jeudi 31 décembre 2009

Une autre de faite

Je suis désolée, je vous ai un peu négligés ces derniers temps... j'ai eu une fin d'année assez folle merci.

J'ai travaillé jusqu'au 24 décembre, j'ai travaillé un peu les 29, 30 et 31, avec tout ça, le trajet de 3 heures pour aller festoyer dans la famille, le retour dans le verglas, la panne d'électricité, alouette!

Et ce n'est pas tout! La course pour finaliser les préparatifs pour notre départ samedi (on s'en va au chaud!!), l'interminable attente à la banque ce midi, la course dans les épiceries avant leur fermeture, car c'est férié demain et c'est aussi l'anniversaire de l'Homme...

Le gâteau sort du four, ça sent bon dans la maison. Les enfants sont dehors et reviendront les joues rougies et les capuchons pleins de neige.

En attendant notre voyage au chaud qui sera fort apprécié, je vous souhaite à tous une excellente année remplie de bonheurs, petits et grands. Merci de me faire une petite place dans votre vie et de me laisser partager notre quotidien avec vous.

J'apprécie tous les commentaires que vous me laissez, même si souvent je n'ai aucune idée de qui ils proviennent.

Bonne année à mes lecteurs de partout, je vous apprécie grandement, même les Parisiens!!!

dimanche 20 décembre 2009

La Compétition

L'école était terminée pour l'année, mais nos fins de semaine de fous ne l'étaient pas. Une compétition de plongeon attendait Petit Monsieur.

Il ne voulait plus y participer, fatigué de son automne chargé, ne voulant que profiter du début de ses vacances.

Nous n'étions pas plus enjoués que lui d'assister à 3 heures de plongeon dans une chaleur humide écrasante. Un après-midi complet dans les estrades de la piscine, à regarder tous les enfants effectuer chacun 3 plongeons de pratique et leurs 3 plongeons de la compétition. Tout cela était suivi d'une démonstration de l'équipe de compétition nationale et finalement, de la remise des médailles.

Donc, c'est un peu à contre-coeur que nous nous sommes dirigés tous les quatre à la piscine hier après-midi.

J'avais dit à Petit Monsieur de prendre son temps une fois arrivé sur le tremplin. L'année dernière, il mettait un pied sur le tremplin, et sans attendre, marchait jusqu'au bout et effectuait son plongeon. Je lui ai dit de bien se concentrer. Il était un peu nerveux, car il avait décidé qu'il voulait battre sa performance de l'an dernier qui lui avait mérité une médaille de bronze. Il se mettait de la pression. Il avait décidé qu'il devait gagner.

Petit Monsieur : Je sais que je vais gagner.
Maman pieuvre : Même si tu ne gagnes pas, on sera fiers de toi. Fais de ton mieux, c'est tout.

Les responsables annoncent l'ordre des plongeurs. Comble de malheur, Petit Monsieur plonge le dernier! Il lève la tête et nous regarde, découragé. Il devra attendre que les autres 17 plongeurs plongent avant lui. Ils font chacun 3 plongeons.

Au premier tour, Petit Monsieur monte sur le tremplin et se concentre. Un peu trop longtemps même. Un vrai pro. Il fait son plongeon que je juge très bon. Les 5 juges donnent leur note. Je n'en reviens pas, des 6,5 et des 7!!!!! Je suis outrée, c'est du vol, Sylvie Fréchette ne s'est pas fait autant arnaquer lors des Olympiques de Barcelone!!!

Avoir un enfant qui est entièrement soumis au jugement complètement subjectif de parfaits étrangers rend fou. J'étais prête à monter aux barricades. C'était un complot, le juge no 5 devait avoir un membre de sa famille qui plongeait contre Petit Monsieur.

Bon. Je me rassieds. Petit Monsieur baille à se décrocher la mâchoire dans la file d'attente.

Au deuxième tour, Petit Monsieur exécute son saut périlleux avant groupé. Wow. Même les autres parents ont crié bravo après sa performance. Je surveillais les juges du coin de l'oeil, ce plongeon-là méritait de belles notes, c'était certain. Le juge no 5 donne encore la note la plus faible, mais Petit Monsieur obtient 3 notes de 8. Le juge no 5 est peut-être Brésilien. Je respire un peu.

Au dernier tour, tous les enfants ont fini leurs 3 plongeons à part Petit Monsieur qui plonge le dernier. Alors les autres autour parlent, se chamaillent, lancent leur serviette. Petit Monsieur monte sur le tremplin, et doit faire un saut périlleux arrière carpé. Il est donc dos à l'eau mais face aux autres enfants qui ont fini de plonger et aux 10 ados qui plongent tout de suite après et qui font la queue au tremplin de Petit Monsieur. Je me demande s'il pourra se concentrer aussi bien dans ce brouhaha.

Il fait ça de main de maître. Je suis étonnée de son degré de concentration. Il exécute son plongeon. On l'applaudit. Il faut maintenant attendre les résultats.

Les responsables commencent en nommant les résultats de l'enfant qui occupe la dernière position. Les résultats sont lus, certains vont chercher leur ruban en bougonnant. Le temps passe, Petit Monsieur n'est toujours pas nommé. On arrive à la médaille de bronze. Ce n'est pas Petit Monsieur. Fillette nous regarde, les yeux ronds. On trépigne d'impatience. L'enfant qui remporte la médaille d'argent a obtenu 78 points et ce n'est pas Petit Monsieur. Il ne reste que lui. On sait maintenant qu'il a gagné l'or.

On entend au micro : Et le grand champion, avec 94,5 points : Petit Monsieur!

Voir son enfant sur la première marche du podium, le sourire fendu jusqu'aux oreilles, se faire mettre la médaille autour du cou, ça ne s'explique pas.

Et dire qu'il ne voulait pas y aller.

Et nous non plus.

Les vacances ont commencé quand Petit Monsieur est monté sur le podium. Et elles commencent très bien.

dimanche 13 décembre 2009

Les Visiteurs

Samedi matin, on sonne à la porte. Me demandant qui allait nous solliciter en ces jours de fêtes, j'ouvre la porte.

Deux petites dames, tout sourire, me tendent une brochure en me répétant qu'il fait tellement froid, que leurs mains ont peine à tenir leurs brochures.

Un coup d'oeil rapide sur cette fameuse brochure, et illico, je leur annonce que je ne suis pas intéressée (poliment quand même).

Tout de suite après avoir refermé la porte derrière les dames, Fillette monte en trombe du sous-sol où elle jouait avec son frère.

Fillette, toujours aussi curieuse : C'était qui à la porte?
Maman pieuvre : C'était deux madames.
Fillette : Elles voulaient quoi? Des sous?
L'Homme, de loin : Elles venaient nous annoncer la bonne nouvelle!
Fillette, me regardant : C'était quoi la bonne nouvelle?
Maman pieuvre : Euh... ben c'était deux madames qui sont dans les Témoins de Jehovah et qui voulaient qu'on entre dans leur secte.
Fillette : C'est quoi une secte?
Maman pieuvre : Ben c'est un groupe de gens qui prêche une religion différente de la nôtre et qui ont des valeurs différentes et des coutumes différentes et qui croient qu'ils ont la vérité absolue et qui recrutent des gens pour qu'ils pensent comme eux.
Fillette, retournant au sous-sol en marmonnant : Ben c'est pas une bonne nouvelle ça...

mardi 17 novembre 2009

Les batailles ou la guerre?

S'il y a une chose que j'ai apprise en devenant maman, c'est de choisir mes batailles. On ne peut pas toutes les gagner. On ne peut même pas toutes les mettre en jeu. À notre insu, nos fins stratèges nous tirent souvent le tapis de dessous les pieds, et la première chose qu'on sait, on s'est fait avoir.

Fillette revenait de l'école. En entrant, elle hume aussitôt l'odeur alléchante de muffins aux bananes.

Fillette : Est-ce que je peux avoir un muffin comme collation?

Bon. Je réfléchis. C'était le soir où on devait souper très tôt à cause du cours de natation. Il est déjà tard. Les muffins sont gros. Si elle mange un muffin, elle n'aura plus faim pour souper. Hmmm. Les muffins sont nourrissants au moins, mais ça sera pas assez pour la natation, elle aura faim après son cours. D'un autre côté, si je lui dis non, je risque d'entendre la sempiternelle rengaine, que je veux jamais rien, que je l'empêche de tout, etc. Ai-je vraiment le goût de m'embarquer dans cette prise de bec le soir de la semaine où on est le plus occupés? Après tout, pourquoi les ai-je faits, ces foutus muffins? C'est pour qu'ils soient mangés. Ma décision est prise. Je suis fière de moi. C'est ça, choisir ses batailles.

Maman pieuvre : Oui, ok.

Et Fillette, de s'empiffrer allègrement d'un gros muffin tout frais sorti du four. J'avoue qu'il n'y a pas grand-chose de meilleur en revenant de l'école.

Une heure plus tard.

Maman pieuvre : Venez manger!!!!!!!!!!!! Le souper est prêt!!!!!!!!!!!

Fillette s'installe. Soupire. Chipote sa nourriture. Tasse le tout d'un côté de l'assiette. Déplace le tout de l'autre. Soupire de nouveau.

Maman pieuvre, très perspicace : T'as pas faim?
Fillette : Pas vraiment...
Maman pieuvre, faisant preuve d'une logique infaillible : Tu vois, tu as pris une trop grosse collation. J'étais pas certaine que ça soit une bonne idée, le jeudi on soupe très tôt à cause de ton cours. Et là tu n'as plus faim pour souper! Ça aurait été une meilleure idée de juste manger un fruit ou un légume, comme d'habitude.
Fillette : Ben pourquoi tu me l'as pas dit?
Maman pieuvre : Quoi?
Fillette : Ben pourquoi tu m'as pas dit ça, de manger juste un fruit ou un légume?
Maman pieuvre, qui commence à s'énerver : Bon, tu aurais dit quoi si je t'avais dit ça, t'aurais été contente que je t'empêche de manger un muffin chaud?
Fillette, haussant les épaules : Ben, c'est toi la mère.
Maman pieuvre : ...

Maman pieuvre : 0 Fillette : 1

lundi 9 novembre 2009

Paris

C'est officiel. Je me prononce. Je m'insurge. Voilà.

Je suis contre le décalage horaire.

C'est fou comme c'est dur. Surtout quand 3 jours plus tard, à peine on s'était habitués au nouvel horaire, qu'on refait le trajet dans l'autre sens! Bonjour les messages confus au cerveau.

Présentement, il est 16 h et je m'endors TELLEMENT, je ne sais pas comment je vais rester éveillée jusqu'à 21 h (peut-être 20 h même...)

Maintenant, quelques mots sur nos soi-disant cousins. Je ne parlerai pas des Français en général, car je suis convaincue qu'il y en a quelques-uns qui sont un tantinet sympas, mais plutôt des PARISIENS. Sans vouloir offusquer qui que ce soit, ce qui suit n'est absolument pas une exagération.

Impossible de demander son chemin ou de simples infos à qui que ce soit. Même les Parisiens qui oeuvrent dans le domaine du tourisme, et j'ai nommé les employés à l'hôtel, les préposés à l'aéroport, dans le métro ou dans les restos étaient dérangés par nos questions et ils ne se gênaient pas pour nous le faire sentir. Et sans tomber dans la paranoïa, je dirais même qu'à plusieurs reprises, on a eu l'impression que les (minimes) infos soutirées étaient délibérément fausses!! Alors soit ils ne connaissent rien, soit ils voulaient se débarrasser de nous au plus sacrant.

Quand l'Homme a voulu savoir à quelle station de métro il devait sortir pour son meeting et que le gars lui a répondu avec un ton cinglant La Motte-Picquet, la Motte-Picquet!!! (à prononcer à la française), il ne s'attendait pas du tout à avoir été dirigé 3 stations de métro trop loin et de devoir marcher 20 minutes avec tous ses documents à la pluie battante en stressant de peur d'arriver en retard à cette réunion internationale.

Quand je suis descendue de l'avion et que j'ai demandé à 3 personnes différentes où je devais me rendre pour prendre le train, je ne m'attendais pas à avoir 3 réponses différentes et à arpenter de long en large l'aéroport Charles-de-Gaulle avec tous mes bagages et après avoir passé une nuit blanche.

Quand on s'est informés pour les croisières sur la Seine, on ne s'attendait pas du tout à se faire (faussement) dire qu'il n'y en avait plus en novembre, et que de toute façon, une croisière le soir, on ne verrait rien!! (Je vous le jure, il nous dissuadait).

Même au musée ça a été laborieux de savoir comment se rendre à la salle des toiles de Klimt.

Des exemples comme ceux-là, j'en ai à la pelle. C'est comme si les Parisiens étaient complètement blasés de leur propre ville.

