vendredi 17 octobre 2008

Tentative de sortie

L'Homme et moi ne sortons presque jamais. C'est vrai. Avec nos semaines occupées, la routine, les activités, quand vient le soir, on a souvent qu'une seule envie : envie de rien.

Parfois, simplement le fait de se demander où on sort, de faire les réservations, de trouver une gardienne fiable qui soit disponible, de se préparer, de combattre la fatigue, de savoir que les enfants, qui se sont couchés tard avec la gardienne, seront fatigués le lendemain, et la perspective d'un mal de tête du lendemain de veille, tout cela est épuisant.

La preuve : c'était notre anniversaire la semaine dernière. J'appelle au resto où on avait décidé de récidiver, complet pour ce soir, complet pour demain. Un peu décevant. Pour une fois qu'on sort!! Je réserve donc pour vendredi prochain, 2 semaines après notre anniversaire! Ce n'est plus vraiment pertinent mais bon. On fait un effort. Reste la gardienne! Comme elles sont à l'école, je devrai attendre à ce soir pour les appeler. Mais comme d'habitude, ça me sortira de l'idée, le temps va passer et tout à coup je vais me rendre compte qu'on a pas encore de gardienne pour vendredi soir prochain. En plus du fait que le samedi Petit Monsieur a un cours de tennis à 9h, ça nous pendra au-dessus de la tête pendant toute la soirée. Pas de grasse matinée le lendemain.

On aurait pu aller ailleurs, penserez-vous avec raison. Mais si vous connaissiez l'endroit où on va, en pleine forêt automnale, avec un bon feu crépitant au centre, les planchers de bois qui craquent et les arômes de foie gras poêlé, de mijotés et de potages réconfortants, vous sauriez que ça en vaut l'attente.

Et si jamais on n'avait pas de gardienne, je ne me demanderai plus pourquoi je trouve cela si compliqué sortir en couple!

jeudi 9 octobre 2008

L'indépendance

Fillette : Maman, j'aimerais TELLEMENT ça avoir un animal domestique.
Maman pieuvre : Je sais ma belle, mais Papa est allergique. Quand tu seras grande et que tu auras ton appartement, est-ce que tu auras un chat?
Fillette : Je m'en irai pas dans un appartement!
Maman pieuvre : Ah non! Pourquoi?
Fillette : C'est petit et cher! Je veux m'acheter une maison.
Maman pieuvre : Hmmm, c'est beaucoup plus cher une maison! D'habitude, quand les enfants grandissent, ils partent de la maison et s'en vont en appartement jusqu'à temps qu'ils aient assez de sous pour s'acheter une maison.
Fillette : Tous seuls en appartement?
Maman pieuvre : Oui ou des fois quelques amis se mettent ensemble pour vivre dans un plus grand appartement et pour séparer les dépenses et être ensemble.
Fillette : Non. Moi je vais rester ici jusqu'à temps que j'aie ma maison.

On a un peu de chemin à faire...

mercredi 8 octobre 2008

Courte incursion dans le monde scolaire

Petit Monsieur est en première année. Ça fait tellement longtemps qu'il attend de faire enfin du "vrai travail". Depuis que Fillette va à l'école justement. SAUF QUE. Il (s'emmerdre royalement) s'ennuie pour mourir.

Comme il pleure presqu'à tous les soirs en clamant qu'il n'apprend rien, qu'il trouve ça trop facile, qu'il veut aller à l'université (rien de moins) et apprendre des choses nouvelles et difficiles, j'ai donc jugé bon d'avoir une petite discussion avec son prof, question de savoir si il n'y avait pas moyen de le tenir plus occupé ou de profiter du fait qu'il sait lire depuis longtemps pour qu'il en fasse un peu plus que les autres.

Maman pieuvre : Comment ça se passe avec Petit Monsieur dans la classe?

Mme G. : Ça se passe bien, il fonctionne bien, j'avoue qu'en lecture il a l'air de plus s'ennuyer mais à part ça il s'adapte bien.

Je commence donc à lui dire ce qui se passait le soir à la maison et qu'il est complètement démotivé (en 1ere année, ça commence bien).

Mme. G. : Vous devez comprendre que j'ai une classe très jeune, ils sont tous nés entre mai et août (comme Petit Monsieur d'ailleurs) et je dois aller très lentement. Je suis d'ailleurs déjà en retard dans mon programme et des fois je m'arracherais les cheveux.

Maman pieuvre : Je comprends très bien, il y en a qui ne connaissent pas leurs lettres encore, mais Petit Monsieur sait lire depuis longtemps, je lui donne des dictées le soir et je lui épelle des mots parce que les devoirs ça prend 15 secondes et qu'il veut travailler et apprendre. Est-ce que ça serait possible pendant que les autres apprennent leurs lettres que lui lise des textes ou des livres?

