejeté comme une vieille chaussette...
Fillette, étonnée : Ah oui? Je m'excuse (wow!!! venant d'elle, c'est précieux!!!) Je me fous pas de toi du tout, je me foutais de bien écrire à l'ordi (je me retiens d'y aller de mon discours sur l'orthographe).
Maman pieuvre : Donc tu aimes encore ça faire des choses avec ton frère?
Fillette : Ben oui!
Maman pieuvre : Et tu te fous pas de lui ou de ce qu'il dit?
Fillette : Ben non. J'avoue que des fois, il fait des gaffes, mais c'est pas grave.
(Mais où est donc passée ma fille? Et qui est cette personne aussi conciliante???)
Et là, je vous assure, j'ai vu de mes propres yeux un énorme poids quitter les épaules de mon fils. Il s'est redressé, a souri. C'était beau à voir.
Petit Monsieur : Ok!
C'était réglé.
Un peu plus tard :
Maman pieuvre : Es-tu fier de toi?
Petit Monsieur : Pourquoi?
Maman pieuvre : D'avoir parlé à ta soeur de ce qui n'allait pas?
Petit Monsieur : Oui.
Maman pieuvre : Es-tu soulagé? Est-ce que ça va mieux?
Petit Monsieur : Oui.
Et je n'ai pu m'empêcher de lui faire un peu la morale, tout à coup une petite fraction de ce que je lui dis réussissait à se frayer un chemin dans son inconscient.
Maman pieuvre : Tu sais, tu dois te rappeler que tu peux TOUJOURS parler à quelqu'un. Ce n'est pas obligé d'être moi. Ça peut être ton père, ta soeur, ton prof, tes grands-parents, un autre adulte, des amis. Tu peux TOUJOURS demander de l'aide. Il y a TOUJOURS une solution. À tout. Même si dans ta tête tu ne le penses pas, il y a TOUJOURS une solution.
Petit Monsieur me regardait en silence. Il hoche la tête.
Pour le moment, le message est compris.
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