Entre 6 questions du type : Vous êtes Canadienne????, j'ai vécu 4 tentatives d'arnaque sur les Champs-Élysées, je me suis fait faire une cour enflammée par un Sénégalais qui me harcelait et qui m'a presque suivie jusqu'à l'hôtel, je me suis fait presque renverser 3 fois par une mobylette à un des nombreux carrefours giratoires.

Somme toute, un séjour court, épuisant et plein de rebondissements.

J'ai bien hâte d'y retourner!

lundi 19 octobre 2009

La modestie est une vertu

La semaine dernière, on a reçu le bulletin maison. Qu'est-ce que ça mange en hiver, un bulletin maison? Eh bien, il s'agit d'une première communication entre l'école et les parents qui sert à nous dresser un portrait rapide et, ma foi, un peu flou, du rendement de nos enfants de la rentrée jusqu'à la mi-octobre.

Exit les lettres, les notes et les pourcentages. 4 colonnes simples, agrémentées de crochets. La lecture, l'écriture, les maths, l'intégration au groupe et l'intégration à l'école sont évalués.

Avec cette simple (simplissime) feuille vient le cartable de travaux faits en classe. Ah. Quelque chose de concret. Enfin.

Aucune surprise dans le cartable de Fillette.

Mais dans celui de son frère, quelque chose attire mon attention. Sur la première page, il y a une courte biographie. Nom, date de naissance, s'il a des frères ou des soeurs, nom de ses parents, etc. Dans le bas de la page, c'est écrit : Je me trouve bon quand :

Petit Monsieur a écrit : Quand je fais du plongeon et quand je joue au tennis.

Jusqu'ici, tout baigne.

Ensuite, dans la dernière section de sa feuille, c'est écrit : Je pense que je devrais faire des efforts pour m'améliorer en :

Et Petit Monsieur a écrit : Rien.

Il n'a pas rien écrit. Il n'a pas laissé la section vide. Non. Il a écrit le mot RIEN.

...

Il y en a au moins un qui ne souffre pas d'un manque d'estime de soi.

samedi 10 octobre 2009

Partie remise

C'est notre anniversaire le 12 octobre. Et je serai seule. L'Homme vient de partir pour 2 semaines, à Londres, à Bruxelles et à Paris.

En temps normal, j'aurais trouvé ça pas mal plate de passer cette journée seule avec les enfants, d'autant plus que ça tombe un congé férié cette année.

Mais non. Parce que bientôt, je serai récompensée.

4 jours en amoureux à Paris.

Oui, oui, à Paris.

N'est-ce pas que c'est cliché? Eh oui. Pis après? Le temps qu'on passe à deux est tellement rare, il faut qu'on s'exile pour que ça se fasse. On prend ce qui passe. L'Homme sera déjà là, j'irai le rejoindre au début novembre. Et cette fois, c'est vrai. Mon billet est réservé.


En plus, il est censé devoir y aller plusieurs fois par année à cause de son nouveau dossier. Je serai donc probablement obligée de l'accompagner des fois, juste pour voir si la Tour Eiffel n'aurait pas bougé. Quelle vie de sacrifices.

Je n'ai jamais eu aussi hâte que novembre se pointe.

Les enfants sont déçus. D'autant plus qu'ils étaient censés avoir tout vu ça en juillet dernier. Ça aussi, ce sera partie remise.

vendredi 18 septembre 2009

Notre futur à tous

C'est avec peine et déception que j'ai appris quelque chose hier soir.

Je soupais tranquillement avec une amie, nous parlions de l'année scolaire, etc. C'est alors qu'elle me dit :

Amie : Tu as entendu parler du nouveau Bescherelle?
Maman pieuvre, aussitôt inquiète : Non...
Amie : Ah.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le Bescherelle, c'est la BIBLE de la conjugaison.

Amie : Le troisième groupe n'existe plus.
Maman pieuvre : ... je ne comprends pas...
Amie : Ben oui, il y a maintenant seulement des verbes du 1er et du 2e groupes!
Maman pieuvre, qui commence à s'énerver : Mais... ils sont où les verbes du 3e groupe??? Ils ont été assimilés au 2e groupe???
Amie : J'en sais rien.

Silence.

Maman pieuvre : De toute façon, les enfants n'apprennent plus comme ça, avec les groupes. C'était trop simple.
Amie : Attends, c'est pas tout.
Maman pieuvre : Oh oh.
Amie : Il y a un temps qui n'existe plus.
Maman pieuvre : Quoi? Quel temps?
Amie : Je suis pas trop certaine, un passé je crois, ils l'ont enlevé parce qu'il était seulement utilisé en littérature.
Maman pieuvre : Le plus-que-parfait?
Amie : Je ne suis pas certaine.

Comment un temps ne peut-il plus exister?? Je ne suis même pas certaine que ça soit permis, biffer des centenaires d'utilisation de ce temps de nos vies modernes. Qui se souviendra de ce temps? Où s'en va-t-on? La langue française perd peu à peu de sa beauté complexe. Et puis, qu'est-ce que ça fait qu'on n'utilise plus ce temps? On peut quand même le laisser dans le Bescherelle! Reconnaître qu'il existe!

Amie : Il y a autre chose.
Maman pieuvre, complètement découragée : Quoi?
Amie : Il y a un nouveau temps.
Maman pieuvre, indignée : Alors là, impossible. Comment on peut inventer un nouveau temps de verbes?
Amie : Il s'appelle le futur rapproché.

??????????????????????????????

Amie : Comme par exemple, je vais aller.
Maman pieuvre : ...
Amie : Oui oui.
Maman pieuvre : C'est du français parlé!
Amie : Oui, ça se dit même pas.
Maman pieuvre : C'est quoi l'affaire, si on écrit j'irai, c'est pas assez rapproché comme futur???
Amie : Ça n'a pas l'air.

Alors je ne dis plus rien.

Je ne peux m'empêcher de penser que c'est du nivellement par le bas. Le français est trop compliqué, les enfants ne réussissent pas, ne savent pas écrire, alors hop! On enlève quelques difficultés par-ci et par-là. Il faut les encourager ces pauvres petits!!! Bientôt, on va sûrement retrouver dans le Bescherelle des conjugaisons comme ils jousent, ils sontaient, il va t'être. Ben oui! Pourquoi pas! Y'a tellement de gens qui parlent comme ça!!!

L'avenir de notre société passe par nos enfants. Dans quelle sorte de société vivrons-nous lorsqu'elle sera dirigée par ces êtres presque illettrés, individualistes, sans aucune culture, qui ont évolué pendant tout ce temps sans faire trop d'efforts, qui ont appris qu'en temps difficiles, on évite les défis?

Et je vous dis : malheureusement, c'est ça, le futur rapproché.

jeudi 10 septembre 2009

Un bon début

Ce soir, c'était une rencontre avec le professeur de Petit Monsieur et les parents. Pour les besoins de la cause, je tiens à vous rappeler que Petit Monsieur a hérité du professeur que Fillette avait l'an dernier. Mme S. Et comme Fillette a aussi un professeur dont le prénom commence par S, je vais établir ici la norme pour les 10 prochains mois. Mme S4 pour Fillette qui est en 4e année, et Mme S2 pour Petit Monsieur qui est en 2e.

J'avais un orteil dans la classe.

Mme S2, se précipitant vers moi : On se connaîîîîîîît je pense!!!!!!!!!
Maman pieuvre, arborant un sourire figé : Ça fait pas longtemps qu'on s'est vues!

Mme S2 m'empoigne la main avec les deux siennes et comme elle osait penser rêver me faire la bise, je retire ma main et me recule un peu, jugeant que les élans affectifs avaient assez duré.

Mme S2 : Je suis TELLEMENT contente d'avoir Petit Monsieur dans ma classe!!
Maman pieuvre : Ah oui?
Mme S2 : Il est TELLEMENT gentil! Toujours poli, respectueux, un peu réservé, mais il participe bien. C'est une vraie soie.

(Un peu réservé? Ah bon.)

Maman pieuvre : Ben tant mieux s'il fait bien ça.
Mme S2 : Un vrai charme.
Maman pieuvre, tentant de s'arranger pour que Mme S2 parle à un autre parent : Bon ben, je vais aller m'asseoir...

Alors Mme S2 nous explique le déroulement de la classe, en insérant çà et là quelques fautes de français. Comme l'année dernière. De toute évidence, cette femme ne connaît pas l'existence du pronom relatif dont.

Faisant un effort pour être de bonne foi, je fouille dans le pupitre de Petit Monsieur à la recherche de son cahier dans lequel il écrit les frasques de sa fin de semaine.

Je trouve le fameux cahier. Petit Monsieur avait écrit :

Je suis allé à la ferme faire de l'équitation.
Ma soeur a goûté des souchi aux wasabi.

La fameuse Mme S2 a biffé le mot souchi. Elle l'a remplacé par suchi.

...

Soupir.

Au moins, je sais à quoi m'attendre...

lundi 31 août 2009

Les années se suivent... et se ressemblent!

C'était la rentrée aujourd'hui. Petit Monsieur avait hâte. Sa soeur, moins. Même si elle sait depuis longtemps quelle enseignante elle aurait, et qu'elle est vraiment super et adorée par tous ses élèves.

Pour Petit Monsieur, ça a été plus compliqué. En juin, on recevait une lettre nous avisant qu'il serait dans une classe-cycle (composée d'élèves de 1re et de 2e années) avec Mme L.

La semaine dernière, on recevait un appel de l'école (oui oui, une semaine avant la rentrée) pour nous aviser qu'il n'y aurait plus de classe-cycle, qu'il serait donc dans une classe de 2e année seulement. J'ai cru qu'il serait quand même avec Mme L. Pourquoi chambarder toute la liste quand tout pourrait être si simple!!

Il arrive de l'école tout à l'heure et aussitôt un pied dans la maison, il m'annonce : J'ai Mme S.!!

J'écarquille les yeux, retiens mon souffle... Mme S. est l'enseignante que Fillette a eue l'an dernier, l'alarmiste, qui raconte des histoires exagérées qui stressent les enfants. Elle enseigne la 2e année cette fois-ci et a dû choisir Petit Monsieur parce qu'il était le frère de l'élève la plus attentive et à son affaire de sa classe l'an dernier.

Elle ne sait pas ce qui l'attend...

Petit Monsieur réussit bien, mais il adore les nuages!

Maman pieuvre : Es-tu content?
Petit Monsieur : Oui. Elle va nous raconter des histoires stressantes. Ça va être drôle.
Maman pieuvre : Est-ce que tes amis sont dans ta classe?
Petit Monsieur : Non.

Grrrrrrrrrrrrrrrrrr. Quand on a eu la lettre, on avait fait le tour des amis et ses meilleurs potes étaient avec lui. Cette Mme S a tout gâché par sa soif d'enfants tranquilles!!!!

Et moi! Que dire de moi! C'est moi qui aurai à endurer cette Mme S. une autre année complète! Et tout à coup elle retournait en 3e l'an prochain et remettait ses griffes sur Petit Monsieur??? Je ne sais pas si j'aurai la force mentale d'endurer ses sornettes...

Bon. Un peu de positif. Elle ne crie pas au meurtre après les enfants (comme certaines). Fillette a passé une belle année l'an dernier malgré le compte rendu quotidien sur l'état de la grippe H1N1 dans le monde.

Comme les alcooliques anonymes, on prendra ça un jour à la fois. Ce qui compte, c'est que Petit Monsieur soit content. Mais avec les nouvelles mesures contre la fameuse grippe, on n'a pas fini d'en entendre parler!

samedi 15 août 2009

Sable du temps



Pour notre dernière semaine de vacances en famille, nous sommes allés pendant quelques jours dans les dunes de sable de l'Ontario (oui oui, vous avez bien lu, l'Ontario possède des dunes de sable!)

Pour une fois, la météo était avec nous. Et avec TOUUUUUUUUUUTES les personnes là-bas. Située aux abords du Lac Ontario, ces dunes de sable doux font le bonheur de milliers de touristes (la plupart sont Québécois!!) à chaque année. On se croyait à la mer, les vagues en moins.


La première journée, il y avait tellement de gens que je me suis dit que je n'y retournerais pas. Voir les dunes une fois dans sa vie, c'était suffisant. Les enfants n'avaient même pas assez de place pour jouer dans le sable tellement tout le monde était cordé. Je ne sais pas pourquoi, mais le lendemain, il y avait seulement le tiers des gens de la veille. Ouf. On a respiré. On a relaxé. La surveillance des enfants dans l'eau était simplifiée. De toute façon, il faut marcher 200 pieds dans le lac avant d'avoir de l'eau à la taille. Parfait pour les jeunes, mais un peu moins pour ceux qui aiment être en eau profonde.