Mme G. : Bon vous devez comprendre que si je commence à donner du travail différent à Petit Monsieur que les autres vont se demander pourquoi lui et pas eux et...

Maman pieuvre : Ben ils ne savent pas lire! C'est ça la raison! Quand ils sauront lire, ils liront des textes!

Mme G. : Bon peut-être que je pourrais l'asseoir tout seul derrière l'étagère pendant la lecture comme ça les autres ne verraient pas qu'il fait du travail différent...

Maman pieuvre : Il me semble que ça attirerait encore plus l'attention sur lui de le mettre à part, non?

Mme G. : Ben non, il serait caché derrière le meuble.

Maman pieuvre : ...

Mme G. : ...

Maman pieuvre : Alors vous allez l'isoler des autres?

Mme G. : Ça serait la solution pour qu'il puisse lire des livres. Avec votre permission, je pourrais le faire évaluer.

Maman pieuvre : Évaluer???

Mme G. : Par l'orthopédagogue. Je vous promets rien là. C'est un long processus et je dois passer par la direction. L'orthopédagogue est débordée, je ne sais même pas si elle pourrait l'évaluer. Mais avec votre accord, je pourrais faire la demande.

Maman pieuvre : Et l'évaluation dira quoi?

Mme G. : Comme je vous dis, je vous promets rien. Je sais pas si elle pourra le voir mais elle évaluera il est rendu où au niveau académique. Elle va peut-être juger qu'il est prêt pour la 2ème ou qu'il lui manque juste quelques petites notions mais qu'il serait mieux en 2ème.

Maman pieuvre : Et après?

Mme G. : Si elle l'évalue (et je vous répète encore que je peux rien vous promettre, elle pourra peut-être même pas le voir) et qu'elle juge qu'il serait mieux en 2ème, ça sera à vous de décider si vous voulez qu'il change de niveau. Mais peut-être qu'il y a même pas de place en 2ème, peut-être que même s'il doit y aller il pourra pas. Comme je vous dis, je promets rien.

Maman pieuvre : ... si y'a pas de place en 2ème, ça sert à quoi de faire tout le processus?

Mme G. : Ben ché pas, c'est votre décision.

Maman pieuvre : Admettons que je décide de le faire évaluer et admettons que l'ortho puisse le voir, on saura quand?

Mme G. : Si jamais l'orthopédagogue peut l'évaluer (et je vous dis je ne suis pas certaine), c'est plusieurs rencontres, ensuite elle rédige un rapport, elle envoie ça à la direction et après...

Maman pieuvre : Finalement vous êtes en train de me dire que c'est long et laborieux?

Mme G. : J'aime mieux vous dire ça comme ça parce que je voudrais pas créer d'attentes...

Loin de moi l'idée d'avoir des attentes pour mon fils... vraiment pour qui elle me prend!!!

lundi 6 octobre 2008

C'est cher, mais c'est plus que du bonbon

Les mots me manquent pour décrire le spectacle du Cirque du soleil qu'on a vu hier soir. Envoûtant, fabuleux, spectaculaire, étonnant...

Cortéo est l'un des spectacles les plus théâtraux créés par le Cirque. De la pure magie.

Fillette, de nature calme et réservée, a un côté très artistique. Elle a vraiment apprécié la beauté des décors, de la scène, des costumes et de l'histoire. Elle qui habituellement n'est pas très expressive, elle applaudissait à tout rompre en se trépignant sur son siège. Je l'ai rarement vue aussi excitée.

Petit Monsieur, lui, était bouche bée. L'histoire lui importait peu, les acrobaties à couper le souffle l'ont tenu sur le bout de son siège pendant 2 heures. Je l'ai rarement vu aussi attentif, ne voulant rien manquer de toute l'action qui se déroulait simultanément.

Pour une sortie en famille (sans l'Homme, qui était dans l'avion à cette heure-là), c'en est toute une. Malgré mes réticences originales à me débloquer un budget pour un spectacle de deux heures, je n'ai maintenant aucun regret et j'espère que mes enfants auront la chance de voir d'autres créations du Cirque du soleil.

Et quelle plus belle marque de gratitude que Fillette, à la sortie du spectacle, qui me dit : "C'était tellement beau maman, je vais m'en rappeler pour toute ma vie."

Mission accomplie.

samedi 4 octobre 2008

Conseil d'amie

Amie : Puis, comment ça se passe seule avec les enfants? T'ennuies-tu?
Maman pieuvre : Franchement ça va bien! Mes soirées sont longues mais on est tous calmes, y'a pas de traîneries partout, j'ai moins de lavage, je fais moins de bouffe alors je vais à l'épicerie moins souvent, les enfants sont moins énervés le soir...
Amie : Bon ben dépêche-toi de faire changer les serrures avant qu'il revienne!

jeudi 2 octobre 2008

Ambitions démesurées

Bon j'ai un aveu à faire, je suis un tantinet inquiète des ambitions de vie de Petit Monsieur.