Passer neuf heures par jour au gros soleil, à la plage et dans l'eau, c'est épuisant. Surtout quand on arrive à l'hôtel et qu'on DOIT aller dans la piscine avec la glissade en tire-bouchon de 35 pieds de haut. Ceux qui me connaissent savent que je n'ai pas deux enfants, mais bien deux poissons. L'Homme et moi on en pouvait plus d'être en maillot de bain mouillé. D'autant plus qu'il ne séchait pas pendant la nuit dans la chambre d'hôtel! Le jour se lève et hop, on enfile notre maillot mouillé (et plein de sable) de la veille.

Fillette et Petit Monsieur ont rapporté assez de sable dans leurs oreilles, leurs cheveux et tout autre endroit possible pour remplir un demi-verre. Aujourd'hui, ça sera opération car-wash pour enfants (et pour Maman aussi).

Et dire qu'il ne reste que 2 semaines avant le début des classes et que l'été commence enfin...


mardi 4 août 2009

Le Père Noël et autres croyances

Ne me demandez pas comment tout ça a commencé, mais hier soir, au milieu du souper, Fillette nous a fait toute une déclaration.

Fillette : Moi, je ne crois pas en Dieu.
Maman pieuvre, s'étouffant dans son verre d'eau : !!!!!!!!
L'Homme, avalant de travers : Ah non?
Fillette : Non.

Elle se retourne vers moi, et me demande : Et toi Maman?

Maman pieuvre, qui déteste parler de ça avec ses enfants : Euh... moi je crois qu'il y a une énergie ou une force qui gouverne tout le monde, mais je ne sais pas si elle s'appelle Dieu.
Fillette, les yeux écarquillés : Ah oui?
L'Homme, me lançant un défi du regard : Explique-toi un peu!
Maman pieuvre, résignée à aborder le sujet : Ben je crois qu'il y a quelque chose de supérieur, mais pour chaque religion, cette entité est différente.
Petit Monsieur : C'est quoi une entité?
Fillette : Ah oui, Bouddha pour les Chinois, Allah pour les musulmans, le Dieu de tout le monde est différent.
Maman pieuvre, espérant que quelqu'un changera de sujet : Oui. Dans le fond, personne ne sait vraiment s'il y a un Dieu alors si tu n'y crois pas, c'est ton droit.
L'Homme : Moi je crois en la science.
Petit Monsieur : Pour faire de la science, il faut un bécher et une marlène-meyer!
Fillette : Toi maman?
Petit Monsieur, sans aucun rapport : En tous cas, moi je ne crois pas au Père Noël!!!
Maman pieuvre : Ah non!!!!
Petit Monsieur : Oooooooooooooh non! Dans les centres d'achats, c'est quelqu'un qui se déguise. Et c'est Papa qui mange les biscuits au chocolat et qui boit le verre de lait!
Maman pieuvre : Tu crois?
Petit Monsieur : Oui! En plus j'ai jamais entendu les pas du Père Noël sur le toit et j'ai jamais entendu les grelots la nuit.
Maman pieuvre : Ben qui te donne tes cadeaux alors?
Petit Monsieur : Ben c'est vous!
Maman pieuvre : Ah oui! Tu crois qu'on te donnerait TOUS ces cadeaux là?
Petit Monsieur, ayant tout de même un léger doute : Euh, oui...
Fillette : En tous cas, l'an passé, le papier que vous avez utilisé pour un de mes cadeaux était pareil à celui du Père Noël et c'était écrit Ho Ho Ho de ton écriture maman!
Maman pieuvre, croyant que tout ce manège avait assez duré : Bon, vous êtes assez grands pour comprendre, le Père Noël n'existe pas, mais il a déjà existé pour vrai et c'est sa légende qu'on perpétue.

Petit Monsieur, malgré sa déclaration, semblait quand même un peu déçu.

Maman pieuvre, contente de voir que la discussion ne tournait plus autour de la religion : Mais ce qui est important, pour que la légende continue, c'est de ne pas gâcher Noël pour les enfants qui y croient. Ceux qui sont plus jeunes ou plus petits que vous, ils y croient et seraient déçus de savoir que le Père Noël n'existe pas pour vrai. Alors il faut garder le secret. Vous étiez contents de vous réveiller le matin et de voir des cadeaux sous l'arbre. Ça vous a fait plaisir d'y croire pendant tout ce temps. Ben laissez les autres y croire aussi.

Fillette : Alors le Père Noël a existé pour vrai?
Maman pieuvre : Oui c'est une légende, il s'appelait Saint-Nicolas et il apportait des jouets et des gâteries aux enfants démunis.
Fillette : Ah oui, j'ai déjà entendu cette histoire. Donc il est mort le vrai Père Noël?
Maman pieuvre, un peu stressée de voir qu'on s'approchait d'un autre sujet épineux : Euh oui, il a vécu il y a très longtemps.
Petit Monsieur : Alors il est au ciel!
Maman pieuvre, voyant que la conversation revenait au point de départ : Euh, peut-être...
Fillette : En tous cas, il n'est pas avec Dieu!

Le sort du Père Noël est maintenant réglé.

vendredi 24 juillet 2009

Le Chalet


Oui, déjà de retour. Pourquoi rester plus longtemps sous la pluie battante, sur le bord d'un lac, avec nos polars?? On s'est dit qu'on aimerait mieux remplir l'auto à craquer (à la pluie battante), faire le chemin du retour (à la pluie battante) pour ensuite mieux décharger l'auto (à la pluie battante).

Quelques heures de plus ou de moins (à la pluie battante), ça ne paraît pas.

C'est dommage. L'endroit était tellement beau. Tous seuls au monde. La paix.

Bon, à vrai dire, il y a quand même eu 3 (grosses) journées sans pluie. Mais aussi seulement une (partiellement) ensoleillée. Après la baignade dans le lac, il nous fallait 2 heures pour se réchauffer. Pas besoin d'aller au Spa finlandais!!

Heureusement qu'il y avait aussi un foyer à l'intérieur sinon les enfants n'auraient pas eu leurs guimauves.

Après avoir passé (plusieurs heures) à jouer aux cartes, au Scrabble ou à Trouble, on se rendait compte à quel point on partageait à 4 un espace beaucoup plus petit que notre maison...
Heureusement, au chalet, il était permis de sauter sur les lits. Plusieurs fois.
Les enfants ont quand même beaucoup aimé leur semaine. Fillette est une pêcheuse experte, qui accrochait elle-même ses vers à l'hameçon et décrochait elle-même les 20-30 poissons qu'elle pêchait par jour (c'est vrai, ce n'est même pas une histoire de pêche!!!)
La quinzaine de grenouilles et de ouaouarons attrapés ont tous été baptisés (Rihanna, Big Mama, Rabita, Raba, etc.)
Quand même, on a relaxé. On a lu, on a joué, on a bien dormi. On a vu un renard, un immense raton-laveur, un faon, un lièvre, des barrages de castors, on a cueilli des framboises, des bleuets, des mûres.
On va tout de même avoir des beaux souvenirs lorsque, par une journée pluvieuse, s'il en reste à venir, on regardera nos photos. Prises à la pluie battante.

dimanche 12 juillet 2009

Grand-maman


Ma grand-mère maternelle nous a quittés. Elle est partie de la plus belle manière. Dans son lit, dans son sommeil, dans son chalet où elle a passé les 45 derniers étés de sa vie.

Elle a toujours dit qu'elle voulait mourir ainsi. Se coucher et ne pas se réveiller. Sa mort m'attriste, mais c'est la plus belle qui soit. En douceur, le coeur s'arrête, fatigué d'avoir tenu le rythme pendant plus de 80 ans.
Elle était femme, mère, grand-mère et arrière-grand-mère. Elle était aussi ma marraine. Et moi, son premier petit-enfant. La nouvelle génération.
La géographie nous a toujours tenues assez loin l'une de l'autre. Je n'ai pas écrit ou appelé aussi souvent que je ne l'aurais voulu. Je ne lui ai pas assez rendu visite une fois adulte. Mais jamais elle ne me l'a reproché. Mes rares visites lui faisaient toujours plaisir.
Elle m'a donné ses meilleures recettes et m'a montré comment faire de la pâte à tartes.
Elle m'a tricoté je ne sais combien de paires de pantoufles.
Elle m'a initiée aux mots croisés.
Elle a dû me préparer des dizaines de ses crêpes que je concocte aujourd'hui pour mes enfants.
C'est dans sa cuisine que j'ai appris à lire.
Elle a eu une vie bien remplie. Elle nous a quittés, mais veillera sur nous.
Repose en paix Grand-Maman.
XXXX


vendredi 3 juillet 2009

Comme dans l'histoire

Bon, je l'avoue, j'ai honte. Je vous casse les oreilles (euh les yeux) avec tous mes plans de vacances et mes voyages, on a l'air de véritables globe-trotters et basta!

Je suis comme le petit garçon qui criait Au loup!

Aussitôt planifié, aussitôt annulé.

Snif snif. On ira pas en Europe cet été. Gracieuseté d'un ministère fédéral que je ne nommerai pas. Tous les autres pays étaient prêts, même (pour une fois) le ministère de l'Homme. Mais l'autre ministère avait les deux doigts dans le nez. Ils viennent de se réveiller et de s'apercevoir que c'était dans 2 semaines. Verdict : (d'une voix geignarde) on est pas prêêêêêêts. C'est beaucoup trop viiiiiiiiiiiite!!!

Quelle déception.

Heureusement, on n'avait pas annulé le chalet!! Ça, à moins d'un cataclysme qui entraînerait sa destruction d'ici le 17 juillet, ça fonctionne toujours!!!

Par contre, il faudrait qu'il fasse un peu plus beau que ça, au moins, qu'il arrête de pleuvoir un peu...

mercredi 24 juin 2009

Réponse à tout

Petit Monsieur s'est fait mal dans la piscine hier. Il pleurait à chaudes larmes. À l'intérieur, je le prends sur moi et on reste collés pendant un gros 15 minutes. J'en ai profité! À 7 ans, c'est tout un exploit de se coller à sa mère!


Pendant que je sortais les choses pour le souper, il vient me voir et me dit :


Petit Monsieur : Merci de m'avoir consolé.

Maman pieuvre : Ah, ben tu n'as pas besoin de me remercier! Ça va toujours me faire plaisir de te consoler.

Petit Monsieur : Oui?

Maman pieuvre : Ben oui, je suis là pour ça! Pour te consoler, t'écouter, m'occuper de toi, t'apprendre des cho...

Petit Monsieur : Mais des fois tu te fâches contre moi.

Maman pieuvre : Hum, oui, des fois ça arrive, je ne suis pas parfaite, mais des fois tu n'écoutes pas.

Petit Monsieur : Mais Maman, j'ai une chose à te dire.

Maman pieuvre : Quoi?

Petit Monsieur : C'est juste que... j'aime pas écouter.

Maman pieuvre : ...

Petit Monsieur, très sérieux : ...


Alors tout s'explique.

mardi 23 juin 2009

Pour toi, ma grande fille

24 juin 2000. Avec presque 2 semaines de retard, j'ai "rendez-vous" pour accoucher de mon premier bébé. De ma fille. J'arpente les couloirs de l'hôpital en attendant que le médicament qui déclenche ma nouvelle vie fasse effet. L'hôpital est vide. Personne n'est malade les jours féries...

Première Saint-Jean-Baptiste de ce nouveau millénaire, l'Homme y voit un présage. Tu seras la première femme à la tête du Québec! Bon. On s'emporte un peu.

Il fait chaud. Malheureusement, le reste de cet été-là ne le sera pas...

Jamais je n'aurais imaginé une petite blondinette comme toi.


Toi, ma Fillette, qui depuis le tout début observe tout.

Toi, ma Fillette, si sérieuse, si réfléchie.

Fillette l'artiste. Fillette créatrice.

Fillette, voulant être grande, mais pas trop vite.

Fillette, voulant à la fois s'éloigner de nous et rester.

Fillette si intègre pour une si jeune fille.

Fillette si douce, si gentille avec les autres.

Fillette perfectionniste, Fillette talentueuse.

Fillette tellement sensible...

Tu dois apprendre à ne pas porter le poids du monde entier sur tes épaules. Tu dois apprendre à te faire confiance. Tu dois apprendre à croire en toi.

Comme j'aime te voir évoluer, avec tes craintes, tes défis, tes succès, tes apprentissages!

Quelle belle personne tu deviens! Il n'y a que toi pour déterminer le cours de ta vie. Grandir, c'est avoir plus de liberté et des privilèges, mais c'est aussi faire des choix et prendre des décisions. Parfois c'est difficile.

Mais je serai toujours là pour toi.


Bonne fête ma belle Semouille, je t'aime de tout mon coeur.

samedi 13 juin 2009

Deux maux pour un bien

Vous souvenez-vous de mon concours : Quelle est la plus belle ville des États-Unis? Tout ça pour vous annoncer que les chances étaient bonnes que ma famille et moi allions à San Francisco à la fin juin. Eh bien malheureusement, la conférence de l'Homme est annulée, nous n'irons pas. Snif snif. J'étais TRÈS déçue de ne pas revoir cette superbe ville. Une autre fois. Je fais le serment que j'y retournerai. Avec les enfants par surcroît.

Vous souvenez-vous de mes manigances pour louer un chalet une semaine au mois de juillet? Eh bien chose dite, chose faite. Le dépôt a été envoyé depuis quelques mois. Sauf que ce matin, nous avons dû annoncer aux enfants que nous n'irions pas au chalet.

Maman pieuvre : Y'a des changements pour nos vacances.
Fillette : Quoi?
Maman pieuvre : Ben on pourra pas aller au chalet.
Fillette, super déçue : Pourquoi?
Maman pieuvre : Parce qu'on va être OBLIGÉS de prendre l'avion pour nos nouvelles vacances.
Fillette : Ah oui?
Petit Monsieur : On va où?
Maman pieuvre : On vous fait deviner. C'est sur un autre continent.
Petit Monsieur : L'Afrique?

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Maman pieuvre : Non, quand même, c'est moins loin que ça.
Fillette : Où?
Maman pieuvre : Un de tes pet shops s'appelle comme ça.
Fillette, réfléchissant à toute allure : La Belgique?
Maman pieuvre : Oui!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Petit Monsieur : On va aller à la Belgique????
Maman pieuvre : Oui, EN Belgique.
Petit Monsieur : Wow! Je suis jamais allé là de ma vie!
Maman pieuvre : Ben moi j'ai 36 ans et j'y suis jamais allée non plus! Tu es chanceux à 7 ans d'y aller! Et savez-vous c'est quoi le TGV?
Les enfants, en choeur : Noooooooooooonnnnnnnnnnnnn!
Maman pieuvre : Ben c'est le train le plus rapide au monde et on va le prendre pour aller dans un pays voisin.
Fillette : Est-ce qu'on va vomir???
Maman pieuvre : Ben non, c'est pas un manège, c'est un train.
Petit Monsieur : Quel pays voisin?
Maman pieuvre : Quel pays est près de la Belgique?
Petit Monsieur : L'Angleterre!!!!
Maman pieuvre : Un autre pays, où on parle français.
Fillette : La France?
Maman pieuvre : Oui!!!! On va prendre le TGV pour aller à Paris!!

Les deux enfants avaient les yeux ronds et la bouche ouverte...

Petit Monsieur : Wow... on va aller en Belgique et en France... On va aller dans deux pays dans la même journée!
Fillette : Je pensais jamais aller là de ma vie...
Petit Monsieur : C'est quand les vacances?
Maman pieuvre : En juillet.
Petit Monsieur : C'est bientôt!

(Oui, à qui le dis-tu j'ai quelques réservations à faire...)

Fillette : On ira au chalet quand?
Maman pieuvre : Ben un autre été on se louera un chalet. Entre une semaine dans un chalet près de chez nous ou 8 jours en Europe... Papa va à Bruxelles pour le boulot, on va aller le rejoindre après et passer nos vacances là-bas.

Alors voilà, nos plans sont à l'eau, mais tout s'arrange pour le mieux. L'Europe avec deux jeunes, ça me fait un peu peur, on avait dit qu'on irait avec eux quand ils seraient plus vieux, le décalage horaire, etc. Mais l'occasion se présente, on saute dessus. En plus, le musée Magritte vient d'ouvir ses portes à Bruxelles...

mercredi 10 juin 2009

L'Anniversaire

C'était ma fête en fin de semaine. J'ai eu droit à plusieurs petites attentions.

Premièrement, je me suis levée à 8 h!! Le gros luxe je vous dis! En descendant au rez-de-chaussée, j'aperçois des ballounes IGA collées un peu partout en guise de décorations.

Ensuite, un déjeuner Tim Horton's m'attendait dans leurs beaux sacs de papier brun... mais SANS CAFÉ!!! L'Homme se confondait en excuses et m'a rapidement demandé la marche à suivre pour me faire un café dans ma propre cafetière.

Les enfants se sont empressés de me remettre mes cadeaux. Petit Monsieur m'a fait une carte dont le dessin représentait une chorale de leurs toutous. Ensuite il m'avait soigneusement emballé un cadre que j'avais remisé dans la pièce à débarras depuis l'an dernier.

Fillette, elle, avait confectionné une carte avec son grand talent en dessin. Ensuite, sous plusieurs épaisseurs de papier d'emballage, je découvre une feuille. Un beau bricolage. J'étais très contente.

On se prépare rapidement pour le dernier concert de chorale de Fillette de l'année. Il y avait un beau soleil, la journée augurait bien. Après le concert, les enfants ont découvert un parc juste à côté. À ce moment, le soleil était parti et on commençait sérieusement à geler.

Un court arrêt à l'épicerie pour acheter un mélange à gâteau que les enfants feront eux-mêmes.

Fillette : C'est ta fête, Maman. C'est toi qui choisis ton gâteau!
Maman pieuvre : Hmmmmmmm. J'aime bien le gâteau à la vanille.
Fillette : D'accord!
Petit Monsieur : Ouache, moi j'aime pas ça.
Fillette : Oui, mais c'est la fête de Maman...
Petit Monsieur : Maman, tu pourrais choisir un gâteau que tout le monde aime!
Maman pieuvre : Bon, vu que c'est MA fête, je vais prendre un gâteau au chocolat...
Les enfants, en choeur : yyyyyyyyyéééééééééééééééééé!!!!!
Petit Monsieur : Est-ce qu'on achète des bougies? Parce qu'on en aura pas assez à la maison...

Merci pour ce rappel à la réalité!!!!

De retour à la maison sous des petites gouttes de pluie. Et qu'est-ce que mes enfants veulent faire à tout coup quand il pleut????? Eh oui, fête de maman ou pas, on va au bain libre!!!

De plus en plus à mon image, cette fête...

Bon. Le gâteau. Besoin d'un bol à mélanger. Évidemment, l'Homme sort celui qui peut contenir 24 tasses. On a jamais trop d'un gros bol semble-t-il. Les enfants lisaient les instructions sur la boîte, et si ça disait mélanger 2 minutes, il fallait mettre la minuterie!!

Plusieurs (plusieurs et encore plusieurs) minutes plus tard, le tout était au four. Et un peu par terre. Et aussi un peu beaucoup sur le chandail de Petit Monsieur. Et aussi un peu sur ses pieds.

Mais c'est le meilleur gâteau que j'aie jamais mangé...

mardi 19 mai 2009

Les Constats de Maman pieuvre

Constat no 2 :

Il est possible d'attrapper un gros coup de soleil sur le front même s'il ne fait que 9 degrés Celsius.

J'ai le front raide. Douleur. C'est d'un chic fou en plus. Parfait pour ma rencontre de tout à l'heure avec une nouvelle cliente. Effet instantané.

lundi 11 mai 2009

L'inévitable

Ce qui devait arriver, arriva.

Moi qui ai fait mille et une recherches, qui ai postulé pour des contrats, des emplois à temps plein et qui ai fait en même temps une demande à l'université, me voilà devant un choix dé-chi-rant.

Le 21 mai, j'ai un examen d'une journée complète pour mon admission à la maîtrise.

Vendredi dernier, je me suis fait offrir un emploi à plein temps à 10 minutes de chez moi.

Dé-chi-rant, je vous le dis.

J'ai à peine 10 jours pour décider, même si je n'aurai pas les résultats de mon examen. Je dois essayer de trouver une façon de retarder ma décision et de mettre de la pression sur le personnel de l'université pour que j'aie mes résultats au plus vite.

Je passe mes journées (et mes nuits) à peser le pour et le contre de tout ça et malheureusement, il y a autant de pour des 2 côtés. De toute évidence, la création de listes et de colonnes de plus et de moins ne me permettra pas de trancher. Ni l'opinion des gens qui m'entourent. La moitié d'entre eux me suggère l'école, et l'autre, vous l'aurez deviné, le boulot.

Bref, la décision ne revient qu'à moi. C'est bien ça le pire.

Un an d'études, ouf. C'est quelque chose quand on est rendus dans la trentaine, et ce n'est pas un programme facile ni léger! Mais après, 100 % de placement, super salaire. Un an de sacrifices et d'inconnu pour un emploi stimulant, stressant et payant.

Le boulot, à côté de la maison, un boulot que j'aimerais bien, mais à plein temps, la routine, pas trop de vacances, peut-être pas trop stimulant non plus. La sécurité par contre. Le connu. La facilité.

Encore faudrait-il que je réussisse l'examen d'entrée à la suite duquel seulement 2 ou 3 personnes sont choisie (semble-t-il).

Ma philosophie est la suivante. Si cette maîtrise est faite pour moi, je serai acceptée et je la ferai. Sinon, il y aura d'autres emplois j'imagine... enfin j'espère!

dimanche 3 mai 2009

Pour toi, Petit Monsieur

Comment ça se peut? Comment est-ce arrivé? Comment 7 ans ont pu passer si vite? Comme si je m'étais endormie et réveillée en sursaut 7 ans plus tard. Comme si une grosse tranche de ma vie m'avait filée entre les doigts.

Il y a 7 ans, à cette heure-ci, des petits flocons de neige virevoltaient de ma fenêtre d'hôpital. Oui. Un 3 mai. Il neigeait. Je n'oublierai jamais ça.

Il y a 7 ans, à cette heure-ci, mon fils arrivait parmi nous avec une bonne semaine de retard.

Petit Monsieur, si comique, si enjoué.

Petit Monsieur aux multiples talents.

Petit Monsieur, si sensible, si authentique.

Petit Monsieur, si attentionné, si affectueux.

Petit Monsieur, que tout le monde aime tant.

Petit Monsieur au si grand coeur.

Comme je suis contente de partager ta vie!

Comme je suis fière de la personne que tu deviens!

À tous les jours, j'apprends à te connaître. À tous les jours, tu m'apprends à être une meilleure maman.

Joyeux anniversaire, mon petit coeur de pomme. Je t'aime de tout mon coeur.

samedi 18 avril 2009

La vie des gens riches et célèbres

Aujourd'hui, Fillette avait (encore) une fête d'amies. Une fête pas comme les autres. Quand elle a reçu le carton d'invitation, c'était tellement pas clair et ça laissait tellement place à l'interprétation que j'ai été obligée d'appeler la maman de l'amie. Pourquoi, si l'amie demeure à 5 minutes d'ici, la fête a-t-elle lieu dans une résidence à 30 minutes d'ici? Assez casse-pieds! 1 heure de route aller-retour! En plus, on a bien une heure d'arrivée, mais pour ce qui est de l'heure du départ, nada.

Quand j'ai questionné Fillette pour avoir plus de détails, elle m'a dit :

- La fête est chez une amie très riche de la maman (!!!!) et je dois apporter mon maillot de bain.

???????????????????????????????? Encore moins clair.

Alors j'appelle donc la maman en question.

Maman pieuvre : Bonjour, je suis la maman de Fillette, j'appelle pour confirmer sa présence à la fête et pour avoir quelques explications.
Autre maman, riant : Oui, j'allais appeler toutes les mamans pour leur expliquer le déroulement de la fête.

Ça promet. Le déroulement doit être expliqué pour tous.

Autre maman : Bon, une limousine ira chercher toutes les amies vers 15h, nous conduira chez mon amie dans la ville de X. Fillette doit apporter son maillot de bain, il y a une piscine intérieure et un bain giratoire. Elle doit apporter un toutou et un pyjama car c'est un party pyjama. La limousine reconduira toutes les amies le lendemain vers 11h.

Maman pieuvre : euh...............

Autre maman : Si elle veut pas dormir ici, ou si vous ne voulez pas qu'elle dorme ici, pas de problème, la limousine ira la reconduire le soir chez vous.

Maman pieuvre : Non, ce n'est pas ça, je m'attendais pas à ça, je serais allée la reconduire (à contre-coeur mais quand même!!) Bon ben elle sera bien contente!

Autre maman : Tant mieux!

Alors cet après-midi, Fillette a mis sa chaise devant la fenêtre et attendait. Elle avait son sac à dos, son sac de couchage, le cadeau de son amie. À chaque 35 secondes, elle se levait pour aller voir l'heure. L'heure fatidique était légèrement passée. La frustration la gagnait.

Fillette : J'ai jamais fait un tour de limousine DE MA VIE Maman!
Maman pieuvre : Ah oui ta LONGUE vie de même pas 9 ans, il était à peu près temps que tu connaisses les joies du transport de luxe!