Tout à commencé quand il s'est mis à clamer à qui mieux mieux qu'il voulait devenir brigadier plus tard. Bon. Rien d'énervant, me suis-je dit. Il voit les brigadiers près de la maison et souhaite faire comme eux en faisant traverser les petits mongoles euh élèves aux heures de pointe.

Par la suite, son plus ardent désir était de devenir installateur de fenêtres. Bon. Rien d'énervant, me suis-je dit. Il a vu les voisins changer leurs fenêtres et s'est dit que ça pouvait être gratifiant d'avoir les doigts pleins de calfeutrant.

Plus tard dans sa jeune vie, il a pensé devenir musicien. Quelle ne fut pas ma joie d'entendre ceci! Avec son immense talent en musique et sa créativité, je me suis dit qu'il mettrait son don à bon escient.

Malheureusement (pour moi) ses ambitions de vie ont encore évolué. Il m'a appris il y a quelques jours que plus tard il voudrait devenir... tenez-vous bien... homme de ménage.

....

Maman pieuvre : ben là, y'a des métiers mieux que ça ...
Petit Monsieur (m'interrompant et insulté) : mais c'est un beau métier maman! Ça serait toujours propre autour de moi!

Alors tout ceci me force à me questionner :

a) ses ambitions sont-elles un message peu subtil à l'effet que je pourrais mettre plus d'énergie dans le ménage à la maison?

b) ses ambitions serviront-elles à réparer toutes les "chicanes de ménage" entre l'Homme et moi-même?

c) ai-je donné naissance à un "freak" de la propreté qui s'arrêtera de vivre si son environnement n'est pas à l'équerre?

Quoiqu'il en soit, je suis assez fière de lui parce qu'il est plus ordonné et propre que son paternel. Au moins j'aurai réussi à le sauver (jusqu'à maintenant) du gouffre sans fond des traîneries. Il range même les traîneries de son père, ce qui n'aide pas du tout l'Homme à se prendre en main!

Quand on pense au tarif horaire des femmes et hommes de ménage de nos jours, je me dis qu'à sa majorité, ce tarif aura probablement doublé...

Et de toute façon, il n'y a pas de sot métier!

mercredi 1 octobre 2008

Des nouvelles de l'Homme

Comme je l'ai déjà mentionné, l'Homme est en Europe jusqu'à dimanche soir. Son voyage semble bien se dérouler. Grâce à son nouveau-joujou-sans-lequel-il-ne-peut-vivre (et j'ai nommé le fameux BLACKBERRY) j'ai des nouvelles sur une base quotidienne.

Tout allait bien jusqu'à dimanche. Il m'a écrit et j'ai tellement ri je me dois de vous partager son courriel. Avis aux coeurs sensibles, ceci n'est pas pour vous. Je vais quand même vous faire grâce de quelques détails mais vous aurez quand même une bonne idée.

Alors dimanche, l'Homme avait un dîner d'affaires à Vienne et ses collègues ont décidé de briser la routine avec un lunch à saveur grecque.

Voici ce que l'Homme a dit de ce lunch :

"Une heure plus tard j'avais le mal de ventre du siècle. Je commence à peine à m'en remettre après plusieurs séances intenses sur la toilette. J'ai eu la merveilleuse idée d'aller au château de Shonbrunn quand la crampe du siècle me poigne. M'a t'dire qu'y'était loin en "bip" le "bip" de château. J'ai pas eu envie comme ça, loin d'une toilette, depuis la game finale de la Coupe Stanley en 1986. Je suais à grosses gouttes de me retenir de toutes mes forces. "Bip" de château. J'arrive à une station service en chemin croyant avoir enfin découvert un oasis. Je suis les directives du gars qui me dit d'aller en arrière, juste pour trouver des urinoirs en plein air! J'étais tellement désespéré et en douleur qu'à côté des urinoirs j'ai commencé à spotter des endroits dans les buissons tout en me dechirant des morceaux de ma carte de la ville en carrés pratiques. Je me suis ravisé car c'était trop passant, et, avec un effort surhumain, j'ai réussi à me rendre à un café près du château. Pour finir le tout, j'ai même pas eu accès à l'intérieur du château pcq'il ferme tôt le dimanche!"

Alors la carte touristique a failli y passer! Et l'Homme, en tant qu'homme, a presque marqué son territoire...

Une urgence en plein air, c'est jamais rigolo, mais celle-ci m'a soutiré quelques larmes tant j'ai ri.