Tout à coup, une loooooooooooooooooonnnnnnnnnnngue limousine grise tourne dans l'entrée. Ne sachant plus où donner de la tête, Fillette se lève, se rassoit, se relève, prend le sac, le dépose, prend son sac à dos, sort, oublie le cadeau, revient, bref, viiiiiiiiiiite il fallait sortir pour que la limousine ne pense pas qu'il n'y a personne.

Autre maman sort, lunettes fumées malgré le temps gris, et s'excuse de son retard.

Autre maman : C'est parce que pour sa fête, on lui a offert un chiot et on est allés le voir et elle ne voulait plus le quitter.
Maman pieuvre, à l'amie fêtée : Tu as eu un chien?
Amie fêtée : Oooooooooouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!
Maman pieuvre : Comment tu l'as appelé?
Amie fêtée, regardant sa maman : Je m'en souviens plus!

Très évidemment, amie fêtée n'a pas choisi le nom de son propre chien.

Autre maman, à sa fille : Le chien s'appelle Gucci!

J'éclate de rire. AAAAAhhhhhh, quel nom parfait pour le chien de cette famille!

Le chauffeur de limousine commence à me demander des explications pour se rendre au pont. Surprise, je lui demande s'il ne cherche pas plutôt l'autoroute pour aller dans la ville de X. Il dit non, je m'en vais chez ****************** (strustures de jeux intérieures).

Juste à imaginer la loooooooooooooonnnnnnnnnnnnnngue limo dans le stationnement de *********, je rigole.

Je suis contente pour Fillette qui vivra quelque chose de spécial, mais je ne peux m'empêcher de me demander ce que cette amie fera pour sa fête l'an prochain, l'année suivante et dans quelques années. Enfant unique, elle a toujours eu des fêtes extravagantes. Mais y a-t-il une limite à toute cette démesure? Elle a neuf ans!

J'espère que demain, je n'entendrai pas des phrases de type : Maman, moi aussi pour ma fête je veux une limo!

samedi 4 avril 2009

Un ange cornu avec des ailes de tôle

Fillette est une enfant modèle. Elle a son caractère, c'est certain. Mais pour le fonctionnement en société, elle ne déroge jamais. Elle est toujours à son affaire. Elle écoute. Elle obéit. Elle est mature. Elle est reponsable. Elle est fiable. Elle suit les consignes et les règlements. Toujours.

Ses professeurs en voudraient 20 comme elle dans la classe. C'est pas moi qui le dis, c'est eux.

Alors hier, j'ai découvert une petite fissure dans l'armure parfaite de ma Fillette. Très petite.

Fillette : Maman, aujourd'hui, j'ai fait quelque chose comme les tannants!
Maman pieuvre, qui se retourne lentement : Toi? Tu as fait quelque chose de tannant?
Fillette, espiègle : Ouiiiiiii!

Bon. À l'école en plus! L'endroit sacré, l'endroit où personne ne connaît les pendants obscurs de sa personnalité, où personne ne sait qu'elle peut-être tellement têtue, obstinée et même colérique.

Maman pieuvre, curieuse : Qu'est-ce que tu as fait?
Fillette : J'avais une boule de papier, et je l'ai lancée dans les airs et tout le monde l'a vue!

Ouf. La déchéance.

Maman pieuvre : Est-ce que Mme S. t'a vue?
Fillette : Non, mais elle a vu le papier. Elle a demandé qui a fait ça?
Maman pieuvre : Et...
Fillette : Ben j'ai dit c'est moi!

Bien sûr. Même dans la controverse, Fillette reste intègre. Qu'elle ait pris la chance que Mme S., qui la trouve parfaite, la reprenne ou lui fasse des reproches, je n'en reviens pas!

Fillette : D'habitude, elle donne une fiche quand quelqu'un fait ça. Mais à moi, elle a dit va ramasser ça tout de suite.
Maman pieuvre, tentant de démontrer que ce n'est pas la fin du monde de faire quelque chose qui déroge un peu, que des fois c'est bien de se laisser aller : Et puis, es-tu morte?
Fillette : Non.
Maman pieuvre : Penses-tu que Mme S. est fâchée et qu'elle ne t'aime plus et qu'elle voudra plus te parler?
Fillette, souriant : Non.

Si son frère avait fait ça dans sa classe, premièrement il ne me l'aurait jamais dit, deuxièmement, s'il me l'avait dit, je l'aurais sermonné parce que je sais que lui aime ça faire le bouffon.

Mais quand Fillette m'a dit ça, tout ce que j'ai fait c'est rire. Je ne peux pas imaginer Fillette parmi les tannants. C'est comme si elle avait osé faire une bêtise (si petite bêtise par surcroît) pour voir. Juste pour voir comment on se sentait dans l'autre clan.

Alors j'ai trouvé ça drôle. Et finalement, ce n'est pas vrai qu'on élève les enfants d'une famille de la même manière. De son frère, je n'aurais pas laissé passé ça. Car avec lui, une fois n'est JAMAIS coutume. Mais de ce qu'a fait Fillette, j'ai ri. J'étais même complice.

jeudi 2 avril 2009

Un des plus grands plaisirs de la vie

J'adore lire. Je lis tout le temps, partout, n'importe quoi, en anglais, en français, des romans, des biographies, des polars, des magazines, des journaux, des blogues, des sites internet, alouette.

J'ai toujours un livre dans mon sac au cas où j'aurais 5 minutes. J'ai besoin d'avoir plusieurs livres non lus à la maison car quand j'en finis un, je ne veux pas me retrouver sans avoir rien à lire. J'en ai présentement 3 en réserve. Bref, je consomme la littérature comme certains consomment la télévision ou les jeux vidéo. J'en veux tout le temps, toujours plus, et je ne pourrais vivre sans elle.

Tout ce plaisir intellectuel et bullaire (adj. venant du mot bulle et expliquant que quand je lis, j'y suis) est décuplé quand on constate que sa progéniture a aussi cette dépendance.

Fillette aime beaucoup lire. Elle aime particulièrement les briques (comme moi). Elle préfère lire avant de se coucher, tranquille dans sa chambre.

Petit Monsieur, à ma grande (et oh combien joyeuse) surprise, lit tout le temps. Il lit un petit roman de 50-60 pages par jour!! Quand même, il n'a que 6 ans. La première chose qu'il dit en mettant un pied dans la maison c'est : je me demande quel nouveau livre tu m'as trouvé aujourd'hui!

Il lit en arrivant de l'école, il lit le matin en se levant, il lit même pendant que sa soeur joue au Wii à côté. Il veut lire en marchant même. Il attend qu'il fasse beau pour aller lire dans la balançoire.

Petit Monsieur est très actif, il fait beaucoup de sports, je n'aurais pas pensé qu'il aime prendre le temps de lire. Un garçon en plus! Et puis, ça commence à paraître qu'il lit beaucoup, il a rajouté des métaphores à son vocabulaire, il retient l'orthographe, il est bon en français... le fils de sa mère, quoi.

TANT MIEUX! Il faudrait maintenant qu'il veuille aller emprunter des livres à la bibliothèque, car ça coûte cher ce passe-temps! Mais j'aime mieux payer pour des livres que pour des figurines inutiles.

Et vous savez quoi? Il a même commencé à écrire un livre... il a déjà une vingtaine de pages d'écrites avec sa belle calligraphie d'enfant de première année gaucher... Quel beau souvenir ça fera!

vendredi 27 mars 2009

Comme une poule pas de tête

Ça y est. Je crois que je capote. J'avais décidé qu'en 2009, soit je me trouverais de nouveaux contrats ou un emploi, soit je ferais un retour aux études.

De la manière dont c'est parti, ça sera tout ou rien. Je ne suis pas plus avancée. Oui et non en fait.

J'ai fait ma demande à l'université pour faire une maîtrise. Les papiers ont été envoyés à la fin du mois de janvier. Si je passe la première étape, il y aura un examen d'une journée complète en juin. Je n'ai aucune nouvelle d'eux.

Je postule pour des emplois à temps plein dans le domaine des communications. Je devrais avoir des nouvelles bientôt.

Je fais des soumissions pour plusieurs contrats, dont un assez majeur dans le domaine de la politique et qui me tiendrait occupée d'avril à novembre, jusqu'aux élections. Un autre d'avril à août. En plus des contrats que je fais sur une base régulière et surtout en plus de celui que je fais présentement dans le domaine juridique et qui est en train de me rendre complètement folle.

Éparpillée, vous dites????

SAUF QUE :

1. Si ça ne fonctionne pas pour les emplois à temps plein, j'aurai au moins des contrats.
2. Mais si j'ai le contrat en politique et que le tout se termine en novembre, qu'arrive-t-il avec ma maîtrise?
3. Si ça fonctionne pour un emploi à temps plein, qu'arrive-t-il avec ma maîtrise?
4. Si je ne suis pas acceptée à l'école, aurai-je assez de contrats pour me satisfaire?
5. Et, question ultime, si j'ai le contrat en politique, une offre pour un emploi à temps plein ET que je suis acceptée à l'école, je fais quoi??????

Pourquoi j'ai fait tout ça dans le fond? Je ne peux pas mettre ma vie en veilleuse en attendant que j'aie une réponse de l'université. Alors j'ai décidé de continuer à chercher. Mais j'aurai des nouvelles bientôt j'imagine...

En attendant, je ne peux faire que deux choses : attendre et espérer que tout se décide tout seul.

jeudi 19 mars 2009

Conclusion

Il y a les vérités de La Palice. Il y a les lois de Lavoisier. Je vous présente maintenant, en grande primeur, Les Constats de Maman pieuvre. Vous aurez un constat de temps à autre, question de faire durer le plaisir.

Constat no 1 :

La maternité détruit les neurones.

Après 10 ans à la maison à faire des petits contrats pour m'occuper pendant que j'accomplis (du moins, j'essaie) le travail le plus important, soit d'élever mes deux enfants, j'ai renoué hier avec le marché du travail.

Je me suis décrochée un contrat assez important pour participer à la rédaction d'un dictionnaire juridique. Palpitant, me direz-vous. Hummmm. Pas vraiment.

Prenant mon courage à deux mains, je débourse une somme faramineuse pour le stationnement au centre-ville de la capitale nationale. J'avais deux rues à traverser. Me retrouver dans la foule des gens du marché du travail le matin, je n'avais pas vécu ça depuis longtemps. Wow, y'a beaucoup de gens qui ont une vie...

Ma journée s'est limitée à lire et surtout à essayer de comprendre la différence entre bisystémisme, bijuridisme et dualisme juridique. Je peux honnêtement vous dire que si les textes avaient été en chinois, j'aurais mieux compris.

Je n'ai rien compris de mes lectures, je suis rouillée, je suis déconnectée du marché du travail. En plus, le stationnement est cher, y'a trop de monde partout le midi et il faut une carte pour aller aux toilettes.

Grâce à mon constat, j'ai fait économiser des centaines de milliers de dollars au gouvernement. Pas besoin d'études ou de sondages auprès des mères de famille, pas besoin de les suivre pendant 20 ans pour voir leur évolution. La maternité détruit les neurones. J'en suis la preuve vivante.

mercredi 11 mars 2009

Ma vie en 13 chansons

Alors voilà, j'ai été taguée. La liste a été TRÈS difficile à compiler, trop de choix, trop de titres, j'aime tellement la musique. Alors cette liste reflète mes choix aujourd'hui. Autre époque, autres choix. Alors voici ce qui en est :

Une chanson que j'écoute depuis des années sans m'en lasser :
Salsbury Hill de Peter Gabriel

Une chanson qui évoque mes 16 ans :
With or Without You de U2

Une chanson qui rappelle mon 1er amour :
Every Breath You Take de The Police

Une chanson qui me rend instantanément de bonne humeur :
Road to Nowhere de Talking Heads

Une chanson qui m'émeut et me donne les larmes aux yeux :
Avec le temps de Léo Ferré

Une chanson qui me fait rire :
Lola par The Kinks

Une chanson qui me défoule :
Boys of Summer de Don Henley

Une chanson qui me donne envie de danser :
Don't Stop the Music de Rihanna

Une chanson pour un tête-à-tête en amoureux :
Wicked Games de Chris Isaak

Une chanson que j'ai un peu (mais pas trop) honte d'aimer :
Joe Dassin (n'importe laquelle)

Une chanson pour faire du ménage :
Hung Up de Madonna

Une chanson qui dépeint bien mon humeur du jour :
Where is My Mind de The Pixies

Une chanson que j'écoute ces temps-ci et qui ne me sort jamais de la tête :
Breathe Me de Sia

Alors voilà ma petite compilation. Le pire c'est que je n'aime pas Madonna, ni Rihanna. De plus, mes chansons préférées n'apparaissent nulle part dans cette liste. Mais j'ai fait de mon mieux pour répondre à ces questions très précises.

J'envoie le tag à ma copine des Allsaints !

mercredi 4 mars 2009

Réveil

Cette semaine, c'est congé. Les enfants n'ont pas d'activités aujourd'hui, alors je comptais bien DORMIR plus tard que 7h.

365 jours par année, je me lève le matin. Je ne fais jamais la grasse matinée, je suis toujours demandée pour une chose ou une autre. Selon moi, la pire chose d'avoir des enfants c'est qu'on ne dort plus. Jamais.

Ce matin, le seul endroit où on devait aller c'était faire couper les cheveux de Petit Monsieur à 9h30. Et c'est à 5 minutes d'ici. Donc techniquement, je pouvais me lever plus tard. J'espérais que mes enfants se prennent quelque chose pour déjeuner et me laissent dormir un peu.

À 7h40 (plus tard qu'à l'habitude, j'en conviens...), les enfants entrent dans la chambre. Petit Monsieur lève ma toile, j'ai la lumière du jour dans les yeux. Je me retourne et j'ai une vision.

Fillette se tient dans l'embrasure de la porte, un plateau dans les mains. Je vois une assiette et un verre avec une paille bleue.

Petit Monsieur : Maman, on t'a fait un déjeuner au lit!
Maman pieuvre : Quoi?
Fillette : Je t'ai fait 2 rôties au beurre d'érable.

Elle apporte le plateau. Dans la grande assiette, il y avait effectivement deux tranches de pain grillé parfaitement enduites de beurre d'érable (il y en avait dans tous les coins, ça c'est bien ma Fillette), un verre de jus d'orange avec un paille bleue et une banane à côté de l'assiette.

Maman pieuvre : Wow! Merci beaucoup! Quelle belle surprise!
Petit Monsieur : Avec tous les services que tu nous rends, on a décidé de te faire à déjeuner.
Fillette : En plus, on va se faire notre déjeuner nous-mêmes, alors tu n'auras pas à le faire pour nous et tu pourras manger tranquillement.

J'étais bouche bée.

Fillette : Mais maman...
Maman pieuvre : Oui?
Fillette : Je m'excuse de t'avoir réveillée...

Des réveils comme ça, y'en a pas de plus beaux.

mercredi 25 février 2009

Vive le système de santé gratuit

Je suis certaine qu'hier, vers 13h, vous avez tous entendu mon soupir de soulagement virtuel.

Petit Monsieur a une entorse. Pas besoin de plâtre.

Voici un petit aperçu de notre système de santé québécois.

Lundi pm, Petit Monsieur saute de la troisième marche et se blesse au pied. Il ne peut pas mettre son pied par terre, ça fait trop mal. Au lieu de partir et d'attendre 13 heures à l'urgence avec un enfant de 6 ans, je me dis que j'irai faire ses radios dans le privé. Je trouve 2 cliniques de radiologies sans rendez-vous. J'appelle pour m'informer si on peut juste débarquer là sans papiers. Qu'en pensez-vous? BIEN SÛR QUE NON.

Vivant dans la région du Québec où les services en santé sont les plus pourris, je dois vous avouer que nous faisons tout de même partie des privilégiés qui ont un pédiatre pour leurs enfants.

J'appelle ladite pédiatre pour qu'elle me fasse un papier pour les radiographies. J'explique mon histoire à la secrétaire zélée qui me dit :

- Le Docteur doit le voir avant de vous faire un papier.

Maman pieuvre : Pas de problème, on arrive.
Secrétaire zélée : Ben non, elle peut pas le voir aujourd'hui, y'a pas de place.
Maman pieuvre, qui revendique quand même un droit d'accès à son pédiatre : Ah bon?
Secrétaire zélée : J'ai pas de place avant la semaine prochaine.
Maman pieuvre : ....
Secrétaire zélée : Allô?
Maman pieuvre : Il peut pas marcher...
Secrétaire zélée, qui soudainement voit un trou dans l'horaire : J'aurais jeudi 11h.
Maman pieuvre : On est lundi!
Secrétaire zélée : C'est tout ce que j'ai.
Maman pieuvre, d'une manière sarcastique : Ben merci beaucoup pour votre aide.
Secrétaire zélée, qui n'a pas saisi le sarcasme : De rien!

Alors en route pour l'hôpital où nous avons baigné dans un aquarium de microbes, de mucus et de virus pendant plusieurs heures.

L'important c'est qu'il n'ait rien de grave. On aura une belle semaine de relâche! Youppi!

lundi 23 février 2009

Et le gagnant est...

Désolée, je ne vous ai pas oubliés. Petit Monsieur a peut-être un pied cassé alors disons que je suis un peu stressée... j'attends la visite de ma copine médecin (Hallelujah!!!).

Alors, les résultats. Il n'y a pas UN, mais DEUX gagnants!

Bravo à Garamond et à Grébiche humaine qui ont bien deviné. En effet, les chances sont très bonnes pour que nous partions en famille à ..... San Francisco! Selon moi, une des plus belles villes des États-Unis avec ses rangées de maisons victoriennes près de l'eau. Fin juin, il fera beau, pas trop chaud. Ça doit faire au moins 15 ans que je n'y ai pas mis les pieds, j'espère bien y retourner.

Alcatraz, la baie, Lombard Street, le Golden Gate Bridge, les rues si abruptes. L'Homme compte bien essayer d'aller voir les Giants. Dommage pour les Américains, mais la raison pour laquelle je trouve la ville si belle, c'est que justement elle n'est pas comme les autres villes américaines. Elle a un cachet européen qui lui donne son charme si particulier.

Merci à tous ceux qui ont participé, sur le blogue, par courriel ou de vive voix!

Bravo aux deux gagnants! En espérant que tout ça se concrétise, je vous tiens au courant! Je vous tiens aussi au courant pour le pied de Petit Monsieur qui déprime déjà car la relâche arrive à grands pas, et on avait organisé plein d'activités qui nécessitent malheureusement l'usage de deux jambes...

samedi 21 février 2009

Devinette

Les chances sont très bonnes pour qu'à la fin des classes, on prenne l'avion pour un séjour dans une des plus belles villes des États-Unis.

Maintenant, en attendant que ça se confirme, je vous lance la devinette : quelle est, selon vous, la plus belle ville des États-Unis?

J'attends vos réponses et je dévoilerai le gagnant, s'il y en a un, lundi soir!

Bon weekend!

vendredi 13 février 2009

Je me souviens

Les gens de la génération de mes parents se souviennent tous de ce qu'ils faisaient quand ils ont appris l'assassinat de JFK. Ou quand le premier homme a (soi-disant) marché sur la lune.

Moi, je me souviens du 11 septembre 2001. Je me souviens d'avoir vu en direct, avec ma fille de 1 an, l'avion s'écraser dans la 2eme tour.

Je me souviens d'avoir appris en direct la mort de Lady Di après avoir passé une nuit complète à revoir les images de l'accident.

Je me souviens de la disparition de JFK jr.

Je me souviens de la chute du mur de Berlin.

Je me souviens aussi, même si j'étais très jeune, de la mort de Gilles Villeneuve.

Je vous jure que je me souviens aussi d'avoir regardé brûler le pavillon des États-Unis de l'expo 67 (la grosse boule de métal) de la fenêtre du salon où j'habitais de l'autre côté du fleuve et j'avais seulement 2 ans.

Et évidemment, je me souviens du 6 décembre 1989. Polytechnique.

J'étais étudiante au Cégep, je pouvais compter les mois avant mon entrée à l'université. Ce soir-là, je gardais deux petites filles. Près de chez moi. À quelques kilomètres seulement de la Polytechnique. Si près et si loin en même temps.

Le film est percutant. D'abord, le choix du noir et blanc est un coup de maître. L'accent est mis sur la sobriété. Sur l'événement et non le tueur. Sur le drame et non la boucherie. J'avais littéralement la bouche sèche et le coeur qui battait la chamade quand il est entré dans la classe. L'angoisse est toujours à son paroxisme quand on sait ce qui s'en vient.

Trouvez-moi UN SEUL gars qui pourrait affirmer aujourd'hui sans mentir qu'il serait resté ou retourné dans la classe. Jamais. Parce qu'ultimement, chacun veut sauver sa peau. C'est normal. Ne condamnons pas les gens qui ont voulu survivre.

Et c'est quoi, la controverse? Pourquoi on ne voudrait pas se souvenir et rendre hommage aux victimes? Pourquoi on n'en profiterait pas pour se souvenir de la chance inouie qu'on a d'avoir l'opportunité d'étudier ce qu'on veut? De faire ce qu'on veut de notre vie? Que malgré ce détraqué, les femmes ont montré de quoi elles étaient faites en choisissant d'aller en génie. En n'abandonnant pas. Et nous, celles qui suivent, nous souviendrons toute notre vie. Que quelques mois nous séparaient de la même situation. Que le malheur s'est acharné sur d'autres que nous. Que nous avons eu une sacrée chance.

Que malheureusement encore, la femme gêne et dérange. Mais qu'elle continuera de se battre et de prendre sa place. Qu'elle ne pliera pas devant l'intimidation.

Et pour nos enfants, nos filles surtout, on se souviendra.

jeudi 12 février 2009

L'Hurluberlu

Il a commencé tard dans le métier. Il doit peser 100 livres mouillé. Il a une toison brocolienne. L'avez-vous reconnu? C'est André Sauvé. Et je suis allée voir son spectacle hier soir.

J'ai entendu tous les gens du métier dire que c'était le spectacle de l'année. Des textes brillants. Un humour déjanté, déstabilisant. Le Yvon Deschamps de son époque.

Je suis ce qu'on appelle un "tough public". Des spectacles d'humour, j'en ai vus un et un autre. Des émissions d'humour, j'en ai écoutées à la pelle. Il me faut vraiment quelque chose de nouveau et d'étonnant pour que je m'esclaffe. Je trouve toujours les gags prévisibles. Bref, je suis difficile.

Encore hier soir, pendant que toute la salle se tapait sur les cuisses, j'étais peut-être la seule à ne pas rire. Pas que ce n'était pas drôle. Mais un peu trop déjà vu, un peu trop prévisible.

Les quelques extraits vidéo étaient drôles. La deuxième partie, largement supérieure à la première. Il aurait dû terminer le spectacle avec le sketch de l'épicerie, son numéro le plus fort. Ben non. Il l'a fait suivre par un numéro pas si mal, mais plus faible.

Ceci étant dit, c'est son premier One Man Show. Il commence. Le potentiel est là, il s'agit seulement de trouver le bon rythme je crois. Le bon enchaînement. Deux numéros étaient assez faibles. Trop de répétition du même texte. On voyait venir ça à 100 milles à l'heure. Il en a abusé.

De plus, je déteste quand la personne sur scène fait participer le public. Il fallait se lever et s'asseoir à répétition, quel niaisage. Mais les gens étaient contents. Ils le faisaient en riant. Moi je veux juste aller voir un show. Pas faire partie du show.

Tout le monde est sorti de la salle, complètement enchanté. Tout le monde a adoré. Tant mieux. Il a atteint son objectif. Mais moi, qui suis difficile, j'ai bien aimé. Sans plus. J'étais surtout contente d'avoir une sortie avec l'Homme, même si c'était un mercredi soir.

J'espère que son deuxième spectacle sera un peu plus peaufiné. Son univers est complètement cinglé, j'avais hâte d'y pénétrer, mais une fois rendue dans les couloirs de son esprit, ce n'est pas si cinglé que ça.

Ou peut-être est-ce moi qui le suis trop???

mercredi 11 février 2009

Taguée

Ma copine, qui écrit elle aussi son blog, s'est prêtée à un petit jeu et m'a taguée pour que j'en fasse de même. Alors voici.

5 choses que je retiens de 2008

1. Notre premier voyage au Mexique en famille!
2. Nos vacances d'été à New York
3. Ma nouvelle cuisine
4. La création de mon blog comme lieu d'épanchement mental
5. Toutes les nouvelles personnes que j'ai rencontrées, réelles et virtuelles


5 choses que je préfère oublier de 2008

1. La mort de mon beau-père
2. Le vol dans ma voiture
3. Ma gastro-entérite aigue!
4. Que je ne sois pas allée à Prague et à Vienne avec ma douce moitié
5. La grève des autobus qui a fait de moi un véritable taxi


5 choses que je vais essayer de faire en 2009

1. Me trouver un travail ou retourner aux études
2. Sortir plus souvent en couple
3. Aller au théâtre
4. Faire le ménage de la salle de débarras au sous-sol (soupir)
5. Économiser (!!!)

Merci Fabienne pour cette idée de faire ce petit bilan. Ça permet de mettre les projets en perspective.

mardi 10 février 2009

J'en peux pus!

Je risque de déplaire à beaucoup de gens. Je risque même de me faire lancer des tomates. Pour certains, ce que je dirai sera sûrement perçu comme un sacrilège. Tant pis. Je le dis quand même. Voilà. C'est officiel.

J'en peux pus de Michel Tremblay.

Ahhhhhhhhhhh. Ça fait du bien. Ça soulage.

Je viens de finir ses deux derniers romans, La traversée du continent (encensé par la critique) et La traversée de la ville et oh malheur, il y aura bientôt une suite!!

Je pense que les gens ont tellement entendu que Michel Tremblay est un des plus grands auteurs québécois, qu'ils gobent tout ce qu'il écrit sans aucun discernement. C'est comme s'il ne pouvait rien faire de mauvais. Comme si on n'avait pas le droit de le critiquer.

Ses deux derniers livres (surtout La traversée de la ville) sont tellement ordinaires, moi qui lis à vitesse avec un grand V, ça m'a pris plus que 3 semaines à lire 150 pages. Je me suis forcée, juste pour voir si tout ça s'en allait vraiment quelque part. On pense que oui et finalement, non. Même que (sacrilège ultime pour quelqu'un qui, comme moi, ne ferait que lire toute la journée), dans La traversée de la ville, j'ai sauté plusieurs passages. Je suis allée contre ma nature tellement je n'en pouvais plus. J'ai fait quelque chose que jamais je n'aurais pensé faire. À chaque fois que j'arrivais à un passage de la vie de la jeune fille, je lisais en diagonale, en grande diagonale même.

Ceci dit, je n'ai pas dit que Michel Tremblay n'était pas un grand auteur. Il nous a donné plusieurs petits bijoux, surtout en théâtre. J'ai moi-même tenu le rôle de Germaine dans les Belles-Soeurs. Quel beau cadeau.

À quoi pensait-il en écrivant ces deux derniers récits? Si au moins il les avait basés sur la vraie vie de Rhéauna, ça m'aurait peut-être accrochée! Le personnage est vrai, mais son histoire ne l'est pas. Complètement inutile. Et l'histoire ne raconte rien. C'est vite fait, il a plogué des sites de quelques provinces canadiennes pour nous fermer la trappe et pour qu'on pense qu'il a fait ses recherches. Facile.

Pas besoin de vous dire que je ne vous recommande pas ces deux livres. Je ne lirai pas le troisième non plus. Et je pense que je prendrai une grande pause de Michel Tremblay. Le plus beau est derrière lui.

Des fois, il faut savoir s'arrêter au bon moment.

mercredi 4 février 2009

Le Paravent

Je ne sais pas si ça se passe comme ça dans toutes les écoles. Je ne sais même pas si ça se passe comme ça dans toute NOTRE école. Mais dans la classe de Petit Monsieur, il y a un paravent.

Objet décoratif? demanderez-vous. Ou encore, séparation visuelle entre le coin lecture et la classe peut-être?

Non.

Le paravent, c'est pour isoler les "cas". Ceux qui bougent trop, ceux qui n'écoutent pas, ceux qui ont de la difficulté à se concentrer, ceux qui se font toujours crier après, ceux qui dérangent.

Lundi, après l'école, Petit Monsieur avait un air désemparé. Il entre, il s'assoit dans l'entrée et ne bougeait pas. Il n'a pas pris la peine de retirer son habit de neige tellement il était découragé. Il restait là, assis, pendant que je parlais à sa soeur. Au bout de 5 minutes, il n'avait pas encore bougé. Je vais le voir pour lui demander ce qui se passe.

Petit Monsieur : J'ai pas eu une bonne journée.
Maman pieuvre : Qu'est-ce qui s'est passé?
Petit Monsieur : Ben j'écoute pas.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Maman pieuvre : Ben écoute!
Petit Monsieur, les yeux pleins d'eau : Mme G. m'a crié après! Pour la première fois! Elle a dit ta tête est pas dans la classe! Tu vas retourner en maternelle vu que tu écoutes pas bien!
Maman pieuvre : Elle a dit ça? Pour vrai?
Petit Monsieur, outré : Oui!
Maman pieuvre : Tu étais dans la lune, c'est ça?
Petit Monsieur : Oui. Elle m'a envoyé derrière le paravent où les tannants vont tout le temps.

Ouf. L'insulte suprême. Petit Monsieur est loin d'être tannant. Il se plaint d'ailleurs des amis qui font des conneries. Il réussit bien, il ne dérange pas les autres, il comprend vite, son problème, comme je l'ai expliqué au début de l'année dans ce blogue, c'est qu'il n'est pas assez occupé. Il termine vite, comprend vite et il décolle. Où va-t-il pendant ce temps? Que se passe-t-il dans sa tête? Je ne saurais le dire.

Mais il me semble que 2 et 2 font 4. Un enfant qui a presque toujours 100%, qui ne cause pas de problème et qui est dans la lune, si j'étais prof, il me semble que je verrais qu'il s'ennuie!

Bon.

Hier, mardi, il revient de l'école aussi piteux. Il était encore allé derrière le paravent. On dirait que même physiquement, il s'en ressent. Il a le dos un peu courbé, n'est pas fier de lui. Il est déçu. Il était même inquiet de partir ce matin, tout à coup il allait encore derrière le paravent!

En tous cas, à date, la méthode du paravent n'est pas très efficace. S'il est dans la lune, qu'est-ce que le fait d'être derrière le paravent va changer? Ça va être pire! Il voit rien. En plus, il est allé hier parce que Mme G. a dû lui répéter de faire son sac.

J'ai hâte qu'il vienne manger ce midi. Je lui ai dit tu vas voir, tu vas revenir et tu vas être content de me dire que tu as écouté! Que tu n'es pas allé derrière le paravent!

Il m'a crue. Quelle pression!

samedi 31 janvier 2009

La condition humaine

Je reviens de voir le film The Wrestler (Le Lutteur en français) et je n'ai pas pu attendre avant d'écrire mes commentaires.

Je ne sais pas trop par où commencer. Par l'histoire? L'acteur? La fin?

Je viens tout juste d'assister à la résurrection de Mickey Rourke. S'il ne remporte pas l'Oscar du meilleur acteur, je ne m'appelle pas Maman pieuvre! Le casting est absoulement parfait. Mickey Rourke, dont la carrière se superpose étrangement à celle de son personnage. Mickey Rourke, défiguré d'avoir trop voulu s'améliorer. PERSONNE D'AUTRE QUE LUI n'aurait pu tenir ce rôle de lutteur fini.

Adoré par son public, mais ne souhaitant que l'amour de ses proches.

Reconnu partout où il va, mais toujours terriblement seul.

Brûlant la chandelle par les deux bouts, mais choisissant de continuer plutôt que d'affronter le pathétisme criant de sa vie.

Et toujours ces 2 cordes de guitare jouées tristement. Pour nous faire encore plus sombrer dans sa détresse.

C'est l'histoire d'une fin. C'est l'histoire d'une vie. C'est une histoire intemporelle, qui peut se transposer à n'importe qui, n'importe où.

Avec une fin à la Thelma and Louise.

Le pire dans tout ça, le plus triste, c'est que j'ai aussi assisté à la fin de Mickey Rourke. Car si ce film est l'apothéose de sa carrière, il est inconcevable qu'il puisse être convaincant dans d'autres rôles. Il est marqué au fer chaud. C'était le rôle de sa vie, un peu l'histoire de sa vie même. La physionomie parfaite pour le rôle. Qui d'autre pourrait-il être, maintenant qu'il est The Wrestler? Maintenant qu'il s'est complètement mis à nu?

Maintenant qu'il a tout donné?

jeudi 29 janvier 2009

La course vers les vacances

J'avais dans la tête que l'été prochain, on louerait un chalet. Pas pour tout l'été. Pour une semaine. Juste pour être sur le bord d'un lac, pour dormir ailleurs, pour faire des feux dehors, pour pêcher.

Juste pour relaxer un peu.

L'Homme a d'emblée été contre l'idée.

L'Homme : Ahhhhh, c'est pas dépaysant. On a une piscine, un bois à l'arrière. Je veux être dépaysé pendant mes vacances. Rester au Québec c'est pas trop exotique.

!!!!

Maman pieuvre : Rien ne nous empêche de faire autre chose plus tard, le chalet on peut le prendre pour 5 jours. Tu as 3 semaines de vacances, il reste plein de temps. Qu'est-ce que tu voudrais faire?
L'Homme : Aller voir le Grand Canyon.
Maman pieuvre : C'est pas vraiment le même budget!
L'Homme : On a le temps d'y penser. Je ne sais même pas quand je vais prendre mes vacances.

Je me suis retenue de lui dire que ça fait 8 ans qu'il prend ses vacances au mois d'août, des plans pour qu'il fasse exprès de faire différent cette année!

Pendant ce temps, je naviguais sur les sites de location de chalets, bien décidée à en trouver un qui puisse le convaincre. Mes recherches ont porté fruit, j'en trouve 2 qui semblent supers!

Je reviens donc à la charge avant-hier.

Maman pieuvre : Alors, as-tu pensé à mon idée pour les vacances?
L'Homme : Ton idée...
Maman pieuvre : Ben, le chalet?
L'Homme, énervé : Bon on est au mois de janvier! Est-ce que c'est nécessaire qu'on parle de ça maintenant?
Maman pieuvre : Je suis certaine qu'il y a déjà des personnes qui ont réservé!
L'Homme : On verra en temps et lieux!

Hier soir, subtilement, je l'entraîne vers mon ordi et je lui fais défiler les photos du chalet que je convoitais.

L'Homme : Ouin, c'est beau! Est-ce qu'il y a des kayaks?
Maman pieuvre : Oui.
L'Homme : Un endroit pour faire un feu dehors?
Maman pieuvre : Oui.
L'Homme : Appelle donc pour savoir s'ils ont eu des algues bleues. Si on peut pas se baigner, ça donne rien.

J'appelle, le monsieur m'assure qu'ils n'ont jamais eu d'algues bleues, ils font tester l'eau et tout est nickel.

En s'arrangeant subtilement pour que l'idée de louer un chalet vienne de lui, il finit par me dire :

- Ben réserve-le!

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Alors ce matin, je m'installe. J'appelle. La dame ne trouve pas son livre de réservations, elle me demande d'appeler vers midi. Je la rappelle et comble de malheur, le chalet est pris tout l'été!!!!!!!

Ah ben là, comme disait mon fils quand il était petit : chuitais pas content!

Heureusement, j'en avais trouvé un autre! J'appelle le monsieur qui le loue, et le chalet est réservé tout le mois d'août! Il me dit qu'il est disponible pour les 3 premières semaines de juillet.

Maman pieuvre : Quand mon conjoint saura ça! Il me trouvait folle de penser à ça en janvier!
Le monsieur : Il y a des gens qui partent d'ici et qui le réservent pour l'année suivante.
Maman pieuvre : Wow! Un an d'avance! C'est presque injuste!
Le monsieur : D'ailleurs, j'ai eu plein de questions pour le mois de juillet, ça devrait se remplir bientôt.

Bon. Nouvelle mission : savoir si l'Homme accepterait de prendre ses vacances plus tôt. Ou encore, de les séparer en deux, genre une semaine en juillet et le reste en août.

Je l'appelle au bureau (où le ton qu'il a pris quand il a décroché me montre qu'il est hyper occupé. M'en fous, c'est le chalet l'important!)

L'Homme, ne me croyant pas que tout était déjà réservé : C'est casse-pieds! J'ai pas le goût de prendre mes vacances trop tôt!
Maman pieuvre : Je pense qu'on devrait le réserver, et tu décideras si tu viens ou pas. Si tu veux pas prendre de vacances en juillet, j'irai seule avec les enfants.
L'Homme : Ok, réserve-le.

Après ces montagnes russes d'émotions, je rappelle l'Homme et lui dis que c'est réservé, et comme c'est pas loin de la maison, il pourrait prendre un long weekend de 4 jours et je viendrais le reconduire à la maison un soir pour qu'il finisse sa semaine de travail pendant que les enfants et moi on se baigne parmi les castors et les visons.

Alors finalement, tout s'arrange. J'ai mon chalet, et l'Homme ne sera pas obligé d'y passer 7 jours. Et comme nous sommes au Québec et qu'on ne sait jamais s'il fera beau, si la pluie se pointe, on n'est pas loin de la maison et des amis.

J'ai bien hâte. Penser à tout ça au mois de janvier, ça donne un coup de pouce pour passer à travers le reste de l'hiver.

mercredi 21 janvier 2009

Boys will be boys

Petit Monsieur arrive pour dîner, l'air piteux.

Maman pieuvre : Allô!
Petit Monsieur, levant la tête : J'ai peur que tu me chicanes.
Maman pieuvre : Pourquoi?
Petit Monsieur, le coeur gros : Parce que j'ai eu une fiche!

Pour ceux qui ne connaissent pas le système scolaire primaire, une fiche est un compte-rendu d'un mauvais comportement de l'enfant qui doit être signée par le parent et rapportée à l'école le lendemain. C'est pour s'assurer que le parent sache ce qui s'est passé. Je n'ai aucune idée de quoi a l'air une fiche, je n'en ai jamais vue. Je la verrai ce soir.

Maman pieuvre, étonnée : Qu'est-ce qui s'est passé?
Petit Monsieur : Ben à la récré, Dominic a dit je veux me battre avec toi. J'ai dit jamais de la vie et je suis parti. Il a couru derrière moi, m'a sauté dans le dos et m'a poussé par terre. J'avais pas le choix, je me suis retourné et je l'ai poussé. Là mes 2 amis sont arrivés et tout le monde se chamaillait et on a eu des fiches.
Maman pieuvre, un peu bouche bée : T'es pas allé voir une surveillante au lieu de faire ça?
Petit Monsieur : Je m'en allais et il m'a poussé dans le dos! Les surveillantes étaient en train de parler à l'autre bout de la cour. Là elles ont vu ce qui se passait et sont arrivées et ont donné des fiches.

Bon. Dilemne. J'étais secrètement fière que mon fils se défende, qu'il se laisse pas faire. Mais il sait aussi qu'on ne doit pas avoir recours à la violence. Il a plein d'amis, réussit facilement à l'école, est doux, a un tempérament calme. Il me parle toujours avec découragement de ceux qui ne font que se battre (le fameux Dominic en est un...).

Maman pieuvre : Bon. On va en reparler ce soir quand tu apporteras ta fiche. Tu sais que je veux pas de comportements comme ça. S'il est encore après toi tu feras quoi?
Petit Monsieur : Je vais chercher une surveillante. Il a gâché ma journée! Tout allait bien, j'avais eu 100 dans mon travail de maths, j'avais eu de l'édu après et il voulait se battre pour rien.

Le téléphone sonne. C'est l'Homme. Je me cache dans une autre pièce et lui raconte ce qui s'est passé. Je dois vous dire que l'Homme avait la réputation de chef de la cour d'école quand il était jeune. Je m'attendais donc à ce qu'il brandisse haut et fort la continuation du règne de la cour d'école. Ce qu'il a dit m'a surprise :

L'Homme : Ah ben, fallait s'y attendre.
Maman pieuvre : Quoi?
L'Homme : Ben oui, il est populaire, il est bon à l'école, il est bon en sports, il va se faire écoeurer.
Maman pieuvre : Je comprends pas, il cherche pas du tout la bataille.
L'Homme : Ben c'est ça les gars.
Maman pieuvre : Je pensais que c'était les rejets et les nuls qui se faisaient écoeurer.
L'Homme : Eux aussi.
Maman pieuvre : Finalement, tout le monde se fait écoeurer!
L'Homme : Oui! Les gars montrent leur frustration comme ça.
Maman pieuvre : Mais y'a pas de fin à ça!
L'Homme : Ben jusqu'à temps qu'ils se mettent à 2 ou 3 pour lui faire mal.

Ah ben là, je suis vraiment stressée. Mon petit garçon aux grands yeux doux. Je ne peux pas me l'imaginer en train de se faire bûcher dessus. Bon, l'altercation de ce matin, c'était 4-5 jeunes de 1ere année en habits de neige en train de se pousser, mais la prochaine fois? Et si c'étaient des plus vieux?

Il fera son chemin, comme tout le monde. Mais c'est dur d'être maman...

lundi 19 janvier 2009

Problèmes de tables

Je ne parle pas de tables de patio, de salle à manger, ou de salon, non plus de tables à cartes, de tables pliantes ou de tables de ping pong. Je parle de tables de mathématiques.

Vous souvenez-vous? Les &*?"/&*(?"/ tables. S'ils ont conservé une chose avec la réforme, c'est bien ça.

Fillette est comme moi. Nulle avec le par coeur. Première de classe, j'avais beaucoup de difficulté à démêler les 9x6 et les 8x7. Je me vois encore, couchée le soir dans mon lit, à réciter mes tables, ne comprenant pas pourquoi j'avais tant de difficulté. La frustration du perroquet.

Quelques années plus tard (!!!!), je suis replongée dans le monde des tables avec Fillette. Avec la table de 2, tout allait bien. La table de 3, elle confondait 3x7, 3x8 et 3x9. Ça commençait à se gâter. Rien n'allait avec la table de 4. Elle avait beau la regarder dans tous les sens, quand je lui demandais, blanc de mémoire. Et pas seulement un petit blanc de mémoire doux. Non. Blanc de mémoire accompagné de respiration haletante, de joues rouges et de frustration.

J'ai eu la bonne idée de partager ma longue expérience scolaire avec Fillette. Je lui explique que moi aussi j'étais comme ça, et que la seule façon efficace avait été de réciter mes tables À VOIX HAUTE. Dès lors, pour le reste de ma vie, à chaque fois que j'avais du par coeur à apprendre (souvenez-vous de la géo et de l'histoire, même de la chimie...), je prenais des airs de dérangée et je me parlais toute seule, à voix haute. Et les résultats étaient assez satisfaisants.

DONC. Elle sort sa feuille avec sa table de 4.

Et comme l'objectif de l'humanité est que chaque génération soit meilleure que celle qui la précède, je décide qu'avec Fillette, les tables ne seront pas un cauchemar.

Maman pieuvre : Tu devrais la réciter à voix haute en regardant ta feuille environ 7-8 fois.

Et ma Fillette de jeter la tête par en arrière, la bouche ouverte, les yeux fermés :

Fillette : NNNOooooooooooooooooooooon! Ça va être trop long!!!!!!!!!!!!!!! C'est plate!!!!!!!!!
Maman pieuvre : Essaie! Ça fonctionne. Tu es comme moi, tu apprends de manière auditive. Tes mots de vocabulaire, tu les épelles à voix haute et c'est ça qui fonctionne!
Fillette : Noooooooooooooooooooooonnnnnnnnnnnnnnnnn! Je vais les lire et les regarder COMME D'HABITUDE!!!!!!!!!!!
Maman pieuvre : Ok! On verra!

10 minutes plus tard...

Fillette : Ok, je suis prête. Je sais mes tables.
Maman pieuvre : Ok. 4x5?
Fillette, hésitante : Euh...
Elle réfléchit fort, elle commence à haleter, les larmes montent, elle se risque : 21?

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Non.

Et la panique s'installe. Première question, première erreur. J'ose :

Maman pieuvre : 4x9?
Fillette, déjà découragée, décidant qu'elle ne réussirait pas : 32?
Maman pieuvre : Pourquoi tu les récites pas à voix haute?
Fillette : C'est trop loooooooonggg! Il marchera pas ton truc, j'aime mieux mon truc!!!!!!!!!!!!!
Maman pieuvre : Mais ton truc, il fonctionne pas!
Fillette : OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIII il fonctionne!

Et elle repart avec sa feuille.

À quoi ça sert, toutes mes années d'expériences si je ne peux en faire profiter mes enfants? Mais quand je pense à ce qu'une amie m'a dit il y a quelques jours, elle m'a demandé : Toi si on t'avait donné un truc, est-ce que tu l'aurais utilisé?

Euh... non.

Mais c'est pas une raison!

Alors je recommence ma rengaine. Lis-la à voix haute, ça va marcher, essaie au moins, blablabla.

Pas besoin de vous dire que la lecture à voix haute s'est faite en braillant et en chiâlant. Mémorable. De beaux moments en famille.

Quand elle me rend la feuille, je l'interroge. Ah!!!!!!!! Elle avait toutes les réponses! Et elle souriait à travers les larmes! Je jouais la fille étonnée, qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'elle sache ses tables? Et elle éclate de rire. Mais mon inquiétude était qu'elle ne s'en souvienne pas le lendemain.

Alors hier, elle avait une feuille à faire avec plein de multiplications. Elle s'installe et regarde ça.
Je vais dans la cuisine, je reviens 10 minutes plus tard. Sa feuille était finie. Et devinez? AUCUNE ERREUR.

Maman pieuvre : Wow! Tu as fait ça vite et tu as eu tout bon! Tu te souviens vraiment de tes tables maintenant!
Fillette : Oui! Ça marche ton truc! Je vais l'utiliser pour la table de 5!

Ah ben.

J'aurais jamais dit ça, moi.

Mision accomplie.

mardi 13 janvier 2009

Code rouge, code blanc

Fillette était inquiète ce soir. M'enquérant de la source de cet état d'esprit, elle hésitait à se confier. Fidèle à son habitude, elle tournait autour du pot. Finalement, comme le dit si bien l'Homme : "le chat sort le sac."

Fillette : C'est juste que je suis stressée de quelque chose que Mme S. a dit aujourd'hui.
Maman pieuvre : Qu'est-ce qu'elle a dit (la maudite fatiguante qui stresse ma fille pour rien)?
Fillette : Ben elle a dit qu'il pouvait se passer des choses.
Maman pieuvre : Des choses.....
Fillette : Des choses graves.
Maman pieuvre : Comme...
Fillette : Ben un code rouge.
Maman pieuvre : ...

Fillette me regardait avec l'air de quelqu'un qui espérait ne pas avoir à m'expliquer ce qu'était le fameux code. À son grand désespoir, j'ai été obligée de lui demander :

Maman pieuvre : C'est quoi un code rouge?
Fillette : Ben c'est s'il arrive quelque chose de grave dans la classe, comme par exemple si le professeur fait une crise cardiaque, on doit fermer la porte et regarder de l'autre côté.
Maman pieuvre : !!!!!!!!!!!!!! C'est ça la procédure?
Fillette : Oui, et quand les ambulanciers arrivent, on ne doit pas regarder ce qu'ils font, on doit regarder par la fenêtre. Mme S. nous a aussi dit qu'il y a deux ans, un de ses élèves a fait une grosse crise, il lançait des bureaux et défonçait les murs. Si ça arrivait, il faudrait rester calmes et ne pas bouger. Mais tout à coup je ne suis pas capable de rester calme?
Maman pieuvre : Tu les connais les amis de ta classe, est-ce qu'il y en a qui feraient ça?
Fillette : Non.
Maman pieuvre : Bon alors c'est juste par précaution qu'elle a dit ça.
Fillette : Oui mais si le professeur est mort par terre...
Maman pieuvre : Ça n'arrivera pas ça.
Fillette : Oui mais tout à coup ça arrive, qui va s'occuper de nous?
Maman pieuvre : Inquiète-toi pas avec ça, c'est certain que tu aurais un autre professeur. Elle vous a expliqué des procédures. C'est comme le 911. Tu sais que s'il y a une urgence à la maison, tu signales le 911. Elle vous a dit quoi faire s'il y avait une urgence à l'école.
Fillette : C'est pas tout!
Maman pieuvre : Quoi d'autre?
Fillette : On va aussi pratiquer le code blanc.
Maman pieuvre : Bon c'est quoi ça?
Fillette : Ben si des gens arrivent avec des fusils et veulent rentrer dans les classes pour nous faire mal. Mme S. a dit que ça arrivait des fois.
Maman pieuvre, commençant à bouillir : C'est arrivé quelques fois, mais c'est très rare. Ça n'arrivera pas ici. C'est encore une procédure de sécurité, ils sont obligés de vous les montrer. Qu'est-ce qu'il faut faire quand c'est un code blanc?
Fillette : Il faut fermer la porte de la classe et se cacher sous notre bureau. Même que si on est à la salle de bains quand ça arrive, on doit se dépêcher de retourner dans notre classe. Si on est dans le local d'arts, on doit y rester et fermer la porte.

(Pas certaine de l'efficacité de la procédure, ça serait pas mieux de sacrer son camp au plus vite??)

Maman pieuvre : Bon, ça c'est des pratiques, comme les alarmes de feu.
Fillette : J'aimerais pas ça que ça arrive.
Maman pieuvre : Il ne faut pas que tu t'en fasses avec ça.
Fillette : Oui mais ça pourrait arriver!

Ouf! Je ne sais pas à qui j'en veux le plus : à Mme S. qui leur remplit la tête de scénarios violents ou à moi-même qui n'ai pu protéger ma fille de la laideur de la vie. Elle sait. Maintenant, elle sait qu'il y a des fous, des malades, des dérangés. Elle sait que tout peut arriver, même à 8 ans.

Sans avoir voulu lui créer une vie capitonée, protégée de tout et de tous, j'aurais voulu garder la vérité crue pour plus tard. J'aurais voulu qu'elle ne sache pas tout de suite les différentes possibilités de violence, de folie. Tant de détails étaient-ils vraiment nécessaires?

Maintenant, le mal est fait. Et commence à s'effriter son nuage ouaté.